Le quatrième mur : s'extirper de la binarité - commentaires Le quatrième mur : s'extirper de la binarité 2014-02-06T14:37:38Z http://www.merlanfrit.net/Le-quatrieme-mur-s-extirper-de-la#comment3834 2014-02-06T14:37:38Z <blockquote class="spip"> <p>Le jeu-vidéo permettrait donc d'intégrer d'autres spectateurs à son cercle magique, pour peu qu'ils soient également participants.</p> </blockquote> <p>La piste vaut la peine d'être creusée. Si on considère que la coopération ou la compétition sont des façons alternatives d'aborder le contrat narratif, car elles créent également du récit par l'interaction, c'est plausible. L'échange ne se ferait plus exclusivement entre un joueur unique, son contrôleur et le monde du jeu, mais bien entre de multiples configurations du style qui s'entrecroisent et créent un vécu hybride, uniforme vu d'un œil extérieur, mais en essence plural lorsqu'expérimenté, à la croisée des cercles magiques de chaque joueur.</p> <p>Reste à savoir si le mécanisme du multijoueur favorise simplement un échange timide ou consacre un nouvel espace, inédit, né d'une fusion des sensibilités. En cela il faudrait d'abord distinguer la compétition de la coopération (bien que cette dernière revêt souvent un aspect compétitif), puis constater une fois plongé dans ces modes quelle est la part qu'ils occupent dans la définition du contrat narratif. L'opposition entre deux joueurs est-elle indispensable, dans le cas présenté, au déroulement élémentaire du jeu ? De tête comme cela, un jeu compétitif comme League of Legends se définit par ses affrontements, c'est le cœur même du gameplay, mais le contrat narratif ne serait pas ébranlé s'il s'avère que l'adversaire ne fournit plus aucune opposition (rage-quit, leave, troubles de connexion, abandon). Sur le plan individuel tout du moins. Tant que le joueur tapi derrière son écran produit de l'"input", peu importe que l'adversaire soit présent ou non, le comportement de ce dernier sera simplement inclus dans le récit produit par les agissements de notre joueur.</p> <p>Cela dit, on voit à quel point ce postulat est très théorique, puisqu'il ne s'applique que rarement en réalité, et que ce type de jeu (moba, mmo, etc) tire son intérêt des luttes de pouvoir. Maintenant, cela veut-il dire qu'il faudrait conceptualiser un contrat narratif différent (annexe au premier) pour les jeux compétitifs qui permettrait de mieux saisir leur nature et d'appliquer une théorie qui se base sur des constatations empiriques, plus proche de la réalité ? Peut-être.</p> <p>On pourrait potentiellement y inclure que la narration d'un jeu multi doit être comprise non pas traditionnellement comme une interdépendance unique entre le joueur et le jeu, mais bien comme une réciprocité entre tous les pôles humains et ordinateurs présents dans la partie. Ce qui nous donnerait une toile ultra complexe à analyser dans le cas d'un jeu massivement multijoueur où les influences exercées par les couples machine-joueur dans l'univers du jeu sont très difficiles à cerner individuellement, dans la mesure où le collectif prime souvent sur la personne. Il faudrait alors décrypter l'agencement de ces comportements, la façon dont les personnes font communauté dans le jeu, ce qui les poussent à passer du moi au nous, au vous. Bref, un sacré gros morceau, sans même aborder la coopération x).</p> Le quatrième mur : s'extirper de la binarité 2014-02-06T13:36:20Z http://www.merlanfrit.net/Le-quatrieme-mur-s-extirper-de-la#comment3833 2014-02-06T13:36:20Z <p>Merci pour cet excellent article Nicolas. et puisque la conclusion ouvre le débat ; quelqu'un a t-il poussé la réflexion aux interactions entre joueurs dans les jeux multijoueur, qu'ils soient purement compétitifs comme Battlefield ou Starcraft, ou simplement coopératifs ?</p> <p>J'ai souvent remarqué lors d'une session multi sur Borderlands 2 que le bien-être (équipement, PV, ect) de l'équipe et la coordination des actions entre nous prenaient une place beaucoup plus importante dans le plaisir de jeu qu'en solo, où primaient l'ambiance et le fond narratif du jeu.</p> <p>Il paraîtrait pourtant étrange de qualifier les interactions entre joueurs de suspension consentie de l'incrédulité, puisqu'elles participent à résoudre les situations proposées par le jeu, qui n'auraient que peu de place dans une situation non-fictionnelle (quoique, ça dépend des métiers...).</p> <p>Le jeu-vidéo permettrait donc d'intégrer d'autres spectateurs à son cercle magique, pour peu qu'ils soient également participants. Quel média étrange !</p>