La criée

« Sans faire de politique »

II y a des choses comme cela qui ne nous surprennent pas. Apprendre, au détour d’un entretien accordé à notre camarade Sopalin de Gamekult, que David Cage est un contempteur de "la vision archaïque" française — ce que d’aucuns appellent les progrès sociaux — n’est pas pour nous étonner. Entrepreneur à succès comme on en rencontre à longueur de pages dans "Valeurs Actuelles", il est trop imbu de sa personne pour réaliser dans quelle mesure sa réussite personnelle peut tenir de l’accidentel. Patron pris dans un "contexte économique difficile", il regarde par le petit bout de la lorgnette — son petit bout à lui — et estime que décidément "le coût du travail [...] est trop élevé". Cela évidemment, "sans faire de politique". Alain Madelin et Jean-François Copé, clowns professionnels de père en fils, rigolent.

Heavy LOL

Une maison d’architecte, fade Eden.

Pour tout dire, les premières heures d’Heavy Rain — difficile d’aller plus loin tant la comédie involontaire de Quantic Dream nous avait douloureusement secoué les côtes — laissaient présager chez M. Cage un imaginaire plutôt éloigné du socialisme : les mésaventures d’Ethan Mars, architecte habitant une maison trop lisse pour être honnête, père de famille modèle qui vit ses derniers moments de bonheur dans un centre commercial, évoquent le cauchemar d’un innocent bourgeois soudain mis aux prises avec la sale réalité de la pauvreté : son fils meurt, sa femme le quitte, et il devient pauvre comme Job — pas Steve, l’autre. Il se retrouve alors confronté, lui le travailleur immatériel [1], à la basse réalité des prolétaires : torcher le gosse, faire le ménage, quelle horreur. Si le jeu de Quantic Dream, il faut bien le reconnaître, est bien produit et même formellement plutôt intéressant, tous les efforts des développeurs sont réduits à néant par une écriture au degré moins que zéro.

Un rêve de bourgeois

Pour ce que nous en avons vu, avant épuisement de nos zygomatiques face à tant de balourde candeur, Ethan Mars subira un voyage initiatique dont le but est de retrouver l’Eden perdu de sa maison de catalogue pour designers, voyage durant lequel il ne ménagera pas ses souffrances, ou plutôt durant lequel M. Cage nous bercera d’une guimauve doloriste absolument ridicule, pitoyable imitation des chromos déjà pas bien fins d’un Seven, assaisonnés de bons sentiments et d’invraisemblables séquences-choc. À l’instar de Christian Clavier et de Luc Besson, David Cage ne se contente pas d’être de droite — "sans faire de politique" évidemment — il est aussi de mauvais goût.

La chouinerie, une révolte moderne

David Cage ne veut pas faire de politique ? Grand bien lui fasse, nous n’avons pas de tels scrupules, et nous allons en faire à sa place. Nous lui accordons sans hésitation que l’industrie vidéoludique n’est pas en France des plus dynamiques. Comment s’en étonner quand des principaux éditeurs français, l’un — Atari — s’est totalement effondré suite à des choix calamiteux, et l’autre — Ubisoft — a décidé de délocaliser la plus grande partie de sa production ? Il y a tout de même quelque chose de cocasse de la part de M. Cage à sonner la déroute, quelques jours à peine après qu’un jeu AAA français, Dishonored, produit à Lyon par Arkane Studios, ait connu un lancement salué tant par la critique que par les joueurs. Il faudrait peut-être s’interroger sur l’incapacité des éditeurs français à financer un jeu dans notre pays, tandis que les japonais (Sony pour Quantic Dream) ou les américains (Bethesda pour Arkane) semblent désireux d’investir dans l’Hexagone. En fait, le discours sur le "coût du travail" ne paraît pas aussi évident que veulent bien le dire les militants de l’aide publique.

Dishonored : AAA à la française

En témoignent les réussites de studios indépendants français comme Arkedo (Hell Yeah !) ou Amplitude (Endless Space), pourtant tous deux basés en région parisienne, dont on connaît le faible coût de la vie. En témoignent aussi les succès des studios suédois. Pays réputé pour sa dérégulation à tout va et ses 36 jours de vacances (comme en France, "on y travaille moins qu’ailleurs"), la Suède abrite des studios innovants comme Mojang, Avalanche [2] ou Paradox Interactive. Et que dire de ces développeurs américains qui vont chercher "des gens de grand talent" jusque dans la Silicon Valley (d’Electronic Arts à Double Fine en passant par Telltale ou Zynga), où le salaire moyen d’un informaticien dépasse les 100.000 $ ? Il est vrai que comme les nombreux scandales qui ont frappé le milieu l’ont révélé (notamment chez Electronic Arts ou Rockstar) les développeurs tendent à payer leurs petites mains bien en dessous du tarif du marché : vous voulez travailler dans une boîte de jeu vidéo glamour ? Préparez-vous à tous les sacrifices...

Heavy Rain, origami de fadaises

On l’aura bien compris, la chouinerie cagienne n’est pas politique parce qu’elle est politiquement intenable ; elle est cependant politique dans la mesure où elle constitue un appel du pied au gouvernement, qui seul apparemment, peut donner de l’élan à un "projet ambitieux". Paradoxe de la doctrine toute munchausienne de la socialisation des pertes / privatisation des profits, les ambitieux hommes d’affaire attendent l’impulsion gouvernementale (on a vu le résultat avec 38 Studios), on les imagine au garde-à-vous comme de bons petits artistes staliniens guettant qu’un haussement de moustache leur commande un film ou un roman, ce qui leur permettrait d’avoir des idées qui leur vaudront d’abondants bénéfices, évidemment plus qu’un peu exonérés : "Alors que l’Angleterre se décide enfin à réagir, alors que des pays comme Israël réalisent désormais 15% de leur PIB (3% il y a quelques années) dans les nouvelles technologies, il est à craindre que la France laisse une nouvelle fois passer sa chance dans cette compétition mondiale, ce qui reviendrait à signer l’arrêt de mort du développement en France." Fichu gouvernement qui nous empêche d’avoir des idées ! Vive le Québec libéral ! David Cage rêve évidemment à Montréal, sa poutine, son hiver de six mois et ses copieuses subventions pour l’industrie vidéoludique, qui ont transformé la métropole canadienne en centre majeur de production AAA, autour d’Ubisoft (Assassin’s Creed), d’Electronic Arts (Army of Two) ou de Square-Enix (Deus Ex : Human Revolution).

Ce n’est pas comme si la France n’était pas jusqu’à présent l’un des rares pays européens à proposer un crédit d’impôts de 20 % pour les développeurs vidéoludiques, crédit renouvelé début 2012 tandis qu’un certain Cage, David poussait de hauts cris. Lequel David Cage ne semble pas se rendre compte que le dumping fiscal tel que le pratiquent le Québec et la France ne fonctionne que pour le premier qui l’entreprend, et surtout que ses résultats à long terme sont plus que discutables : qui sait pour combien de temps Ubisoft et compagnie continueront à produire à Montréal le jour où les déductions et autres avantages disparaîtront ?

« Quand jouirons-nous ? »

Enfin, là où notre brillant auteur ne saisit pas la complexité du politique, il faut tout de même poser la question de l’utilité sociale. Oh, n’allons même pas parler des problèmes de répartition, qui sont un tant soit peu plus complexes que ce que voudraient nous faire croire les tenants de la théorie du ruissellement. Mais enfin franchement, vous vous voyez filer des crédits d’impôts à David, pour qu’il nous émeuve avec des enfants qu’un père retrouve sous fond d’arc-en-ciel ? Je prêche peut-être pour ma paroisse, mais je préfère payer un prof de plus, pour qu’il enseigne La Princesse de Clèves, dont les atermoiements valent bien la petite culotte de Madison Paige, maintenir un hôpital qui permettrait de sauver les vrais accidentés de la route, ou qui sait un centre psychiatrique qui pourrait repérer et peut-être même soigner les tueurs en série qui font si peur à David Cage. Quelle est l’utilité sociale d’Heavy Rain ? Pourquoi le gouvernement devrait-il inconditionnellement aider les créateurs de jeu vidéo plutôt que d’autres industriels ? Parce que le jeu vidéo est un secteur économique dynamique ? Pour quoi faire, l’économie ? Pourquoi travailler plus ?

La princesse du cleavage

Questions essentielles, que les entrepreneurs, mélangeant travail et vie privée, sont particulièrement peu aptes à prendre en compte. Dans Games of Empire, Nick Dyer-Witheford et Greig de Peuter évoquent le "playbor" (contraction de "play", jouer et "labor", travail), ce travail qui se confond avec le jeu, comme idéal de "l’empire" dont David Cage est un parfait représentant : s’il souhaite travailler toute l’année, grand bien lui fasse, son travail est gratifiant, il en récolte les fruits financiers. Le moraliste pourrait lui conseiller un peu de modération, le critique lui demander de prendre le temps de relire les bêtises qu’il écrit, mais après tout, libre à lui. Mais alors pourquoi vouloir imposer aux autres travailleurs, aux salariés qui ne sont évidemment pas dans sa situation, un modèle américain, pour ne pas dire "chinois" (il a dit chinois) ? Comme toujours, dans la novlangue néo-libérale que copie laborieusement M. Cage, l’archaïsme c’est le progrès social, la modernité, c’est le retour aux conditions de travail d’avant 1936.

Comme l’écrit Diderot dans un passage demeuré célèbre de son Supplément au voyage de Bougainville : "Quand finirons-nous de travailler, quand jouirons-nous ?" [3]

Kara, démo vidéo de Quantic Dream, ou quand l’establishement récupère la subversion cyberpunk

La question est d’autant plus amusante dans le contexte qui nous intéresse qu’après tout, David Cage, le fier entrepreneur, semble oublier que son discours productiviste concerne un produit... de loisir. Certes, on peut admettre qu’un joueur abruti par une journée de travail aura peut-être plus d’aménité pour les niaiseries des scénarios Quantic Dream, et qu’à nous laisser trop le temps de réfléchir aux platitudes qu’il nous sert, l’auteur risque fort de se desservir. Mais il y a tout de même quelque chose de suprêmement ironique à voir un entertrainer, fût-il le "hardest working man in show business", se lancer dans une diatribe contre les vacances, qui paraissent pourtant un moment propice à la consommation de son produit. C’est là la folle agitation du capitalisme moderne, que Diderot avait si bien pressenti ("lorsqu’ils n’auraient à obtenir de la continuité de leurs pénibles efforts que des biens imaginaires") : le système marchand a tellement besoin de tourner, fût-ce à vide, dans une valse folle des inputs et des outputs, qu’il veut mobiliser le travailleur à la manière d’une économie de guerre (la rigueur, plus de vacances, etc.), même s’il ne s’agit pas de produire des canons ou des tanks, mais seulement de la mauvaise fiction interactive qu’on n’aurait même pas le temps de consommer...

M. Cage, à l’instar de beaucoup de nos plus estimés créateurs (Mickael Vendetta, Paul-Loup Sulitzer, Mouloud Achour...) a le cerveau en fuite. "Les cerveaux sont partis avec les projets", s’exclame-t-il. Et bien, soit.

Violons : "le jour où ça ne sera vraiment plus possible, nous ferons comme les autres : nous irons nous installer à l’étranger, non pas pour gagner plus, mais juste pour pouvoir continuer à travailler à armes égales avec nos concurrents". Nous ne le retenons pas. Nous n’avons pas, à l’époque, retenu Chateaubriand, et après tout cela lui a plutôt profité. Conscient qu’il a bien servi la patrie, nous comprenons la décision de notre artiste. Peut-être qu’une petite cure d’exil à Trèves ou à Londres lui ferait du bien. Ça ne doit pas être facile de travailler toute l’année comme il fait. Cela nous ferait assurément des vacances, nous qui aimons cela, même si à n’en pas douter notre émigré économique et apolitique se trouverait bien un blog VIP quelque part pour continuer, depuis l’étranger, à ne pas faire de politique.

Notes

[1] D’après Nick Dyer-Witheford et Greig de Peuter (Games of Empire, University of Minnesota press, 2009, I-1 "Immaterial Labor") le succès du jeu vidéo correspond à la progression du travail immatériel, tertiaire, typique d’une société de l’information. Profession libérale classique, l’architecture n’en est pas moins une figure type de ce travail en col blanc, dans laquelle un créateur comme Cage ne peut manquer de se reconnaître.

[2] Pour l’anecdote, lors d’un entretien avec Edge à l’occasion de l’ouverture d’une branche new yorkaise du studio, Christopher Sundberg, le co-fondateur d’Avalanche, avait plaisamment insisté sur les avantages de la culture du travail à la suédoise qu’il voulait exporter aux USA... en forçant les développeurs à prendre des vacances !

[3] Chapitre II, "Les adieux du vieillard"

Il y a 100 Messages de forum pour "« Sans faire de politique »"
  • Harold Jouannet Le 16 octobre 2012 à 07:24

    Reste un constat : les jeunes diplômés français s’en vont tout de même à l’étranger malgré l’absence d’acquis sociaux, alors que leurs longues études sont financées par le contribuable. J’imagine d’ailleurs que le développement des formations de pointe au Canada est un atout qui devrait s’inscrire dans la durée.
    Pour le coup, seulement blâmer l’incompétence des éditeurs français pour les déboires du secteur, en prenant une poignée de contre exemples européens (de taille bien modeste pour la majorité), ça me semble tout de même osé, pour ne pas dire plus vu la teneur hautement à charge de l’article.
    Ceci dit, je serai bien en peine de savoir qui croire. Même si Cage prêche sans doute pour sa paroisse et que tu soulèves des arguments pertinents, tu m’excuseras de lui laisser le bénéfice de l’argument d’autorité, du fait de son statut de dirigeant de studio.

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 08:15

    Comme je l’accorde à David Cage, le jeu vidéo AAA français ne se porte pas très bien, c’est une réalité. Après vue la qualité du produit AAA moyen et vues les conditions de travail déplorables qui règnent dans la majorité des grands studios US, j’aurais presque tendance à dire "tant mieux". Je ne vois pas pourquoi changer notre législation si c’est pour qu’il y ait des EA spouses en France.

    La taille modeste, ce n’est pas plus mal, et ce n’est pas le cas d’Avalanche par exemple...

    Par définition, les jeunes diplômés n’ont pas forcément le recul pour se rendre compte à terme de ce qui est le mieux pour eux...

    Je dois filer. :)

  • Pierrec Le 16 octobre 2012 à 08:27

    Martin, sans faire de politique, je te dis merci.

  • Neilunik Le 16 octobre 2012 à 09:39

    Clap clap clap

  • LordK Le 16 octobre 2012 à 10:40

    Analyse brillante et prose plaisante, rien de mieux pour enfoncer David Cage dans le trou dont il n’aurait jamais dû sortir.

  • Jonathan Suissa Le 16 octobre 2012 à 10:54

    Je pense à Mr Bernard Arnault, là... Si seulement les (joueurs) français se soulevaient et demandaient résolument à David Cage de... partir en Belgique ou ailleurs, dans le pays de son choix !
    :D

  • Michel_Pimpant Le 16 octobre 2012 à 10:59

    « Peut-être qu’une petite cure d’exil à Trèves ou à Londres lui ferait du bien. »

    Ironie du sort, dans Deus Ex 2 c’est précisément à Trèves que se déroule... une conférence de l’OMC.

    Chouette tribune, Martin et bises pour « Aménités » la petite faiblesse qui te perdra :P

  • RadTransf Le 16 octobre 2012 à 11:29

    Sans faire politique, ce type est un crétin qui ne se rend pas compte que le jeu vidéo n’existe en temps qu’industrie que grâce à l’accroissement des salaires et du temps de loisir.

  • Simon JB Le 16 octobre 2012 à 11:36

    Rien de neuf, c’est toujours le même discours chez ces gens : on devrait s’aligner sans réfléchir sur le plus petit dénominateur commun et généraliser le dumping fiscal ? A ce compte là, on peut immédiatement tomber d’accord sur le fait qu’un travailleur français coûtera toujours plus cher qu’un chinois ou un indien et sortir de l’archaïsme en s’alignant directement sur les salaires de chez Foxconn.

    Les français ne travaillent pas assez ? Il oublie de dire qu’en général, les américains ont moins de vacances mais ils sont aussi moins productifs et sortent du boulot beaucoup plus tôt que nous (hors les crunch time et les forçats spécifiques du jeu-vidéo). Il n’y a qu’en France que les managers considèrent qu’un employé qui quitte le bureau avant 19h30 n’est pas efficace.

    Bref, il raconte pas mal de bêtises mais on ne peut pas simplement envoyer balader ses arguments sans considérer le vrai problème qu’il essaie - avec ses propres ressources de lobbyiste / chef d’entreprise - de résoudre, à savoir celui du jeu-vidéo en France. Difficile de ne pas constater que ça va mal : voir toutes ces boîtes faire des jeux casual sur facebook ou sur mobile, ou des légendes du jeu-vidéo (Frédéric Raynal, where are you ?) bosser sur des projets de laser tags, ou le studio d’Ubi Montpellier sortir chaque année son lapin crétin...
    Aller concurrencer le québec sur le terrain du dumping fiscal, pourquoi pas, on le fait déjà d’ailleurs, mais à part ça on propose quoi ? Dans ce contexte, on peut constater que Quantic Dream (quoi qu’on pense de leurs jeux) mène tranquillement sa barque. Avec le soutien d’une multinationale japonaise, quand même...

  • Incanus Le 16 octobre 2012 à 11:54

    Bravo ! Rien à ajouter, tout est dit.

    Et merci de tenir enfin un discours intelligent et réaliste face à ce genre de conneries.

    Là sur le coup, vous êtes un peu mon héros, oserais je dire si je ne voulais pas sombrer dans la basse flatterie.

  • Poisan Le 16 octobre 2012 à 11:55

    Il était temps qu’on s’indigne contre les propos provocants que tient David Cage depuis plusieurs mois. Comme beaucoup de patrons, si on ne peut pas vraiment lui reprocher de défendre son bout de gras, il se révèle très malhonnête dans sa façon de faire du chantage et de mener un double-jeu. Est-ce un appel à plus de subventions pour son entreprise, qu’il veut voir comme une figure de proue de l’industrie française, ou est-ce une dénonciation amère du système qui permet ces mêmes subventions ? Que ce soit le produit d’une mauvaise foi ou d’une réelle schizophrénie, son discours est pour le moins inquiétant. Politiquement, je suis entièrement d’accord avec ton article.

    Je regrette par contre que tu commences par une attaque en règle de Heavy Rain. Pas que tu aies tort sur le fond, d’autant que Cage – créateur aussi pertinent qu’il est entrepreneur – a semble-t-il géré ses scénaristes selon sa propre conception de la politique d’entreprise. Oui, le jeu est mal écrit, oui il est de mauvais goût, oui, créativement parlant, c’est une imposture. Mais objectivement, c’est une réussite indéniable. Accueil critique enthousiaste, ventes confortables, geste singulier et partis pris audacieux ; on peut trouver le jeu dégueulasse, mais ce n’est pas un forfait de plus à mettre sur le dos du bonhomme.

    Là où ta lecture de Heavy Rain est intéressante, c’est dans sa critique idéologique et je pense que ça mériterait un papier. Pour faire une comparaison avec le milieu cinématographique, Cage aurait dû tenir le rôle de producteur. Or, il réfléchit comme un chef d’entreprise et pose en auteur. À mes yeux, ce n’est pas tenable, c’est même complètement insensé. Et tu as raison de montrer que Heavy Rain, dans la forme comme dans le fond, distille par intervalles cette idéologie nauséabonde. À Cage, qui vante sans scrupules les mérites d’une société où les gens ont 12 jours de vacances par ans (ce que même Laurence Parisot n’a pas osé faire), j’aurais envie de demander : « Dans une telle société, est-ce que Ethan Mars aurait le temps de s’occuper convenablement de ses enfants ? Est-ce vraiment cette grisaille américaine, qui sent l’envers du rêve économique et la pizza réchauffée au four à micro-ondes, que vous élevez en modèle ? ».

    Au vu de ses influences et de ses projets à venir, le mode de fonctionnement créatif de David Cage semble s’orienter définitivement vers un modèle hollywoodien. Celui-là même qui néglige les auteurs et favorise les recettes établies. Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit attiré, économiquement parlant, par les USA ou même la Chine. Après tout il n’y a pas de honte à cela, tant qu’on choisit son camp.

  • Jonathan Suissa Le 16 octobre 2012 à 12:08

    Oui. Je ne suis d’ailleurs pas d’accord avec martin quant au succès "accidentel" de Quantic Dream. Ce succès, si on se concentre sur heavy rain, il le doit à : l’originalité et les mécanismes du jeu (promettant de pouvoir comparer les "vécus" du jeu entre joueurs... en tous cas sur le papier), les 45 employés chargés de la plannification des discours de Cage dans la presse culturelle/généraliste (pour le succès français du jeu) mais surtout grâce au soutien marketing de Sony.

    Petite parenthèse ... Un jeu novateur, jouable du début à la fin, ne fera pas de (trés) gros carton sans une grosse campagne de pub et de rp. Le bouche à oreilles ne peut pas atteindre ce niveau d’audience, car il faut une autorité charismatique ou autre pour prescrire à quelqu’un qui appartient à une sphère culturelle toute autre, sphère qui possède déjà ses médias favoris. Exemple : je n’ai pas réussi à convertir des gens à senscritique.com parce que pour un site "social" les gens des différentes sphères attendent généralement que le succès en soit validé par leurs organes de p(a)resse naturel avant de se lancer. Par contre, si je dis à des gamers que c’est le nouveau projets des fondateurs de gamekult, là, ça va mieux marcher.

  • Guy Vault Le 16 octobre 2012 à 12:15

    L’article est rentre-dedans bien comme il faut. Les mots ont le parfum d’une vengeance personnelle, parfois. C’est assez passionnant à lire. Juste pour rajouter une sous-couche que Martin n’évoque pas, il faut bien un avocat du Diable sur ce fil : avec The Nomad Soul, le Cage a prouvé qu’il pouvait créer des jeux qui détonent et marquent l’histoire du JV. Dommage qu’il soit parti dans un délire cinématographique et de QTE en cascade. Après, Quantic Dream, c’est aussi un studio qui a su de démarquer des autres grâce à son activité appréciée et reconnue dans la motion capture - laquelle a servi pour les anims de Dishonored (entre plein d’autres projets).

  • Bomboy Le 16 octobre 2012 à 12:16

    "Quelle est l’utilité sociale d’Heavy Rain ? Pourquoi le gouvernement devrait-il inconditionnellement aider les créateurs de jeu vidéo plutôt que d’autres industriels ? Parce que le jeu vidéo est un secteur économique dynamique ?"
    On est dans le domaine du loisir et de la culture. Qualité de l’oeuvre mise à part, le gouvernement à tout intérêt à entretenir ce domaine d’activité. On a un budget pour la culture et l’industrie technologique et je ne vois pas en quoi le jeu vidéo serait exclu de ce raisonnement sachant qu’il s’agit d’un secteur qui peut potentiellement créer beaucoup d’emploi (il suffit de voir la taille des studios canadiens) et ramener pas mal de pognon.
    Là où Cage n’a pas tord, c’est que la France n’a plus cette aura d’innovateurs dans le médium. Quels sont les grands noms français actuels ? On en connait pas ou peu, reste les figures des années 1990 et seul Raynal a encore une actualité (les autres aussi mais à degré moindre).
    Et je ne pense pas qu’Arkedo soit le bon exemple (à ma connaissance, ils sont moins de dix en effectif et Cage veut parler ici des gros studios pour titres AAA). D’ailleurs, quels sont ces gros studios en France ? Quantic, trois "petits" studios d’Ubi, Dontnod (qui n’aurait pas pu s’installer sans business angels) et Arkane (qui est aussi installé à Austin, rappelons-le) ? J’en oublie, certes, mais c’est trop peu par rapport à ce que le pays peut fournir en développement AAA.
    Les investissements (étrangers pour la plupart, encore un problème) chez Quantic, Arkane, Dontnod ou des succès comme Ankama sont clairement des exceptions. On ne parle pas tous les ans de AAA français alors que notre pays a clairement le potentiel pour voir plus grand.

  • Am’ Art Le 16 octobre 2012 à 12:33

    étant étudiant dans le secteur, l’article m’a particulièrement intéressé.

    Je ne sait trop quoi en penser, les grand studios Américains font évidemment rêver, mais je garde à l’esprit le dicton qui parle des "herbes plus verte ailleurs" ...

    Je suis assez d’accord sur la pertinence des arguments avancée. Toutefois je pense qu’il faut des gens comme Cage au moins pour éviter que la créativité ne stagne en France (même si il n’en est pas un ex. foudroyant (de créativité)).

    De toute façon je le voit beaucoup plus comme un grand patron plus que comme un crea ce M. Cage. Et j’ai toujours été convaincu que le succès d’Heavy Rain tient bcp d’un gros coup de comm. de la part de Sony, et d’un concours de circonstance entre la sortie du jeu et celle de la PS3.

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 14:15

    @tous : oui le papier est colérique, outré, et en effet ne ménage pas Cage : disons que je nettoyais ma boîte à tomates pourries, et que le coup est parti tout seul. Si vous voulez mon avis plus nuancé sur Heavy Rain, j’en parle avec les copains à mesure que je joue au début dans ce fil.

    J’espère que Poisan va écrire un papier plus critique, analytique sur HR comme il l’a laissé entendre.

    Ensuite ce n’est en aucun cas une enquête sur l’état de l’industrie française, que je connais assez mal et de seconde main. C’est une réaction polémique, à chaud, sur un média de seconde main... J’aimerais bien qu’on ait les moyens d’interroger des développeurs (mais pas que des patrons), mais ça prend du temps et de l’énergie... Energie que je n’ai pas, mais que nous sommes tout à fait prêts à accueillir.

    Après il faut appeler un chat un chat et le discours auquel le texte répond n’est pas non plus d’une colossale finesse, c’est peu ou prou la novlangue qu’on entend à longueur d’émissions de la part de nos "créateurs de richesse" ayant des envies d’ailleurs... Ma réponse à ce discours est une réponse de "citoyen archaïque", une réponse politique : vu de l’extérieur, les choses n’ont pas l’air d’aller si mal pour David Cage, il a bonne mine, et il me semble que tout de même des studios français réussissent à s’en tirer. Mais ce n’est peut-être qu’une impression, et il se peut que les développeurs de ses studios soient obligés de faire la queue aux Restos du Coeur à cause du manque de subventions.

    Je pense vraiment que l’industrie française du JV devrait se regarder le nombril avant de demander un peu plus... Que produit-elle qui mérite d’être soutenu ? L’industrie AAA comme on l’entend aujourd’hui n’a jamais vraiment décollé dans le pays, sans doute pour un tas de raison, mais peut-être aussi parce que personne en France n’a su la monter... Pourquoi faire du AAA d’ailleurs ? Est-ce encore si rentable (Activision et EA pètent pas la forme que je sache) ? Est-ce que la croissance n’est pas ailleurs ? S’il fallait subventionner des industries innovantes, le JV français ne serait pas dans mes priorités...

    Le JV c’est tout de même a priori une économie à haute valeur ajoutée, dans laquelle avec des idées une petite équipe peu avoir pas mal de succès... je suis à peu près certain que TWD a un meilleur ROI qu’Heavy Rain, et les indés qui ont du succès me paraissent une piste d’avenir à creuser... Est-ce la peine de claquer des millions en cinématiques pour se risquer dans une industrie basée sur l’aléas des hits ?

    Où sont les grands jeux indés français ? Y’en a pas des masses, mais franchement je pense pas que ce soit une question économique, hey les gars qui pleuraient sur les pauvres dév d’Indie Game The Movie obligés de vivre chez leurs parents, en France ils auraient peut-être eu des aides sociales...

    Faudrait que la France retrouve l’énergie des bedroom coders qui ont fait ses heures de gloire, qu’on solde la french touch dont Cage est l’héritier (gros budget, petit gameplay)... Evidemment c’est plus facile à dire qu’à faire.

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 14:17

    @Am’art : sur les conditions de travail dans le jv US je te conseille ce fil de QT3 qui date un peu et fait une certaine taille, mais est rempli de vétérans de l’industrie.

    C’est pas jojo, mais apparemment Ubi Montréal s’en tire pas trop mal.

  • grandlap Le 16 octobre 2012 à 14:33

    très très bien. Merci.

  • Sam Hocevar Le 16 octobre 2012 à 14:41

    Harold :

    « Reste un constat : les jeunes diplômés français s’en vont tout de même à l’étranger malgré l’absence d’acquis sociaux »

    C’est du pipeau complet. Une connerie. Je parie que tu n’as aucune statistique valide là-dessus. Voir par exemple le rapport “Les expatriés de l’enseignement supérieur français aux Etats-Unis” où on voit bien que ce que tu décris est un épiphénomène et n’a vraiment pas d’incidence directe et notable sur l’économie.

    Il est possible que des jeunes très diplômés s’en aillent, et précisément parce que leur statut social élevé leur permettra de s’affranchir des acquis sociaux là où ils vont. Ils n’auront a priori pas d’incitation à réclamer ces acquis sociaux. Ils exportent donc de l’inégalité. Super.

    Par ailleurs nier ou diminuer la pertinence de l’exemple de certaines réussites par leur « taille modeste » a quelque chose de franchement insultant. Pas besoin d’être un géant pour faire de belles choses et faire vivre des gens.

  • DrLuthor Le 16 octobre 2012 à 15:10

    @Martin,
    Alors on le comprend dès les premières lignes, tu n’aimes pas David Cage, c’est ton droit. Mais quel est le but de l’article ? Réagir à son interview sur GK qui se penche sur la situation des développeurs français ? Une envie de te lâcher sur le personnage ? Une bataille manichéenne contre un méchant néo-libéralisme ?

    Tu n’as pas aimé Heavy Rain à cause de son écriture et il est difficile de te contre-dire là dessus. Un jeu qui s’appuie beaucoup trop sur ses inspirations à mon goût ;) Mais mettons de côté Heavy Rain.

    Tu mets en avant les réussites de "Hell Yeah !" et "Dishonnored". Critiques oui, mais commerciales pas sûr. C’est tout le bien que je leur souhaite, mais nous verrons dans quelques mois si Arkedo et Arkane rentrent dans leur frais.
    En parlant d’Arkane, attention à ne pas confondre un studio racheté par un groupe, ZeniMax Média, avec un studio indépendant. Sony n’est que l’éditeur de Heavy Rain et Beyond. A l’exception de ZeniMax il n’y a donc pas de tendance des américains et des japonais à "investir dans l’Hexagone".
    De plus contrairement à Arkane, Quantic Dream doit faire face à une véritable question de financement de ses projets, au moins jusqu’à ce qu’un éditeur se décide à le supporter.

    Pour aborder le contexte social du métier, tu cites la Suède avec Avalanche (appartient à Disney), ou Paradox et Mojang des studios PC d’un vingtaine d’employés donc l’un édite ses jeux et l’autre n’a sorti qu’un produit développé par une personne. Trois situations qui n’ont rien de comparable.

    David (j’abandonne le Cage, c’est plus court) ne dit à aucun moment que le coût du travail est trop élevé. Il n’y a pas de valeur absolue au coût du travail. Il dit qu’il est plus élevé que chez nos voisins.

    Le crédit d’impôt ? Les cinéastes l’ont bien, pourquoi pas les studios de développement ? Après tout, le JV génère depuis plusieurs années plus de CA que le cinéma, les investissements sont du même ordre et font travailler plus de monde !
    Et la situation à Montréal n’est pas prête de changer. Ils ont bien compris que favoriser la création d’emplois à salaire élevé se répercute sur les recettes de l’état.

    L’utilité sociale ? Quantic Dream, c’est un "simple" studio de développement qui fait travailler quasiment 200 personnes qui payent tous de impôts. Quel studio indépendant français peut se targuer d’un tel score ?
    Et si ça te dérange que l’on aide financièrement à produire un Heavy Rain, tu peux aussi partir en guerre contre tous les cinéastes français que tu n’aimes pas, ils en profitent depuis bien plus longtemps.

    Tu parles également de travailler plus, de modèle américain et chinois. Connais-tu seulement le modèle américain ? Et d’où vient cette idée de revenir aux conditions de travail d’avant 1936 ? WHAT-THE-FUCK ! O_o
    David n’a fait l’apologie d’aucun modèle et ne remet à aucun moment les vacances en question.

    Bref, on a un mec qui a créé une boîte qui tourne, qui crée de l’emploi et fait ce qui lui plait dans son coin. Le mec ne fait pas de propagande, il fait juste un constat de la situation économique du milieu de son point de vue d’entrepreneur. Il doit entendre tous les jours de la part de ses investisseurs qu’il devrait partir à l’étranger où il vivrait surement mieux et serait mieux reconnu pour son travail. Il fait le choix de rester ici et on lui fait encore un lynchage publique !

    On a la chance d’avoir en France un studio qui fait des produits vraiment différents (à défaut d’être parfaits), qui vend, supporté par un constructeur (situation qui reste exceptionnelle), réputé à travers le monde, et qui crée de l’emploi. Pourquoi incendier sans cesse celui qui en est le créateur et le dirigeant ? On devrait être fier de ça !

    Tu citais Diderot, je citerai donc Jésus : "Vous allez finir par vous aimez les uns les autres, bordel de merde !"
    Bisous toussa.

    PS : je vous ai épargné mon pavé sur le financement de JV et projets web, me remerciez pas ;)

  • Louca Le 16 octobre 2012 à 15:14

    De plus, ceux qui s’expatrient reviennent toujours en France dès qu’ils ont un problème de santé histoire de profiter de la sécu. Après ils repartent...

  • Simon JB Le 16 octobre 2012 à 15:31

    Même en tant qu’indécrottable gauchiste, et en trouvant (comme tout le monde ?) que David Cage est un très mauvais scénariste ; je suis assez d’accord avec DrLuthor.

    Au delà des hypocrysies habituelles, mais qu’on entend à peu près partout (les français travaillent trop peu, la France est archaïque, etc...), il défend juste son bifsteak.
    Dans un pays qui a érigé l’exception culturelle en principe (ce que j’approuve !) et qui subventionne très lourdement son industrie cinématographique, je ne vois pas pourquoi l’industrie du JV n’essaierais pas d’en récupérer quelques miettes aussi.
    Et son positionnement de directeur d’un des seuls gros studios indépendants français lui donne une certaine légitimité pour en parler.

    Si on considère le jeu-vidéo comme autre-chose que du casual facebook et des petits jeu iPhone, il y a quand même la question à se poser : sans souhaiter copier le modèle des electronic arts ou autre, pourquoi un Ubi ne produit pas plus de gros jeux en France ? Pourquoi on ne pourrait pas avoir aussi nos obsidian ou rocksteady, des studios locaux, de tailles moyennes, adossés à des éditeurs ?

  • Oui mais non Le 16 octobre 2012 à 15:38

    "La princesse du cleavage"
    Ca c’est très drole, comme l’image de Copé.

    Dommage que le reste de l’argumentaire fleure bon l’étudiant en écologie militante qui vient de découvrir Chomsky... Les infâmes années Mitterand sont finies, on n’a plus le droit d’avoir un vocabulaire et une rhétorique aussi communiste.

    Les "jeux" de David Cage sont éminemment critiquables, mais il a raison sur le fond. Pourquoi le gouvernement aide à ce point les rentiers de l’industrie musicale ou cinématographique, et laisse tomber un secteur où les Français sont pourtant excellents ?
    Est-ce qu’il vaut mieux embaucher 1000 sous-secrétaires de direction au conseils régionaux socialistes, ou 1000 codeurs / level designers / concept artists qui exportent ?
    Qu’est ce qui servirait l’intérêt national (et pas l’utilité sociale...) ?

  • Mortis Ghost Le 16 octobre 2012 à 15:41

    un article particulièrement intéressant, bravo bravo et merci pour cela.

  • nawak Le 16 octobre 2012 à 15:41

    Très bon petit papier, comme je les aime, qui tend à remettre à leur place les melons. Ne dit-on pas que celui qui pète plus haut que son cul a de la merde derrière les oreilles ?

    les jeunes diplômés français s’en vont tout de même à l’étranger malgré l’absence d’acquis sociaux

    et ? Parce que j’ai fait mes études en France, je dois y rester ? Travailler dans l’industrie du JV demande un très grande ouverture d’esprit. Travailler à l’étranger participe à l’accroitre grâce à la confrontation avec des cultures différentes... Et quand on voit la mentalité des "créatifs" français, représentés par Mr Cage, de toute façon, ça ne donne pas envie de rester... Mais bon, c’est hors-sujet.

    Par rapport au crédit d’impôts, en ayant vécu ça sur Paris, il y a beaucoup d’abus (pas que le crédit, mais aussi les subventions), et je suis plutôt d’accord sur le fait qu’il y ait des domaines qui sont plus prioritaires que le JV. En plus, ça entraine une certaine fainéantise des studios ("bon bin on se cale sur le dossier de financement, ça prend 3 jours, et hop, on touche") qui ne cherchent plus à trouver d’autres financements.
    Pour parler du Canada, je crois que ce sont les dernières années du crédit au Québec, et c’est pourquoi Ubi doit bouger à Toronto (subventions, subventions...). Bref, il me semble que tout le monde commence à plier les gaules...
    Donc pas certain qu’à terme ce système soit une bonne chose de toute façon. Forcément, quand on monte son studio, ça fait plaisir... Mais pour chaque projet, je suis pas fan... Et quand on voit les conditions d’attribution... Tu connais le gars et hop, c’est dans la poche... Pas très égalitaire comme système...

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 15:45

    Très intéressant ton commentaire M. Luthor, évidemment, je suis pas spécialement de ton avis.

    Je vais essayer de répondre vite fait à quelques points : oui je prends l’exemple de petits studios, qui faute de rouler sur l’or ont l’air de s’en sortir (Arkedo existe depuis quoi, 2006 ?). C’est déjà pas mal en temps de crise, et je pense sincèrement que c’est l’avenir plus que les AAA qui comme le dit DC lui-même coûtent trop cher et sont trop risqués. On pourrait même penser que les petites structures risquent de l’avoir plus dur, non ?

    Je suis d’accord avec toi sur le côté discutable des subventions au cinéma... Disons que sans connaître la question plus que ça il me semble qu’au moins une part des aides, celles venant au titre de l’exception culturelle du CNC ou du CNL dans le cas des livres reposent sur la valeur culturelle de l’oeuvre en question... Ce qui à mon sens ne s’applique guère à HR, pas plus qu’au prochain film avec Jean Reno.

    Après tu m’accuses, c’est de bonne guerre, de faire un procès d’intention à David Cage. Je veux bien, mais il est supposé maîtriser un peu son discours, non ? Dire qu’en France on travaille moins qu’aux USA (ce qui est discutable en termes de productivité, d’autant que le crunch est plutôt stérile, mais bref), ce n’est pas sous-entendre qu’on a trop de vacances ? Ou alors que ces vacances il va falloir les payer en baissant les charges des entreprises (donc par un jeu de vase communiquant en taxant plus les salariés, ou en baissant les services publics) ?

    « Bref, on a un mec qui a créé une boîte qui tourne, qui crée de l’emploi et fait ce qui lui plait dans son coin. Le mec ne fait pas de propagande, il fait juste un constat de la situation économique du milieu de son point de vue d’entrepreneur. Il doit entendre tous les jours de la part de ses investisseurs qu’il devrait partir à l’étranger où il vivrait surement mieux et serait mieux reconnu pour son travail. Il fait le choix de rester ici et on lui fait encore un lynchage publique ! »

    Oh, come on. Le mec il reprend un discours qu’on entend à longueur de journée dans la presse / à la télé...

    Il ne fait pas ce qu’il lui plaît dans son coin, le papier n’existerait pas si c’était le cas.

    Il chouine devant les micros, il demande de la tune (le fric de Sony ne lui suffit pas, il lui faut aussi celui du contribuable ?), des avantages, des baisses de charges, il trouve que les gens qui ne veulent pas travailler plus sont "archaïques"... Un peu de "lynchage" — franchement le mot est un peu fort, même si c’est vrai que je me suis laissé aller — disons un rien de satire ne lui fait pas de mal, lui que Joypad ou Gameblog ont porté aux nues...

    C’est lui qui a lancé les hostilités, là, à ne pas faire de politique comme ça... Juste s’il veut partir, qu’il parte et qu’on n’en parle plus, qu’il ne se roule pas dans la poussière en attendant qu’on le retienne.

  • Anthony Jauneaud Le 16 octobre 2012 à 15:59

    Plusieurs fois déjà j’ai lu dans ces commentaires qu’Ubisoft ne produisait pas de AAA en France. Le dernier Ghost Recon, le multi des Assassin’s Creed, Les Lapins Crétins, Just Dance... ils sont fait en France.

    De plus, sommes-nous réellement obligés de produire du AAA pour faire du jeu vidéo ?

    Pour revenir sur le jeu vidéo VS. le cinéma : une des raisons de notre impressionnante production cinématographique est que dans chaque billet de cinéma il existe différentes taxes qui vont alimenter les fonds d’aides qui vont à leur tour aider à produire des films. Faudrait-il faire ça avec le jeu vidéo ? Sommes-nous prêts à payer nos jeux 5€ de plus ?

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 16:09

    @Jonathan Suissa

    Oui. Je ne suis d’ailleurs pas d’accord avec martin quant au succès "accidentel" de Quantic Dream. Ce succès, si on se concentre sur heavy rain, il le doit à : l’originalité et les mécanismes du jeu (promettant de pouvoir comparer les "vécus" du jeu entre joueurs... en tous cas sur le papier), les 45 employés chargés de la plannification des discours de Cage dans la presse culturelle/généraliste (pour le succès français du jeu) mais surtout grâce au soutien marketing de Sony.

    On est d’accord que le succès est programmé par le discours marketing, j’en avais touché un mot il y a quelques années à propos des enthousiasmes bienvenus de la presse purée JV, des coups de coeur qui paf tombaient sur le dernier jeu lancé par Sony... Depuis la presse s’est un peu ouverte aux indés (bien obligé), et elle a même commencé à faire un peu de journalisme d’investigation, notamment GK avec Yukishiro et l’ami Sopalin.

    Je n’ai peut-être pas été très clair, mais je parlais plus à un niveau personnel... J’ai la conviction que dans la vie la réussite doit en partie du moins à la chance, aux circonstances, ce que la pensée économique libérale tend à mettre de côté pour ne parler que de la raison... Tout ce qu’on réussit, on le doit en partie au fait d’être la bonne personne au bon moment... enfin c’est comme ça que j’ai réussi le peu que j’ai pu réussir pour ma part ;)

    Ce qui est une bête invitation à un rien de modestie, et à ne pas prendre sa propre réussite comme témoignage du manque de combativité des autres... C’tout.

    Petite parenthèse ... Un jeu novateur, jouable du début à la fin, ne fera pas de (trés) gros carton sans une grosse campagne de pub et de rp. Le bouche à oreilles ne peut pas atteindre ce niveau d’audience, car il faut une autorité charismatique ou autre pour prescrire à quelqu’un qui appartient à une sphère culturelle toute autre, sphère qui possède déjà ses médias favoris. Exemple : je n’ai pas réussi à convertir des gens à senscritique.com parce que pour un site "social" les gens des différentes sphères attendent généralement que le succès en soit validé par leurs organes de p(a)resse naturel avant de se lancer. Par contre, si je dis à des gamers que c’est le nouveau projets des fondateurs de gamekult, là, ça va mieux marcher.

    Minecraft. Et pas que.

  • Blèriot Le 16 octobre 2012 à 16:37

    Merci pour cet article.

  • jaunmakenro Le 16 octobre 2012 à 17:19

    Pour prolonger le débat concernant le financement culturel et le principe d’"Exception Culturelle" resservit a toute les sauces : http://owni.fr/2012/10/15/une-cultu...

  • Mithrandir Le 16 octobre 2012 à 17:48

    Holàlà méchant David Cage qui veut nous ramener à l’esclavage :p
    On a bien besoin de citer du Diderot pour appuyer son propos tiens !

    Et avec tous les licenciements, les studios qui ferment, la qualité vraiment moyenne des jeux français (rien que Cyanide tiens, avec des aides ils géreraient ptet mieux leur bonnes idées), c’est vraiment hypocrite et démagogique de citer Dishonored et Arkedo je trouve, ce sont des exceptions qui ont bien gérés selon moi.

    Et ça : "Je prêche peut-être pour ma paroisse, mais je préfère payer un prof de plus, pour qu’il enseigne La Princesse de Clèves, dont les atermoiements valent bien la petite culotte de Madison Paige, maintenir un hôpital qui permettrait de sauver les vrais accidentés de la route, ou qui sait un centre psychiatrique qui pourrait repérer et peut-être même soigner les tueurs en série qui font si peur à David Cage. Quelle est l’utilité sociale d’Heavy Rain ?"

    Ça me fait juste penser à ça :
    http://www.smbc-comics.com/index.ph...

    Je ne pensais pas qu’à notre époque on puisse remettre en question l’intérêt de la culture, à tous les niveaux.

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 17:59

    @Mithrandir
    Pour ce qui est de l’esclavage, je te conseille de te renseigner un peu ce que signifie le crunch à l’américaine.

    Pour ce qui est de la qualité moyenne des jeux français, tu veux en plus qu’on file de la tune à des studios qui ne savent pas faire de bons jeux (NB : je ne suis pas sûr d’être d’accord sur Cyanide mais passons) ? C’est hardi comme concept.

    Pour ce qui est de la culture, je ne considère simplement pas que l’oeuvre cagienne mérite d’être encouragée en tant que produit culturel. Elle mérite d’être gaussée et découragée, plz stop.

    Et sinon je m’étonne : parce que je ne suis pas chef d’entreprise mais fonctionnaire je ne peux pas prêcher pour ma paroisse ? Tiens donc. :D

    Plus sérieusement, tu le prends où le fric des crédits d’impôts / baisses de charges ?

  • unacolyte Le 16 octobre 2012 à 18:54

    @martin
    Clairement Cage veut sa part. Il sent que le contexte est bon pour le dégrévement ou pour la subvention à l’industrie ou à la cutlture (ou les deux si possible). Comme tous le monde il se rend compte que l’inflation n’est pas vraiment de 2%. Après ses propos ressemblent plus à des données scientifique de comptoir (en france on a des idées mais on est trop taxé...). Mais il est vrai que quantic dream ne semble par armé pour survivre à un echec commercial. Comme la plupart des studios en fait, c’est comme des bulles financières, ça grandit, ça grandit puis sa pête.

    Je suis totallement d’accord avec toi quand tu dit que les petits studio c’est peut être l’avenir. T’as plus de souplesse.
    C’est peut être là aussi qu’on mesure vraiment la volonté des gens de faire des jeux.
    Mais les dev français veulent faire partie de grosses boites ils ont peut être pas tant d’idée que ça en fait...

    Ma question si quelqu’un est capable de trouver l’info : Des petites ou moyennes entreprises de jv qui tentent l’aventure du jeu vidéo il y en a combien en France chaque année ?

    Sont elles vraiment étouffées ?
    Ou meurent elles parce qu’elles font des jeux pourris / qu’elles ne savent pas vendre ?

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 19:20

    Je sais pas combien de boîtes sont fondées chaque année, mais GK vient de reprendre les chiffres du SNJV sur la profession de développeur : http://www.gamekult.com/actu/france...

    Les salaires que citent GK ne paraissent pas si élevés, même si tu les doubles pour prendre en compte les charges sociales... Après, c’est sûr qu’aux States avec la culture du crunch tu peux te retrouver à bosser 80 heures semaines pour un salaire équivalent... Pas sûr que ce soit le cas en France sauf dans les micro structures...

    Si je dis pas de conneries, il doit y avoir autour de 5000 personnes qui bossent sur le JV en France, mais il faudrait retrouver les chiffres.

    Un truc qu’il faut reconnaître, c’est que beaucoup d’indés commerciaux (pas tous, mais une assez importante proportion) ont fait leurs classes dans les grands / moyens studios, donc le AAA a moins ce mérite.

    Je sais pas si les indés français sont très créatifs, quand ils font des jeux de qualité on en entend parler (cf Endless Space, qui pour ce que j’ai pu lire n’est pas un chef-d’oeuvre mais fait le boulot). Après je me demande si leur relative discrétion ne relève pas aussi de problèmes de langue : à part les anglo-saxons, les pays du Nord sont assez performants mais là-bas tout le monde parle anglais, pas parce qu’ils sont meilleurs en langue ou autre connerie, juste parce que leur espace culturel national est bien trop réduit... Parler anglais, c’est pas aussi bien que d’être à San Fran et pote avec les gars de la presse JV / de l’IGF ;) mais ça aide à percer et à persévérer je pense.

    Le JV en Allemagne, c’est pas la gloire j’ai l’impression (même si j’échangerais 20 Quantic Dream contre un Piranha Bytes), en Italie (?) ou en Espagne (Pendulo et quelques autres) non plus...

    Sinon le meilleur pour la fin : une interview de David Cage dans laquelle il se vante à la sortie d’Heavy Rain d’être à la pointe pour la délocalisation. http://www.jdli.com/article.php?id=...

    Ne le retenez pas, il est déjà parti.

  • milega Le 16 octobre 2012 à 19:41

    Martin, je tiens tout d’abord à te féliciter pour une grande partie de ton article. En effet, Cage a eu un discours juste dégueulasse et haïssable (ce discours toujours aussi facile pour un chef d’entreprise qui a autant le vent en poupe que Quantic ces derniers temps -"permettez moi de payer moins des employés que je ferais travailler plus afin de toucher plus en en foutant moins"... Très à la mode ce discours depuis quelques années...).

    Cependant, un détail me choc : autant je trouve très justifié de cracher à la tronche de Cage (qui pour le coup a fait une chute vertigineuse dans mon estime), autant partir sur un jugement de valeur sur les productions de son studio qui, qu’on le veuille ou non, changent des productions en général, est un peu too much. Quantic a toujours proposé SA vision du JV, qu’on adhère ou pas, le fait de très bonne manière (oui, la mise en scène est "bateau" est basique, gnangnan facile etc... Mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir une capacité à analyser les sous-entendus à tire larigot. Je ne compte même plus le nombre de personnes que j’ai entendu dire de Fight Club qu’il s’agissait d’un film "de combat décérébré violent pour être violent".

    Je trouve ça très con d’ailleurs que tu t’écartes du sujet régulièrement pour critiquer ses productions, ça entache ton discours, qui, malgré tout, est super intéressant et terriblement vrai...

    Voili voilà !! Mais merci quand même, ça fait plaisir de lire quelqu’un qui aime le JV et qui a des opinions "pas politiques" (:D) très prononcées !!

  • Pierre Le 16 octobre 2012 à 19:43

    Le crédit d’impôt ? Les cinéastes l’ont bien, pourquoi pas les studios de développement ? Après tout, le JV génère depuis plusieurs années plus de CA que le cinéma, les investissements sont du même ordre et font travailler plus de monde !

    En France, le jeu vidéo, c’est... 5000 emplois au total. As-tu des chiffres sur l’industrie du cinéma français ? je serais surpris qu’elle fasse vivre moins de personnes...

  • milega Le 16 octobre 2012 à 19:46

    Désolé pour le double post, mais quand même : n’oublions pas que Cage est à la tête de Quantic depuis très longtemps, bien avant que ça soit "la boite à la mode qu’on met en avant pour un jeu", qui avait pondu 2 jeux cultes pour certains mais pas très connus du grand publique... Depuis ce temps, on le médiatise, on le met en avant jusque dans le JT, il palpe de plus en plus et tient ce genre de propos... Devrait-on en conclure que l’argent et le pouvoir rendent con ???

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 19:54

    @Milega comme je l’ai dit plus haut, ma seule excuse c’est que je promenais mon cageot de tomates moisies et qu’elles sont parties toute seules. J’ai pas pu m’en empêcher, il faut dire que si je reconnais qu’HR est formellement novateur, c’est une des oeuvres vidéoludiques les plus mauvaises qu’il m’ait été donné de pratiquer.

    Je dis pas ça pour déconner. Certes, je joue pas volontairement à des navets donc je me doute bien qu’il y a pire, mais c’est un des jeux les plus désagréables — pour son scénario — que j’ai faits cette gen. Bon avec Crackdown 2 ou Dark Void pour situer le niveau.

    Après faut savoir ce qu’on veut : M. Cage se plante en auteur, il veut faire oeuvre, on n’est pas là pour le noter sur ses graphismes mais sur la cohérence de sa proposition, qui se veut narrative et qui ne rivalise pas avec le téléfilm du samedi soir sur une chaîne cablée... David Cage a sans doute des qualités de producteur, son jeu est bien fichu, il a des idées, mais il a réalisé un nanar. Que j’insiste là-dessus, c’est de bonne guerre polémique.

  • milega Le 16 octobre 2012 à 20:13

    Justement Martin, je comprends que tu n’aies pas été touché, mais regrouper en un propos ton avis (propre) sur le jeu et ses propos nauséabonds ne joue pas en ta faveur... Après, du point de vue scénaristique, je ne te rejoins pas, dans la mesure où EN EFFET, si on avait à faire à un film, j’aurais peut être pas accepté sa naïveté, sa mise en scène planplan etc... Mais il s’agit là d’un jeu vidéo, qui ne s’attaque donc pas au même publique qu’un film, et de ce fait, je trouve naturel que les "sentiments" qui transparaissent soient plus grossiers que dans un film, afin de toucher le plus bourrin des gamers !! Et définitivement, en tant que jeu vidéo, il se permet d’aller scénaristiquement là où pas (ou peu) de jeux vidéos osent aller !! Bien sûr, on pourrait citer des Shenmue ou Yakuza comme jeux très profonds scénaristiquement... Mais il suffit de voir le "flop" qu’ils font sur le grand publique pour comprendre qu’il faut le prendre par la main pour l’amener sur un terrain un peu plus profond. Et c’est en ça que j’aime les oeuvres de Quantic : ils ouvrent la marche pour de futurs jeux peut être bien plus profonds !! (il suffit de voir la qualité scénaristique de Nomad Soul pour comprendre que c’est une boite qui en a dans le froc... Et les risques pris par Fahrenheit qui finalement se sont soldés par une incompréhension générale... Ca explique surement le parti-pris beaucoup plus naïf et "j’enfonce des portes ouvertes" de HR...)

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 20:35

    Fahrenheit non plus je ne l’ai pas fini, ça commençait plutôt bien et j’ai lâché aux termites de l’espace.

    Après on pourra dire que HR a ouvert les portes à The Walking Dead par exemple, je veux bien, même si une partie des innovations de Cage sont en fait des reprises d’une tradition du jeu d’aventure cinématique qui date des années 90.

    Mais en fait ce côté cynique de Cage (je sais pas si t’as raison, j’ai l’impression qu’il y croit plus ou moins, ou du moins qu’il croit qu’à travers les clichés du thriller il fait passer un vrai truc) : "je la fais à la bourrin parce que les gamers sont pas très fins", finalement ça va bien avec le discours politique qui prône plus de travail et qui méprise les aspirations des gens de base qui n’ont pas forcément envie de s’épuiser au boulot...

    Après le jeu vidéo n’est pas forcément le meilleur medium pour la narration, m’enfin tout de même, y’a mieux, ne serait-ce que ce que fait cet exploiteur de McNamara (dont le jeu s’est bien vendu mais a été incompris imho).

  • kwyxz Le 16 octobre 2012 à 20:38

    @Louca « De plus, ceux qui s’expatrient reviennent toujours en France dès qu’ils ont un problème de santé histoire de profiter de la sécu. Après ils repartent... »

    Non seulement c’est hors-sujet mais en plus c’est faux. Si un expatrié ne cotise plus, il perd ses droits à la sécurité sociale au bout de six mois, il ne suffit pas d’avoir un passeport français et de rentrer en coup de vent pour en bénéficier... Pour conserver ses droits, il faut cotiser à la CFE, la Caisse des Français de l’Étranger, qui coûte les yeux de la tête.

  • milega Le 16 octobre 2012 à 20:51

    Ah mais pour le discours de Cage, j’en sais foutre rien s’il assume ce côté "bourrin", c’est une analyse que je m’en fais !! Après, si tu veux, je trouve simplement que Heavy Rain fait partie des "chefs d’oeuvre" du jeu vidéo... Mais j’admets que tu as réussi à me filer le doute : est-ce que je l’ai ressenti comme ça parce qu’il est arrivé à une période charnière du JV qui fait que la narration devient de la VRAIE seconde zone (au milieu de jeux comme God Of War, Call Of Duty, Gears Of War ou autres Grand Theft Auto, le scénario de Heavy Rain passe pour un chef d’oeuvre ultime...), ou simplement parce qu’il a vraiment été capable de remuer des trucs qui me touchent vraiment ???

    Après, j’aurais envie de faire une analyse beaucoup plus large : on en est à une génération (cinématographique, vidéoludique, musicale... Bref, culturelle en général...) où on ne s’émeut plus des choses simples, efficaces... Il faut toujours chercher à complexifier le propos pour être légitime... Avatar a été décrié parce que trop simple alors qu’il ne fait que taper des cordes sensibles de base : les méchants sont méchants, les gentils sont gentils, y’a de l’eau de rose, des bons sentiments partout etc... Dans les années 90, ça suffisait à émerveiller, à faire verser une larmichette. De nos jours, non, c’est plus assez, il faut chercher un contexte géopolitique complexe, des tenants et aboutissants psychologico-mon cul, des difficultés bien réelles etc... Pour que les gens daignent s’intéresser à notre oeuvre. Alors au final, est-ce que c’est pas ce qui arrive à Heavy Rain ?? Lui reprocher d’être trop simple, de toucher des cordes faciles, d’arracher des larmes basiques, des frissons sans profondeur ??

    Moi, c’est ce qui m’a plu au final : un gentil, un méchant, un bout d’eau de rose, des personnages basiques, un contexte sans grande profondeur, mais ça marche, c’est efficace... J’ai l’impression que nous devenons tous blasés, que tout a été dit, et qu’il faut, pour être reconnu, redire ces choses mais avec des mots pompeux, parce que ça fait classe...

    (ah, et honte sur moi, j’ai beau être passionné de JV, j’arrive pas à remettre qui est McNamara... :/ )

  • Martin Lefebvre Le 16 octobre 2012 à 20:54

    Brendan McNamara, le producteur / scénariste de L.A. Noire, qui a martyrisé son équipe pendant des années... mais j’ai un faible pour son jeu. :)

    Et je n’ai rien contre un peu de candeur ou d’eau de rose...ça peut être frais et touchant quand ce n’est pas réchauffé. Et puis le scénar est pas basique, il est diablement emberlificoté... Un scénar basique bien fait pour moi je sais pas, c’est genre les Dragon Quest, le classicisme humaniste, tu dois aller au château le délivrer du mal...

    Mais là HR c’est vraiment prendre mon goût à rebrousse-poil, j’ai l’impression que c’est de la mauvaise fanfic sérieux... C’est un peu facile de dire ça, et sans doute exagéré, mais dans une certaine mesure le discours de David Cage et son jeu (pas la personne, je le connais pas), c’est vraiment tout ce qui me révulse.

  • milega Le 16 octobre 2012 à 20:57

    D’accord, c’est pour ça que je connaissais son nom !! C’est vrai que L.A. Noire est excellent à mes yeux... Mais c’est le genre de jeu qui prend moins de risques qu’un Heavy Rain... L’audace de faire un jeu d’enquête comme on en faisait plus, mais en s’assurant une base de publique en l’incorporant à un gameplay très "gta-like"... Cela dit, c’est peut être l’erreur de quantic, vouloir en faire trop d’un coup !! ;)

    En tous cas, un deuxieme merci, parce que c’est agréable de discuter avec toi !!

  • Anthony Le 16 octobre 2012 à 21:46

    Il m’a terriblement fait penser à Michel-Edouard Leclerc dans son discours.

  • Anthony Jauneaud Le 17 octobre 2012 à 10:29

    Je reste toujours pantois en découvrant que des gens trouvent Heavy Rain touchant ou émouvant. C’est d’une bêtise abyssale, c’est écrit avec des sabots tellement gros que la Bretagne et la Normandie sont en rupture de stock. Et c’est d’autant plus dommage que le jeu est, formellement, super intéressant et qu’il propose des choses assez géniales.
    Et les œuvres les plus simples sont aussi celles qui parfois dégagent les odeurs les plus nauséabondes. Avatar, que tu cites, est un petit bijou de nullité, mettant l’être humain dans une position de faiblesse ultime et offrant à son héros handicapé la chance de revenir à la vie en abandonnant son corps inutile de paraplégique pour celui d’un joli Schtroumpf de deux mètres vingt-cinq. Au secours.

  • Guy Vault Le 17 octobre 2012 à 11:34

    Avatar, j’avais lu quelque part que c’était une allégorie sur le joueur (plus ou moins "handicapé" irl) et le jeu vidéo (et sa capacité à répondre à certains fantasmes). Dans ce sens, il est pas si con que ça ce film ;)

  • Pierrec Le 17 octobre 2012 à 13:56

    Après, du point de vue scénaristique, je ne te rejoins pas, dans la mesure où EN EFFET, si on avait à faire à un film, j’aurais peut être pas accepté sa naïveté, sa mise en scène planplan etc... Mais il s’agit là d’un jeu vidéo, qui ne s’attaque donc pas au même publique qu’un film, et de ce fait, je trouve naturel que les "sentiments" qui transparaissent soient plus grossiers que dans un film, afin de toucher le plus bourrin des gamers !!

    Arg je meurs !

    Maintenant je me relève pour argumenter rapidement.
    Je crois que c’est une c*** monumentale que de dire une chose pareille (mais je ne cherche pas à t’insulter milega, ton argument se tient, c’est juste cette phrase qui...arg...). Un mauvais scénario n’est pas plus acceptable dans le jeu vidéo que dans un film, du moins pas quand le jeu vidéo se veut narratif et repose principalement sur ce scénario. Je suis à peu près certain qui plus est qu’il n’y a pas de grande différence de public entre JV et cinéma, tout comme il n’y a pas de différence entre leur marketing. Si un mauvais film/JV cartonne, ce n’est pas parce que le public est con, c’est parce que le produit a bénéficié d’une promo intensive, et que au moment où tu te dis "y’a quoi au cinéma en ce moment ?" tu lèves les yeux et "Ha ben tiens, y’a ça".
    Le jeu vidéo n’a aucune excuse pour pondre de mauvais scénars, et certainement pas plus que le cinéma. Pour revenir à la phrase incriminée : Si tu as le bon goût de t’insurger contre un mauvais scénario cinématographique, fais-moi le plaisir de t’insurger contre un mauvais scénario vidéo-ludique, le jeu vidéo mérite ton sens critique :)

    Après je parle évidemment dans l’abstraction, je n’ai jamais joué à Heavy Rain ^^

  • BlackLabel Le 17 octobre 2012 à 14:50

    Pas vraiment apprécié cet article. Je déteste le travail de David Cage et sa prétention à croire qu’il apporte plus que les autres au jeu vidéo, mais pour le coup son interview n’avait rien à voir. Pour une fois il ne s’agissait pas de sa petite personne, il défendait les créateurs du jeu vidéo français dans leur ensemble et comme dit Harold, même si effectivement Cage défend sa position et en rajoute sûrement, il connaît quand même mieux le secteur et ses problématiques pour en être un des acteurs. De plus même si je considère son travail lamentable, au moins il poursuit une vision, ce qui est de plus en plus rare dans l’industrie actuelle formatée sur le modèle d’Uncharted of War : Modern Duty.

    Quant à l’utilité sociale... Parlons-en du cinéma français subventionné qui s’enfonce depuis trente ans dans la bobo-itude décadente et les comédies pas drôles, sans parler de la télé publique toujours plus minable. De ce point de vue des productions françaises comme Dishonored ont au moins le mérite d’être à la hauteur de ce qu’on trouve de l’autre côté de l’océan, et si on pouvait avoir des projets de ce genre plus souvent via une aide gouvernementale, évidemment que ça participerait au rayonnement culturel de la France sur le plan international, et cela permettrait de conserver les gens formés dans les écoles françaises, ou au moins de leur offrir l’opportunité de travailler sans partir au bout du monde.

    Par ailleurs Montréal est très heureuse d’être un "centre majeur de productions AAA". Qu’on aime ou non ces productions, elles se vendent, elles sont populaires, elles font parler d’elles et participent à la vie culturelle.

  • zbleurg Le 17 octobre 2012 à 14:59

    "Pour ce qui est de l’esclavage, je te conseille de te renseigner un peu ce que signifie le crunch à l’américaine."

    Haha, parce que tu crois qu’en France c’est mieux ? Bah nan c’est pire, le jeu vidéo dans certaines boites t’es presque en crunch time permanent, t’as des stagiaires de partout, y compris au black, certains bossent presque à l’oeil 60h par semaine et avec le sourire. Et ca n’empêche pas les boites de couler et filer des salaires de merde à ceux qui ont réussi à décrocher un vrai contrat.

  • Martin Lefebvre Le 17 octobre 2012 à 15:12

    @zbleurg : je te crois, j’ai entendu des témoignages similaires. Ce n’est pas moi qui dit que c’est mieux aux USA, hein. ;)

    Donc il faudrait, euh, que le gouvernement encourage ces pratiques pour être compétitif ? Ou juste qu’il file un crédit infini à David Cage pour qu’il puisse payer correctement — avec nos sous — "ses" salariés ?

    @Blacklabel : Par ailleurs Montréal est très heureuse d’être un "centre majeur de productions AAA". Qu’on aime ou non ces productions, elles se vendent, elles sont populaires, elles font parler d’elles et participent à la vie culturelle.

    Peut-être, comme l’Allemagne est très heureuse d’être un pôle majeur de l’économie européenne... Le seul problème c’est que le dumping, comme tous les avantages compétitifs, ne fonctionne que si tout le monde ne s’y met pas.

    Je ne suis pas non plus spécialement favorable aux subventions pour le cinéma, même si dans certains cas ça me paraît louable — mais ça doit être mon côté pédant — que l’Etat aide quelques productions d’art & essai.

  • Simon JB Le 17 octobre 2012 à 15:20

    @zbleurg

    C’est fort possible. Maintenant une industrie qui pour survivre (je ne parle même pas de sortir des bons produits) est "obligée" d’offrir à ses employés des conditions de travail aussi médiocre, est-ce que ce n’est pas le symptôme d’un problème structurel ? Injecter là dedans de l’argent public du contribuable ne changera pas grand chose.
    Si sortir des AAA implique du crunch time permanent, et que même les petits jeux iPhone sont développés par des stagiaires payés au black, le modèle économique de tout cela me semble marcher sur la tête. Et l’incapacité des boîtes françaises avec une certaine envergure (hors Arkane, Ubisoft et Quantic Dream - qui ne survivrait probablement pas un échec, ceci dit) à se développer de manière cohérente pose un peu question.

  • Simon JB Le 17 octobre 2012 à 15:31

    "Quant à l’utilité sociale... Parlons-en du cinéma français subventionné qui s’enfonce depuis trente ans dans la bobo-itude décadente et les comédies pas drôles, sans parler de la télé publique toujours plus minable."

    Loin de moi l’idée de défendre le cinéma français dans son ensemble, notamment les productions Besson ou les machins d’Olivier Dahan, mais cette vision un peu étrange du cinéma français "boboisé", privilégiant les "auteurs chiants" etc ça fleure souvent le poujadisme de bas étage.
    Il y a bien des problèmes dans le fonctionnement du cinéma français, notamment le CNC, le copinage, le népotisme, etc...mais il suffit d’aller voir un peu ce que ça donne en espagne, en italie, ou en allemagne pour mesurer un peu les débats. Je ne dis pas que c’est le désert, chacun de ces pays garde quelques grands cinéastes et une petite scène d’avant garde dynamique mais je ne trouve pas que la qualité moyenne du cinéma français soit désastreuse, quel que soit le genre de films qu’on aime. On a encore beaucoup de salles, beaucoup de films qui sortent, la plupart plutôt bons voire excellents. Allez trouver une salle de cinéma en italie, et quand il y en a une comptez le nombre de films italiens à l’affiche...

    Si le prix à payer pour ne pas se faire complètement bouffer par le cinéma et la culture US (que j’aime aussi par ailleurs), c’est ce genre d’arrangements protectionnistes, alors pourquoi pas.

    Pour la télé par contre...

  • zbleurg Le 17 octobre 2012 à 16:23

    Ce n’est pas de l’argent injecté, c’est du crédit d’impôt, au Québec c’est 40% du cout de développement, en France 20% et l’Europe menace de l’interdire.
    C’est pas les expatriés, les chômeurs et les boîtes qui ont déposés le bilan qui vont remplir les caisses de l’état...

  • Martin Lefebvre Le 17 octobre 2012 à 17:03

    Le crédit d’impôt, tu crois qu’on le sort magiquement des caisses ? Les boîtes qui coulent elles le remboursent comment le crédit d’impôt ?

    Ce qui est toujours aussi drôle c’est de voir les salariés qui se font plus ou moins exploiter par leur employeur (apparemment ce n’est pas le cas de Cage qui a l’air de bien payer... enfin je crois)... se liguer avec eux pour accuser la société, l’Etat, que sais-je, de ne pas les aider... Commencez par vous remuer entre vous les salariés, non ?

  • zbleurg Le 17 octobre 2012 à 17:18

    Mais oui suis-je bête, c’est tellement simple, on va se remuer entre salariés, on va agiter des banderoles en récitant des chants vaudous qui vont bien, ca va ressusciter nos entreprises et nos emplois et on chiera de l’or le matin

    Y’a une différence entre l’argent qu’on te donne et l’argent qu’on ne te prends pas. Ce qu’on en prends pas en impôts aux entreprises on le récupère sur les impôts des gens qui peuvent continuer à toucher un salaire.

  • Martin Lefebvre Le 17 octobre 2012 à 17:40

    Ah parce que les impôts c’est prendre de l’argent ? L’imposition, c’est le vol tant qu’on y est. Et l’argent c’est le patron qui le sécrète par sa glande phynancière, et si ses gentils employés apolitiques lui lèchent le derme, c’est parce que son amour du prochain le pousse à faire le bien ?

    Pour ce qui est de ta vision des syndicats et de la mobilisation des salariés, elle me paraît à peu près aussi réaliste que celle des relations humaines chez David Cage, c’est tout à ton honneur. Si tu es prêt à accepter des conditions de travail pourries pour "vivre ta passion", grand bien te fasse, mais il va falloir que tu agites bien fort la sébile pour exciter ma compassion.

    Ecoute, je vais arrêter de te prendre ton temps, je n’ai pas besoin que tu m’en donnes. :)

    EDIT plus tempéré :

    Je dis ça pour le plaisir du bon mot piquant, mais en fait c’est surtout que la discussion ne mène à rien. Moi je n’ai rien contre que le jeu vidéo français soit viable, je souhaite que tout le monde ait de bonnes conditions de travail, mais je vois mal pourquoi le JV pourrait prétendre à des privilèges surtout vu l’état de nos finances et vu le peu de réussites concrètes du secteur en France... Puisque même Quantic Dream (comme beaucoup de studios US de taille comparable d’ailleurs) ne semble pas dans une situation sereine...

  • BlackLabel Le 17 octobre 2012 à 18:01

    Simon JB : tu as probablement raison, même si personnellement le cinéma français ne me fait plus envie depuis des années, à de rares exceptions près.

    Je disais cela seulement pour remettre les choses en perspective. OK le jeu vidéo c’est débile, et alors ? Ça reste un produit culturel comme le cinéma, et si on commence à réfléchir à qui subventionner en se basant sur la qualité culturelle du produit et son possible rayonnement, ben autant investir dans le jeu vidéo qui arrive à se hausser au niveau d’autres productions internationales, plutôt que des films qui ne s’exportent pas ou très mal avec Fabrice Luchini qui joue pour la 50ème fois le même rôle.

    Je caricature évidemment, mais je ne vois pas pourquoi l’un serait puni de sa médiocrité culturelle quand il jouit quand même d’un certain succès dans son domaine, quand l’autre peut s’y complaire avec tous les encouragements.

  • zbleurg Le 17 octobre 2012 à 18:30

    Si tu trait trop ta vache t’étonnes pas que tes veaux crèvent. C’est du simple investissement, si l’état veux plus de recettes fiscales il doit miser ses billes là où ca va lui rapporter.
    Et le jeu vidéo est l’un des rares secteurs qui pourrait avoir une croissance explosive si on l’aidait un peu.
    Je parle des boîtes, pas des patrons, faut arrêter avec cette obsession, Cage ne demande pas qu’on lui baisse ses impôts sur le revenu, il demande qu’on aide sa boîte à tenir le choc du changement de gen, histoire qu’il n’ai pas a virer une centaine de personne, incluant lui même, et des potes à moi.

    Quand un syndicat exige que l’état sauve son entreprise, c’est noble, c’est classe, c’est rebelle.
    Quand l’entreprise demande l’aide de l’état, c’est scandaleux, hypocrite, opportuniste.
    Cherchez l’erreur.

    Et non je n’accepte pas des conditions de travail pourries.
    Que me proposent les syndicats ? D’exiger des miracles, et crever en les attendant encore.
    Quelles options il me reste ? Le RSA, ou l’expatriation.
    Dans les tous les cas c’est l’état donc la collectivité qui se fait enfler.

  • Simon JB Le 17 octobre 2012 à 18:53

    @BlackLabel

    Je suis d’accord là dessus.
    "je vois mal pourquoi le JV pourrait prétendre à des privilèges surtout vu l’état de nos finances et vu le peu de réussites concrètes du secteur en France"
    Si on admet que l’état subventionne des tonnes de truc, dont par exemple des constructeurs automobiles (une industrie d’avenir comme on en trouve peu, véritable réussite industrielle francophone), et que la culture (que ce soit le jeu-vidéo, le cinéma, la danse...) doit garder une place même - surtout - en temps de crise, je ne vois pas pourquoi le jeu-vidéo devrait se draper dans sa dignité et dire "je ne suis qu’un produit accessoire, de loisir, laissez moi me débrouiller".

    C’est une vision pour le coup un peu bêtement hiérarchisée des choses. Le jeu-vidéo, comme le cinéma, au delà d’un loisir c’est une industrie qui fait vivre de manière indirecte des tonnes de sous-métiers (animation 3D, informatique, ingénierie logicielle). Quitte à investir de l’argent dans quelque chose, autant que cela ait un impact économique ET culturel du même coût. Et cela n’empêchera pas les petits développeurs indépendants de continuer à exprimer leur créativité en mode lo-fi.
    Le seul argument contre ça, c’est ton argument sur le "peu de réussite concrète du secteur en France". Mais, d’une part on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise ; d’autre part, avec un tel raisonnement, on aurait laissé tomber Peugeot depuis longtemps ^^

  • Martin Lefebvre Le 17 octobre 2012 à 19:08

    « Quand un syndicat exige que l’état sauve son entreprise, c’est noble, c’est classe, c’est rebelle.
    Quand l’entreprise demande l’aide de l’état, c’est scandaleux, hypocrite, opportuniste.
    Cherchez l’erreur. »

    Les entreprises ne sont pas des gens. :/

    Les syndicats ne sont pas la panacée universelle, et pour ma part je ne suis pas syndiqué (ce qui ne m’empêche pas de participer aux mouvements sociaux quand j’estime qu’ils sont fondés), mais tu crois vraiment que c’est en dérégulant et en faisant des cadeaux fiscaux (pardon en arrêtant le pillage féodal imposé aux pauvres entrepreneurs) qu’on va résoudre les problèmes du crunch et le recours aux stagiaires payés au lance-pierre ?

    Et après c’est les communistes qu’on accuse d’idéalisme.

  • zbleurg Le 17 octobre 2012 à 20:36

    "Les entreprises ne sont pas des gens. :/"
    Et pourtant tu confonds encore entrepreneurs et entreprises...
    Dans un studio de jeu vidéo, les moyens de productions c’est les neurones plus que les processeurs, l’entreprise c’est avant tout ses salariés, et le patron est dans le même bateau, c’est sans commune mesure avec Mr Peugeot ou Mr Mittal et leurs ouvriers.

    Il ne faut pas déréguler, il faut réguler intelligemment, taxer toutes les boites pareil, peu importe leurs cycles de production, la situation du secteur et ses perspectives d’avenir, c’est stupide.
    Et oui je crois que si on arrête de maintenir les entreprises au bord du gouffre on arrêtera de voir des employés se laisser exploiter pour les sauver.
    A Montréal Ubi Square ou Eidos demandent pas aux jeunes de signer pour un 14e stage parce qu’ils sont dans la merde, sinon ils se marrent et vont toquer à la porte d’à côté.
    Mais bien sur l’offre et la demande ca ne fait pas tout, de vrais abus pour remplir des poches plutôt que des caisses ca existe aussi, et je ne parle même pas des éditeurs.
    Donc il ne faut pas baisser sa garde mais faut arrêter de croire que les boites qui sont dans la merde ca n’existe pas, et que dès qu’un patron demande de l’aide c’est du bluff pour détourner le pognon et s’acheter un yacht.

  • Martin Lefebvre Le 17 octobre 2012 à 21:25

    On arrive à des questions intéressantes et plus posées, zbleurg, c’est cool. Par contre je me rends compte que je suis trop crevé pour te donner la réplique ce soir. :)

    Juste une question, sans arrière-pensée... tu penses vraiment que vivre du JV en France c’est impossible à cause du cadre légal, ou c’est seulement pour certaines structures que ça pose problème ? Est-ce qu’au lieu de rêver à l’Eldorado d’un Hollywood digital les dév français ne devraient pas prendre les contraintes locales comme elles sont et essayer de faire des boîtes viables dans ce cadre précis ? C’est vraiment pas possible ?

    Euh ça fait plus d’une question.

    Je vais aller me vider le crâne sur GW2.

  • Pierrec Le 17 octobre 2012 à 21:25

    Bon, mais sinon, on s’en fout non ? (désolé,ça manquait de troll tout ça)

    Toutes ces discussions sur le rayonnement français, et ce que l’état devrait faire ou non pour l’encourager etc...est-ce que ça compte vraiment ?

    On parle d’un âge d’or de la french touch dans les années 90, je suis pas sûr de moi, mais je ne crois pas que l’état français ait particulièrement encouragé le jeu vidéo à cette période, pas plus que les autres du moins. Le succès de certains créateurs français était du à leur talent, point.

    Si ça marche pas des masses en ce moment, c’est peut-être tout simplement que le talent n’est pas là. Pas la peine d’aller chercher des raisons économiques.

    Ou alors, c’est que le talent est toujours là, mais qu’il n’est plus intéressé par cette industrie AAA. La production française du côté indé est loin d’être dégueulasse, en témoigne par exemple toutes les précédentes Ludum Dare dans lesquels les français occupaient toujours de nombreuses places dans le top 5,10,100.

    Quoi qu’il en soit, c’est pas des exonérations fiscales qui vont changer grand chose.

  • Pierre Le 18 octobre 2012 à 00:24

    Est-ce qu’au lieu de rêver à l’Eldorado d’un Hollywood digital les dév français ne devraient pas prendre les contraintes locales comme elles sont et essayer de faire des boîtes viables dans ce cadre précis ? C’est vraiment pas possible ?

    C’est ce qu’ils font déjà, d’une certaine façon... L’immense majorité des studios créés en France ces dernières années font du jeu Web, smartphones et tablettes. Des prods AAA, très peu de studios en font - en étant large, Arkane, Quantic, Ubi Montpellier-Montreuil-Annecy, Don’t Nod, Asobo, Nadeo, Eugen.

    Et les jeunes diplômés
    1. sont trop nombreux
    2. veulent souvent bosser sur du AAA
    3. ne sont pas embauchés parce qu’ils manquent d’expérience

    Du coup, soit ils réussissent à intégrer un des studios sus-cités (qui doivent tout de même représenter, à eux seuls, un cinquième des emplois du secteur), soit ils font du jeu social / sérieux / mobile, soit ils se barrent.

    Ou alors, c’est que le talent est toujours là, mais qu’il n’est plus intéressé par cette industrie AAA.

    Je dirais surtout que l’industrie AAA française n’est guère intéressée par les jeunes talents (elle veut des vétérans), et que du coup, les jeunes talents s’intéressent davantage à l’industrie AAA nord-américaine.

  • BlackLabel Le 18 octobre 2012 à 13:53

    Simon JB ; je ne dis pas que le cinéma français ne doit plus être subventionné. Je réponds toujours dans le cadre de l’article, dans le sens où s’il fallait choisir, autant investir dans un domaine qui a de réelles réussites (même si on peut les trouver légitimement contestables, moi le premier) plutôt que dans un autre qui se complait dans une forme de consanguinité.

    Après ce qu’en font les auteurs de ces subventions, c’est un autre problème.

  • Martin Lefebvre Le 18 octobre 2012 à 14:17

    Tu veux sérieusement dire qu’en France le cinéma a moins de "réussites" que le jeu vidéo ? Ok.

  • Kalibaouche Le 18 octobre 2012 à 19:06

    En tant que joueur quotidien, c’est ce qui me dérange le plus, la petite arrière-pensée qui m’empêche de bien savourer mon plaisir de jouer : savoir que pour produire ce à quoi je joue, souvent on a exploité nombre de gens, que ce soit des développeurs qui enchainent des semaines de 100 heures ou bien des ouvriers qui pressent les DVD...
    Et quand je me dis que si j’apprécie, c’est qu’une équipe marketing a bien fait son boulot, de bons pie charts qui ont bien cerné le public et ce qu’il attend, je me sens sale, piégé.
    On tolère que les artistes ne dorment que très peu, occupés qu’ils sont par leur oeuvre, mais l’industrie est (parfois) soumise aux lois et codes du travail (n’en déplaise aux chefs de projet). Ce qui m’amène à la question "les jeux vidéos sont-ils un art ou une industrie produisant du divertissement ?".

  • BlackLabel Le 18 octobre 2012 à 20:57

    Martin Lefebvre : Tu veux sérieusement dire qu’en France le cinéma a moins de "réussites" que le jeu vidéo ? Ok.

    Y’a pas assez de titres de gros jeux vidéo pour comparer. Mais si on prend de gros titres, Heavy Rain et Dishonored sont de grosses réussites.

    Habitant au Québec, je suis sûr que mon vendeur connaît et a essayé ces deux titres là. Celui du magasin de films, pas sûr qu’il s’intéresse aux problèmes existentiels d’un parisien...

  • Martin Lefebvre Le 18 octobre 2012 à 21:13

    Réussite =/= blockbuster qui a des chances de se casser la gueule.

    Bon et puis tu as tout de même une vision un rien caricaturale du cinéma français qui vit des années relativement fastes faut pas déconner, aussi bien niveau grand public que niveau art & essai. Je dis pas que c’est génial, hein, mais bon on a un peu inventé le machin et puis quand on regarde on n’a pas tout à fait non plus fait que de la merde...

    La Nouvelle Vague >>>>>>>> la French Touch. :p

  • zbleurg Le 18 octobre 2012 à 21:14

    Pour donner une idée, par an en gros t’as 200 films français, 20 qui passent le million d’entrée, 1€ par entrée revient à la prod, soit 90% des films français qui récupèrent moins de 1 million, souvent beaucoup moins. C’est pas avec ca qu’on produit un film, la moyenne pour un budget en France c’est 6 millions.
    Lindustrie vie des réductions et niches fiscales, des subventions, des ponctions faites sur les entrées des films américains, de la TVA réduite, de la redevance télé (qui est obligé d’investir dans leurs daubes)... Je ne suis pas sur qu’en terme de brouzoufs le cinéma français rapporte quoi que ce soit à la collectivité.

    Et pour ce qui est de la french touch dans le jeu vidéo, justement, talent ou pas toutes ces boites ont fini par couler parce qu’elles n’ont pas pu suivre la concurrence.
    Au début des années 90 un mec tout seul pouvait faire un jeu et les vendre 500 balles...
    Quand la PSX est sortie, en 3D on avait déjà fait Fade to Black et les Alone in The Dark, internationalement on avait la côte, et pourtant, quand il a fallu trouver plein de fric pour lancer des grosses prods qui rivalisent avec les japonais, y’avait personne, les investisseurs ont préféré mettre leurs billes là où la fiscalité était plus avantageuse. En 2000 la bulle technologique a éclaté, nos boites n’étaient plus crédibles ont étés les premières à trinquer, et presque tout a coulé.
    Et c’est le même phénomène à chaque génération, il faut de plus en plus de pognon sur la table pour avoir un jeu garanti rentable, et les investisseurs regardent la fiscalité avant la créativité.

    Ok il y’a aussi le marché des jeux indés, mais comme pour le cinéma, il est déjà saturé, parce que puisqu’on arrive pas à mettre 500 personnes sur un jeu, ces 500 personnes vont faire 200 jeux indés, 10 se vendront des clopinettes, les autres, personne ne trouvera le temps d’y jouer

  • Martin Lefebvre Le 18 octobre 2012 à 22:04

    Oui oui je sais que le marché indé est un peu saturé, même si les vraiment bonnes idées trouvent toujours une place et qu’il n’y en a aucune qui soit sortie de France depuis bien longtemps (c’est quoi le dernier jeu indé français vraiment brillantissime, Another World ?)... Peut-être parce que les indés ne trouvent pas à se former chez les AAA, je vous l’accorde.

    Mais tout de même, penser que tout ça c’est la responsabilité de l’Etat, c’est un peu gros, non. Y’a un bizarre mélange de libéralisme et de demande d’une gestion planifiée. La crise — relative — du JV japonais c’est l’Etat japonais ou ce sont les développeurs ? Jamais les développeurs ils sont responsables ? Genre jamais Infogrammes / Atari ils ont planté les Alone, c’est la faute à Jospin et aux 35 heures ?

    C’est pas non plus comme si les jeux français de ces dix dernières années étaient tous des titres hyper géniaux plantés par un manque de moyens, des chefs d’oeuvre mals finis faute de moyens. Allez je vous accorde BG&E parce que je suis sympa (j’aime pas trop BG&E). Cage on peut se dire qu’avec Fahrenheit il est prometteur mais qu’il est obligé de mettre des termites de l’espace au bout de 2 heures parce que son équipe est en RTT, je veux bien, c’est à cause d’Aubry les termites de l’espace. Mais avec Heavy Rain il a un beau budget, et je trouve qu’il fait pire. Ca s’est pas trop mal vendu, mais vu la pub qu’il a eu c’est pas non plus le flush royal, le public est plutôt mitigé (ce qui n’en fait pas nécessairement un chef-d’oeuvre incompris) et ptête qu’il est pas en position de force pour négocier avec Sony... Ouais, ça craint. Ca m’émeut pas plus que de savoir qu’une coopérative laitière a des problèmes de trésorerie.

    Je veux dire, oui l’Etat fixe les règles du jeu, pas toujours parfaitement, mais a priori c’est tout de même en démocratie plus ou moins basé sur un compromis social... Faut pas juste regarder secteur par secteur. Ptête que les Français se fichent bien d’avoir des jeux AAA produits en France, d’autant qu’ils sont marketés pour le marché mondial de toutes façons. Par contre ils tiennent à leurs vacances et à leurs comédies franchouillardes.

    Ce que je ne comprends pas, c’est que si le jeu vidéo était si rentable et prospère, comment expliquer qu’économiquement ça ne fonctionne pas, même avec des charges élevées ? Je veux dire, l’automobile marcherait super bien en France si on avait une loi spéciale qui disait que dans la branche le salaire minimal était le même qu’en Roumanie, tout peut marcher comme ça.

    Quand je dis à Cage et à ses semblables que je ne le retiens pas, je suis sérieux : si vraiment leur bonheur est au Canada, pourquoi je les priverais d’y aller ? Au moins en France les étudiants ne font des mois de grève à cause de la hausse de leurs frais de scolarité, et le système de santé marche à peu près (j’avoue tout ce que je sais du système de santé au Canada c’est Les Invasions barbares qui me l’a appris, c’est un peu léger). :/ On a fait ce genre de choix de société, et malgré toute la tiédeur de notre gouvernement, ils viennent d’être actés dans les urnes.

    Deal with it.

  • zbleurg Le 18 octobre 2012 à 23:41

    Quand tout un secteur dans un pays se vautre en même temps c’est pas parce que tous les pros se sont réveillés un beau matin avec 30 points de QI en moins, il y’a des raisons structurelles à ca.
    C’est toujours facile de critiquer la qualité artistique des jeux français, mais ce n’est pas une histoire de frontières, si il y’a un pays qui est censé pouvoir servir d’exemple à la France j’aimerais bien savoir lequel. On attrape pas les mouches avec du vinaigre, on attrape pas les investisseurs avec des concepts risqués et une fiscalité désavantageuse. Sauf si on s’appelle David Cage et rien que pour ca il mérite un minimum de respect.

    Et je me doute bien que tu es sérieux, mais lui aussi et tous les jeunes créatifs aussi, moi même je prépare tout pour me tailler le plus tôt possible. Leur système de santé est au final très proche du nôtre, ce n’est pas ca qui va me retenir ici. Et pour le système scolaire... Comme tout le monde j’ai du couté plus de 100 000€ à l’éducation nationale française, j’aurais bien aimé les rembourser en travaillant ici, mais puisque ce système ne juge pas utile de me le permettre, il faut bien que je me casse, au moins je lui fais économiser une vie de RSA.

  • Martin Lefebvre Le 19 octobre 2012 à 00:07

    Je te rassure c’est cadeau les 100 k euros pour ton éducation. :) On t’a offert des études, comme ça tu sais écrire et argumenter correctement, c’est de bon coeur, mais tu veux pas en plus qu’on t’offre pile poil le boulot que tu veux, alors que si tu es jeune quand tu as commencé lesdites études tu as dû te rendre compte que le secteur était bouché, et maintenant... euh, tu n’es pas content ?

    Je veux dire je trouve ça super de vouloir faire le métier qu’on veut, quelque part c’est admirable, mais tu peux pas non plus demander à la société de se plier en quatre pour que tu puisses faire des JV. :/ S’il y a des raisons structurelles pour qu’en France on ne puisse pas faire de jeux AAA, c’est peut-être parce que les Français n’apprécient guère le mode de vie que cela implique, je sais pas, et que non, vraiment on a pas trop envie de filer 50 % de crédits d’impôts plus les heures sup’ non payées à gogo plus je sais pas ce que veut Cage, à part une statue place de la Concorde ?

    Va faire des jeux bien au Canada, c’est cool vraiment, il y a des gens sympas qui ont fait ça, d’autres qui ont envie de le faire. Juste la lamentation sur l’archaïsme, c’bon quoi.

  • Le 19 octobre 2012 à 13:06

    Moi je comprend bien le discours de zbleurg, le point d’achoppement c’est quand même que visiblement le Canada n’a pas inventé une formule magique qui rend d’un seul coup le développement AAA de jeu rentable, avec des bon salaires et une qualité de vie, alors qu’en France "structurellement" ça ne marche pas.

    Non, c’est juste qu’ils ont fait un crédit d’impôt tellement élevé que du coup miraculeusement ça règle le problème de la filière du jeu-vidéo. Du coup, logiquement, si on veut être compétitif on doit faire pareil.
    Le problème c’est que c’est juste poser un pansement sur une plaie béante :
    - On le fait déjà pour le cinéma, on le fait déjà pour le jeu-vidéo (mais il faudrait augmenter le crédit d’impôt...), allons-y continuons, faisons le aussi pour l’automobile, les start-ups internet, les bio-technologies etc...à un moment donné on s’arrête où ? Si des secteurs ne sont structurellement pas rentables dans un marché développé qui a des coûts du travail plus élevés qu’en Chine, on ne va pas TOUS les aider à la force du poignet ?
    - Ce genre de crédit, ce n’est pas une formule magique, il faut à la fois être le premier à le faire et offrir les meilleures conditions. Si demain Montréal stoppe son crédit d’impôt, toutes les boîtes délocalisent. D’ailleurs elles ont déjà commencé. Il y a peut-être des questions plus structurelles à se poser sur notre économie, des choix de société à faire plutôt que de soutenir artificiellement des activités non compétitives. Moi, à titre personnel je ne vois pas pourquoi le cinéma devrait être aidé (comme symbole culturel, et facteur de rayonnement international) et pas le jeu-vidéo. Mais tout cela n’est qu’une éternelle course à l’optimisation des coûts, qui se termine une fois que tout le monde s’est aligné sur le plus petit dénominateur commun.

    (BlackLabel, encore des clichés sur le cinéma français "parisien". Tu n’y connais visiblement pas grand chose...Tu sais que c’est besson en tête du box office US ? Tu trouves Despleschins "parisien" ? Tu ne crois pas que Resnais ou Godard participent au rayonnement de la France à l’étranger ?)

  • milega Le 21 octobre 2012 à 12:08

    @ Pierrec : Je conçois cette vision de critiquer les mauvais scénars de JV au même titre que les mauvais scénars de films... Mais comme je disais, je ne critique même pas le scénar d’Heavy Rain, car en soit, qu’on le veuille ou non, le pitch reste intéressant (un homme perd un fils, de ce fait perd pied et se retrouve dans une spirale infernale pour sauver son 2eme fils qui risque de mourir...), après, la mise en scène peut choquer, parce que "grossière", mais c’est bien là que je tempère : il s’agit d’un JV, pas d’un film. Là où une mise en scène grossière est généralement sauvée par un gameplay (et d’ailleurs devient secondaire face au gameplay, car il s’agit bien d’un jeu, dont la base même est le côté "ludique" et non pas le côté "profond"...), dans un film, la pastille passe largement moins !! En gros, devant un film, on reste physiquement passif, on a que notre cerveau pour analyser, penser et nos yeux pour être éblouis etc... La mise en scène se doit dans ce cas d’être au top. Dans un JV, on est actif, on a moins l’opportunité, le temps, d’analyser, d’en prendre plein les yeux (réussir à suivre ce qu’il se passe à l’écran dans un Ultimate Ninja tout en étant au taquet pour pas louper les QTE, il faut vraiment être atrocement fort...). De ce fait, certains jeux prennent le parti de faciliter l’analyse, de ne pas trop en faire de manière à ce qu’aucun détail ne puisse être mal compris. D’où ma théorie : on peut pardonner à un JV une mise en scène pateaude, grossière alors qu’on ne peut pas le pardonner à un film !!

    Et en ce qui concerne Avatar, c’est aussi une question de gouts. J’ai personnellement passé un moment extra devant ce film, parce que ça m’a rappelé une époque du cinéma qui touchait des sentiments bateaux, ces années 90 où dans un film d’action, tout explosait, dans un film de SF, tout était visuellement travaillé, et où, quand on voulait se triturer l’esprit, on allait voir des drames psychologiques. Maintenant, tous les réals cherchent à alambiquer leurs scénarios... Un film d’action aura une réflexion géopolitique, un film de SF aura un énorme sous entendu psychologique etc... Après, chacun voit midi à sa porte !! ;)

  • Simon JB Le 22 octobre 2012 à 11:11

    "ça m’a rappelé une époque du cinéma qui touchait des sentiments bateaux, ces années 90 où dans un film d’action, tout explosait, dans un film de SF, tout était visuellement travaillé, et où, quand on voulait se triturer l’esprit, on allait voir des drames psychologiques. Maintenant, tous les réals cherchent à alambiquer leurs scénarios..."

    Je vois ce que tu veux dire à propos d’avatar (où les méchants sont très méchants, les gentils assez gentils et les vaches extraterrestres bien gardées).
    Et pourtant, les films d’actions et films de SF sont TOUJOURS le reflet des préoccupations et de la psyché d’une époque. Même ceux qui te paraissent les plus bateaux...
    On peut considérer que Matrix a changé la donne à la fin des années 90, mais Starship Troopers c’était pas tout à fait non plus du premier degré, et même les films de Tony Scott ont toujours leur sous-texte ;)

  • Bengali Le 22 octobre 2012 à 11:47

    David Cage n’a aucune empathie, et n’est nullement représentatif (comme la majorité des politiques ...). Il y a les créateurs en plein Ego Trip et il y a les créateurs conscients (comme les politiques). DdG n’arrivera jamais à dépasser le concept d’esquisse, ses projets sont des aventures interactives avortées (je ne critique pas les esquisses, loin de là, mais plutôt les politiques).

    Sans faire dans le ludisme : The Walking Dead est passé, Heavy Rain s’est noyé. C’est simple, c’est clair.

  • BlackLabel Le 22 octobre 2012 à 14:38

    Martin Lefebvre :"La Nouvelle Vague >>>>>>>> la French Touch. :p"

    Écoute, je suis le premier d’accord avec toi, et pourtant je n’aime pas la Nouvelle Vague. Ensuite pour moi Heavy Rain c’est un peu le jeu le plus débile de cette génération voire du jeu vidéo tout court, et à la french touche d’un Dishonored je préfère l’absence d’originalité d’un Dead Island.

    Reste que Heavy Rain et Dishonored, dans le paysage du jeu vidéo, sont des réussites. Et je ne dis pas ça par plaisir, personnellement ça me navre plus qu’autre chose. Si je devais l’exprimer dans mes termes à moi, je dirai que Dishonored n’est pas plus pourri que d’autres titres encensés sur des critères flous et absurdes par une presse inculte se complaisant à utiliser un vocabulaire qu’elle ne maîtrise pas. Il fait même concurrence à ces autres titres. C’est dans ce sens que je parle de réussite.

    Et même si globalement ça ne vaut rien dans l’absolu, ça a le mérite de toucher sa cible.

  • Simon JB Le 22 octobre 2012 à 16:23

    Tu met carrément Dishonored dans le même panier que Heavy Rain ?
    Outre le fait que les deux jeux n’ont pas grand chose à voir conceptuellement, ça me semble carrément injuste pour le titre d’Arkane (qui réussit énormément de chose, notamment une intelligente réactualisation du gameplay d’un Thief ou Thief 2 qui ne sent ni la naphtaline ni la modernisation forcée). Je suis d’accord en général pour ne pas hurler avec la presse spécialisée, mais pour une fois qu’un studio français (avec le soutien d’un éditeur US, certes) sort un jeu original, exigeant, dense, bien fini et qui - en plus - semble se vendre, je dis chapeau.

    Alors qu’Heavy Rain, Bengali l’a bien résumé juste au dessus : c’est étonnant, mais les "petits" de chez Telltale, sans tambour ni trompette font mieux avec Walking Dead que Cage et ses grandes ambitions. Bien sûr, Cage a le mérite d’avoir dégainé le premier, et de ne pas s’appuyer sur un matériau existant (quoique, comme il plagie Seven une scène sur deux...) ; mais quelle différence de qualité d’écriture, de maturité scénaristique et de dosage des effets.
    Heavy Rain noyait deux ou trois idées excellentes voire géniales (oui, oui) dans un torrent d’ennui, de vide de gameplay et de dialogues AB Production meets polar scandinave. Walking Dead vise moins haut mais transforme facilement l’essai.

    Bon, on sort un peu du sujet initial :)

  • zbleurg Le 22 octobre 2012 à 20:03

    Ils font bien mieux mais auraient ils eu les idées et le fric pour le faire sans heavy rain et son succès ?
    Heavy Rain c’est de l’experimental mais à gros budget, avec tous les défauts d’un concept encore balbutiant, et ca a toujours été présenté comme ca par David Cage malgré ces sempiternels accusations sans intérêt sur sa prétendue mégalomanie.
    Le même jeu fait en 2D par un studio indé finlandais et sans campagne marketing vous auriez crié au génie.

    Dishonnored fait du Warren Spector et le fait bien, mais pour certain c’est simple : Reprendre des vieux concepts, faire du jeu vidéo "de genre", c’est Satan. Sauf si on a 10$ et qu’on reprends des vieux concepts 2D, là il va de soi que c’est du pur génie créatif...

  • Martin Lefebvre Le 22 octobre 2012 à 20:26

    Zbleurg, on n’a pas le droit de trouver qu’Heavy Rain est un mauvais jeu ? Bien plus mauvais que les deux premiers Penumbra en tout cas si on parle de studio scandinave. Certes, s’il avait été fauché, on aurait pu lui trouver un charme Z, mais par exemple ce n’est pas par snobisme que je préfère Michigan à Heavy Rain : il y en a une que j’ai fini, un autre qui m’a emmerdé au bout de deux heures.

    Je ne dis pas que HR ou Fahrenheit n’ont rien inventé, notamment en termes d’interface, je dis juste qu’ils sont tellement mal racontés, pas juste mal branlés mais bousillés, que je me vois pas les défendre.

    Pour ce qui est de TWD, je pense en effet que Telltale a pu s’inspirer du film interactif à la HR, mais le genre a une histoire qui remonte (tu étais peut-être un peu jeune dans les années 90...), et TT a prouvé depuis des années qu’il savait ce qu’ils faisaient... ils ont pas eu besoin de Cage pour avoir un budget, ils ont construit leur succès progressivement.

  • Bengali Le 23 octobre 2012 à 11:19

    Je trouve que le rapport entre HR et David Cage avec ses apartés ’apolitiques’ est finalement beaucoup plus évident qu’il ne le parait.

    Crier au génie ? Heavy Rain ne m’a pas ennuyé au point de ne pas le terminer et le retourner (je suis fan, à priori, de toute tentative de narration interactive). Néanmoins, aucun génie là-dedans, et puis après avoir vécu chaque fin, je me souviens avoir bien ri en pensant au caractère absolument déprimant et plombant des possibilités de sortie (en gros, on se suicide, on pleure, on tue, bref les fins envisagées sont immatures et presque enfantines, et tout ceci juste pour essayer d’amener une émotion : je dis LOL, Heavy LOL mais surtout pas Heavy Pop). En gros, jamais dans HR je me suis retrouvé à éprouver de l’empathie, et le choix entre me couper le doigt avec la paire de ciseaux ou la machette ne m’a pas réellement bouleversé (je voyais Nathan, que je contrôlais, lutter dans une pièce sombre et avec plusieurs instruments de hachage que je pouvais sélectionner, j’étais en dehors, comme une entité astrale en train d’observer un être perdu, sans fond et sans vision).

    TWD n’a pas besoin de Cage pour exister, autant au niveau des idées que du fric. Aucun lien entre Heavy Rain et Walking Dead à ce niveau, la force de WD est son scénario et sa mise en scène (rythme, plans séquence, interactivité pour donner la cadence). En revanche, on sent l’inspiration, l’idée initiale (comme j’aime l’appeler : l’esquisse) qui a servi à la construction du jeu. Et puis, finalement Heavy Rain se targuait d’un scénario de série B. TWD joue dans une autre cour. Certes, c’est du ’grand public’ (adulte), mais la recette prend. L’empathie et les émotions dégagées sont d’une toute autre nature. Après avoir joué à WD, on se retrouve à réfléchir, à avoir des ’réactions’ en fonction de ce que l’on a vécu dans le jeu. L’effet ’post-game thinking’ est assuré. HR m’a laissé avec un platine, et puis rien d’autre.

    Je dirais que TWD existe en tant que tel, mais que quelques mois après la sortie de HR, ce jeu de Telltale vient tout simplement (par contraste) mettre en valeur les faiblesses narratives et interactives de Heavy Rain. Je pense que c’est surtout le ’militantisme’ (terme forcément faux) de David Cage qui l’a finalement annulé dans ses propos (le voir au Grand Journal, défendre sa ’nouvelle façon de jouer’ avec des Kassowitz venant soutenir les propos du faux débat cinéma vs interactivité, ...). Alors quand sieur de Gruttola se plaint des conditions de développement en France, j’ai l’impression de revisiter une phénomène vieux comme les artistes, superbement peint par Gaughin avec ’D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?’. Bref.

    Cela à voir avec l’histoire narrée et le pathétique de la situation du papa architecte-bobo capitaliste individualiste perdu ("Que feriez-vous si vous deviez tuer votre fils ?") mis en rapport aux propos de sieur Cage. Trop. C’était trop. Alors quand Cage arrive et me dit : "Que feriez vous si vous deviez tuer votre société ici en France, mais la faire grandir là-bas au Canada ?" , et bien je réalise que ce personnage n’est pas visionnaire pour un sous (argent, toujours l’argent). Car, le coup du Canada, c’était il y 8 ans qu’il fallait le sortir. Là, maintenant, de surcroît, c’est trop tard non ? ("Nous allons à St-Tropez car c’est là que la jeunesse se passe" <- exactement pas, tout faux et archi bobo).

  • Zbleurg Le 24 octobre 2012 à 00:22

    Je ne sais pas comment TellTale finance ce jeu, mais ce que je veux dire c’est qu’ils n’auraient probablement pas risqué du fric dans cette production si Heavy Rain n’avait pas montré qu’un jeu basé uniquement sur de la narration interactive pouvait être un succès commercial. On ne leur aurait même pas filé les droits sur la licence et on aurait un fps moisi à la place.

    Après oui je sais que le concept ne sort pas de nulle part, il y’a une parenté avec Dragon’s Lair ou Blade Runner (d’où les origamis je pense), mais quoi d’autre ?
    Revenir à une vision du jeu vidéo très peu exploitée et abandonné depuis 15 ans, en poussant les embranchement scénaristiques jusqu’à 7 fins radicalement différentes rien que pour le perso principal, ca reste couillu. Même revenir au jeu d’aventure aujourd’hui c’est déjà couillu, c’est un truc que j’attendais depuis longtemps donc je n’ai pas boudé mon plaisir, malgré les défauts.

    Et puis tout ce délire "architecte = bobo capitaliste", c’est sympa pour les architectes. Faudrait me faire la liste des professions autorisées pour les gens de gauche.
    Et puis j’ai toujours pas pigé en quoi le fait d’être capable de se sacrifier pour ses enfants faisait de soi un immonde fasciste ultralibéral. C’est vraiment au ras des pâquerettes en plus d’être de mauvaise foi comme analyse.

  • Martin Lefebvre Le 24 octobre 2012 à 06:17

    J’ai jamais écrit architecte = "bobo de capitaliste". Juste Cage se projette sur une vision aseptisée et idélalisée d’une profession libérale, l’architecte qui a réussi et a une belle baraque. Je suis désolé mais la famille d’Ethan Mars ressemble à une caricature bourgeoise, on la croirait sorti d’une pub. C’est absolument grotesque...

    Et la descente aux enfers après la mort du premier gosse, c’est quitter la belle maison, faire des tâches connotées féminines que notre dynamique père de famille ne faisait pas auparavant (et que Cage ne fait sûrement pas s’il passe sa vie à bosser, mais ça c’est entre lui et son psy), beurk, le réel.

    Bon à part ça Telltale ils font du jeu d’aventure depuis 2004, en fait le studio a été fondé par des anciens de Lucas qui ont vu le Sam & Max sur lequel ils bossaient annuler...

  • Simon JB Le 24 octobre 2012 à 10:17

    Oui, c’est quand même un peu fort de dire que Telltale n’aurait jamais pu faire the walking dead sans Heavy Rain...ce sont des spécialistes du jeu d’aventure depuis très longtemps. Le fondateur de la boîte était co-créateur de Day of the Tentacle.

    Ceci dit il y a de grosses différences de gameplay / structure entre TWD et leurs précédents jeux d’aventure, plus proches du point&click à la lucas arts et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître des emprunts au film interactif tel que remis au goût du jour par Cage. Le truc, c’est qu’ils le font mieux. Et sans donner des ITW sur le "manque de maturité du jeu vidéo" ou la nécessité "de développer des émotions". Ils le font, c’est tout.

    Je pense que c’est là le fond du problème en fait ; il est clair que Cage a une vision très spécifique du jeu-vidéo et quelques idées un peu audacieuses, et il n’est probablement pas plus mauvais qu’un autre en temps qu’entrepreneur ou gestionnaire de projet (il faudrait bosser pour lui pour le savoir). Par contre en temps que scénariste / auteur, son talent n’est pas la hauteur de son discours et de son égo : il écrit mal, il prétend faire du "film d’auteur" mais il est bouffé par des références de série B et une incapacité radicale à ancrer ses scénarios dans le "réel". Il est moins bon que ses références, pourtant déjà pas folichonnes (quitte à pomper Fincher, il pourrait plutôt s’inspirer de Zodiac que de Seven...).

    Un seul exemple évocateur (mais il y en a plein d’autres) : ses scènes de sexe. Ils nous gonfle sans cesse avec ça, comme si c’était un geste plein d’audace mais elles sont toutes ratées, dans tous ses jeux. D’abord parce qu’il ne conçoit le sexe que comme cathartique, ce n’est pas une pulsion érotique mais un artifice de scénario (les personnages sont tellement fragiles psychologiquement et malmenés physiquement que paf, ils couchent ensemble). Ensuite parce qu’elles sont mises en scène avec les pieds, ou plutôt comme un téléfilm érotique M6. Enfin parce qu’elles sont totalement déconnectées de tout enjeu émotionnel et sortent de nulle part : la journaliste et ethan se connaissent à peine, le scénario n’a rien développé entre eux (pas d’alchimie, pas de dialogue...) , ils n’ont d’ailleurs quasiment pas de personnalité et ethan est à l’article de la mort mais d’un seul coup ils couchent ensemble de manière totalement gratuite.
    Soit c’est du domaine de la pulsion physique, impromptue, et le jeu-vidéo échoue totalement à faire ressentir ça (limitation de la technique je pense). Soit c’est l’aboutissement d’une relation, mais alors il faut qu’il se passe quelque chose "émotionnellement" entre les personnages. C’était déjà ridicule dans Farenheit. J’ai envie de dire, il y a quasiment plus de tension sexuelle entre le prince et la princesse du dernier Prince of Persia ou entre George et Niko dans Baphomet qu’entre les personnages de Cage

    Donc ouais, je suis curieux de voir ce qu’il va faire mais il gagnerait à s’entourer de personnes qui savent écrire...les trailers de son prochain jeu avec des ninjas aux yeux blancs ne sont pas rassurants. Si il croit sérieusement que les termites de l’espace et l’ésotérisme sont ce que les joueurs ont préféré de ses deux derniers jeux, alors il est encore moins lucide que ce qu’on pense ^^

  • Zbleurg Le 24 octobre 2012 à 15:29

    C’est marrant cet argument, tu dis que c’est absurde et gratuit, sauf que si ils ont couché ensemble c’est parce que tu l’as décidé, alors assume !
    Moi ce n’est pas arrivé dans ma partie, je me suis mis à la place d’Ethan et j’en avais simplement pas envie, donc je n’ai rien fait, et je n’ai même pas rechargé la partie pour voir la scène de cul.
    L’intitulé c’est "que feriez vous... ", l’idée c’est de faire ses propres choix et de les assumer, sinon on passe complétement à côté du jeu.
    Et c’est la première fois que je me prête au jeu comme ca, d’habitude je suis un maniaque de la touche F9.

    Et Cage n’a jamais prétendu faire du film d’auteur et heureusement, il dis simplement faire un thriller, et le thriller c’est quand même un genre très référencé et très représenté par de la série B.
    Par contre je trouve ca absurde de prétendre vouloir faire dans l’émotion, en prenant un genre qui est synonyme de pop corn et de rire sarcastique, il y’a forcément une distanciation qui se crée. Et plus encore, je trouve ca débile de penser qu’on puisse créer une véritable empathie en multipliant des personnages joueurs sans vrai backgrounds.
    Mais ca apparemment il l’a bien compris et il fait l’exact opposé avec Beyond, et j’ai vraiment hâte de voir le résultat.

  • Simon JB Le 24 octobre 2012 à 16:57

    Ton argument est vraiment spécieux pour le coup :

    1) de mémoire, je n’ai pas l’impression d’avoir décidé consciemment quoi que ce soit ; j’ai laissé la scène se jouer en faisant machinalement les gestes qu’il fallait avec la manette, en bon "spectateur interactif".

    2) mettons que j’aie choisi spécifiquement dans ce cas de déclencher la scène en question. Je n’ai pas de problème à "assumer ce choix". Par contre je n’ai pas à "assumer" la décision de Cage de placer cette scène ici, et de la mettre en scène de cette façon. Laisser le choix au joueur ne dispense pas de réfléchir à la cohérence de son intrigue et surtout à mettre en scène correctement les résultats...

  • Simon JB Le 24 octobre 2012 à 17:00

    3) dans farenheit la scène n’est pas "évitable" (il me semble) et toute aussi nulle.

  • arch Le 24 octobre 2012 à 21:45

    on n’a pas fini de rouspéter dans ce foutu pays ! en tout cas, je vois que merlantfrit commence à assumer pleinement son blaze et entame sa crise d’ado en devenant (cyber)punk accro à la série z. Bienvenus dans notre plus beau cauchemar, soit la pilule mauve dans matrix...

  • Laurent Jardin Le 25 octobre 2012 à 08:55

    "Cage n’a jamais prétendu faire du film d’auteur"

    Pardon, hein, mais il est juste persuadé d’avoir réalisé le Citizen Kane du jeu vidéo avec Heavy Rain (si si, il l’a dit).

  • Bengali Le 25 octobre 2012 à 10:45

    "Et puis tout ce délire "architecte = bobo capitaliste", c’est sympa pour les architectes. Faudrait me faire la liste des professions autorisées pour les gens de gauche. "
    Sans faire de politique (ni de sophisme hâtif)... Il n’y a jamais eu de rapport d’égalité dans aucune déclaration (le signe = induit une conclusion générale, genre tous les architectes sont des bobos). Donc, je ne comprends pas la phrase et n’imagine même pas sa raison d’être.
    Pourquoi parles-tu des gens de gauche ? bobo, cela ne veut pas dire être de droite. Bah.

    Farhenheit, 2005


    Dans l’appartement de Carla, il y a un poster de Citizen Kane.
    A la place de Kane, il y a Cage, David Cage.

    Bakchich.info :
    "Pour sa troisième production nommée « Heavy Rain », l’ambition affichée par le studio français Quantic Dream et son leader créatif, David Cage est justement d’offrir au jeu vidéo son "Citizen Kane""

    Interview de Cage pour Gamasutra :
    "We are at a stage in the industry where we can stop making the attack on the train or the attack on the bank ; we can move to something more subtle now. We should create our own Metropolis and our own Citizen Kane, probably."
    Alors quand je lis ça, et que je repense au scénario de Heavy Rain, je ne trouve toujours pas la subtilité. Bon, je comprends la différence entre une attaque de train et une descente aux enfers stéréotypée, mais je suis navré par l’idée que la descente soit bien traitée.

  • Zbleurg Le 25 octobre 2012 à 11:50

    Parce que "We should create..." ca veux dire "j’ai crée" maintenant ?

    Déjà quand on en est réduit à faire de l’ad hominem pour critiquer un jeu ca ne m’intéresse plus, ca me fait tout juste pitié, mais alors si en plus pour ca on en viens à déformer ou inventer des déclarations on tombe carrément dans la connerie pure.

  • Martin Lefebvre Le 25 octobre 2012 à 12:39

    Zbleurg, je pense que la discussion a fini son cours, non ? On va arrêter avant que volent les insultes ("connerie pure").

    Sinon pour poursuivre la réflexion,il y a le papier de Sopalin concernant l’état de l’industrie en France, et des gens très sympathiques dans les commentaires. :/

  • Hell Pé Le 25 octobre 2012 à 14:28

    « Pardon, hein, mais il est juste persuadé d’avoir réalisé le Citizen Kane du jeu vidéo avec Heavy Rain (si si, il l’a dit). »

    Avec Google, je n’arrive pas à trouver une citation de Cage affirmant cela. As-tu une source à me donner ?

  • Martin Lefebvre Le 25 octobre 2012 à 14:53

    Je ne pense pas qu’il ait dit cela tel quel.

  • Laurent Jardin Le 25 octobre 2012 à 14:59

    De mémoire il l’a dit dans le Joypad qui était consacré à sa gloire, mais forcément tu ne trouveras pas ça sur Google.

  • Martin Lefebvre Le 25 octobre 2012 à 15:35

    De toutes façons je pense qu’on va avoir du mal à croire que David Cage est un modeste artisan, conscient de ses limites, qui sait qu’il s’inscrit dans une longue tradition, et qui se rend compte des défauts de son écriture.

  • Michael Mils Le 27 octobre 2012 à 13:33

    La preuve que Heavy Rain ce sont des émotions doublées d’une grande réussite artistique, c’est que je viens d’entendre la musique du jeu dans un reportage de Confessions Intimes, sur une femme qui trouvait qu’elle avait 10 kilos de trop.

  • Frederic Bautista Le 23 juin 2013 à 14:05

    Mais comment osez vous ne pas être du même avis qu’un membre eminent du poulpe élu ?!
    Vous savez que ça peut vous couter tres cher en France...

    Calomnie, discrédit et diffamation entérinée par tout l’establishment sont à craindre...
    Un petit peu de soumission pour ce pauvre poulpe qui à tant souffert ! Que diable !

    Toute ironie mise à part, bravo et merci.

    Des articles comme celui-ci, s’ils ne pourront jamais réparer le mal ce que cette pourriture et ses amis ont pu causer autour de moi, ils rendent néanmoins la torture un peu plus supportable.

    Vivement le jour où l’on reviendra en république...

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