Fonds marins

Les bonnes femmes

Cruchasses, les héroïnes de jeu vidéo ? C’est malheureusement souvent le cas. Qu’elles soient jeunes filles sages, princesses évanouies ou bimbos porteuses de boobs surdimensionnés, les personnages féminins reflètent plus habituellement les fantasmes masculins d’un joueur — tel que l’imaginent les services marketings — qu’une vision positive de la féminité. Femmes-objets, femmes repos du guerrier, pestes mal lunées, séductrices ravageuses hantent les mondes vidéoludiques. Et pourtant, à l’encontre des clichés, il y a des héroïnes dont les créateurs n’ont pas oublié l’humanité. Portraits, sans doute subjectifs, de femmes vidéoludiques dont on aimerait plus souvent croiser les semblables.

Toutes ne sont pas très originales, ni à quelques exceptions près fort réalistes. Elles sont souvent plus belles que la moyenne. Mais le jeu vidéo nous entraîne souvent dans un monde idéal, qui abolit les contraintes. L’important n’est pas que les femmes soient parfaitement écrites ou développées : il s’agit juste de montrer que les héroïnes ne se réduisent pas à des objets mais peuvent être à égalité avec les hommes.

Aveline Vallen (Dragon Age II)

La géante rousse, engoncée dans son armure lourde, aurait pu n’être qu’un exemple de plus de la vierge de fer ou de la camionneuse. Aveline joue un rôle généralement réservé aux hommes : elle est le tank du groupe, la dure à cuire qui prend les coups pour les autres. Inversion complète des clichés, c’est un homme, Anders, qui joue les soigneurs.

Mais le scénariste vétéran Lukas Kristjanson, chez Bioware depuis Baldur’s Gate, n’a pas oublié de donner épaisseur humaine à son personnage. Sous l’armure, Aveline est un être complexe, partagé entre timidité et fierté. Aveline est une femme qui fait carrière, elle devient une très respectée capitaine des gardes. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un cœur, encore une fois a contrario des executive women clichés : indifférente au héros, malgré tous les efforts du joueur, elle tombe amoureuse d’un de ses subordonnés, ce qui donne lieu à une série de quêtes et d’imbroglios proprement hilarants. Protectrice avec l’adolescente gothique Merrill, elle passe son temps à se disputer avec Isabela, pirate un rien bitchy, avant que les deux fortes femmes se trouvent des points communs : malgré leur manière différente de vivre leur féminité, toutes deux ont roulé leur bosse et ne sont pas du genre à se laisser faire. [1]

Consoeur : Veronica Santangelo (Fallout New Vegas). Membre de la confrérie de l’acier, la jeune lesbienne tranquille en armure lourde, incarnée par Felicia Day, assomme les clichés à coups de power gauntlet.

Rosangela et Lauren Blackwell (Blackwell)

Jeune journaliste complexée, Rosa Blackwell n’avait rien pour devenir une héroïne, si ce n’est qu’elle a hérité des pouvoirs médiumniques de sa tante Lauren : vivotant de piges, un rien aigrie, c’est une jeune intellectuelle qui peine à sortir de ses années d’étudiante et à se faire une place dans le monde adulte. Et la voici qui se retrouve à vivre en compagnie de Joey, fantôme un rien vieux jeu qui lui apprend sa mission : sauver les âmes en péril.

Si le New York au réalisme magique que nous décrit Dave Gilbert nous enchante tellement malgré les moyens limités dont il dispose, c’est bien grâce à l’humanité de son héroïne, aussi égoïste qu’attachante.

Et que dire de Lauren, que l’on incarne lors du second volet de la série ? Fumeuse invétérée et déprimée, accablée sous le poids d’une responsabilité, elle est peut-être une des plus belles héroïnes tragiques du jeu vidéo.

Consoeurs : Ce n’est pas un secret, beaucoup de femmes jouent aux jeux d’aventure. Aussi les héroïnes se multiplient, de la journaliste Laura Bow (The Colonel’s Bequest, de Roberta Williams, sorti en 1989) à la Sam de Gray Matter (écrit par Jane Jensen) en passant par April Ryan de The Longest Journey.

Elena Fischer (Uncharted)

Qui est l’objet d’Uncharted ? Sûrement pas Elena en tout cas. Belle blonde sportive, journaliste de surcroît, elle aurait pu coller aux clichés de la sidekick pénible, comme on en voit tant dans les films d’action dont la série s’inspire largement. Mais Amy Henning saute agilement au dessus de l’écueil. Aussi capable et plus posée que Drake, débrouillarde en diable, Elena est une héroïne dont nous avons déjà dit beaucoup de bien.

Il faut nous faire une raison, Uncharted est un jeu où seul l’homme peut tenir lieu d’objet. Après tout, même un homme hétérosexuel doit l’admettre : Nathan Drake porte plutôt bien le jean moulant.

Consoeurs : Beaucoup se sont essayés à imiter la formule Uncharted, souvent sans grand succès. On aimerait bien citer Trip d’Enslaved : Odyssey to the West, placée en dominatrice du héros, mais le jeu de Ninja Theory ne fait pas grand chose du dispositif. Par contre, on peut rapprocher Elena de la Jade de Beyond Good & Evil, qui cumule vie de famille (elle élève des orphelins) et vie professionnelle (elle est journaliste).

Chie Satonaka (Persona 4)

Chie, avec son haut de jogging, sa coupe au bol et sa passion pour le kung-fu, est le parfait garçon manqué. On pourrait crier au cliché, mais Persona 4 aborde l’adolescence avec une étonnante sensibilité, et le chef-d’œuvre d’Atlus ne manque pas de questionner les genres. Normal chez des lycéens qui sont en train de se créer leur personnalité et qui s’interrogent sur leur sexualité. Chie est une femme hétérosexuelle qui aime les activités de mec, de même que Kanji, le petit dur se découvre homosexuel, ou que Naoto est une femme travestie en homme. Où est le problème ?

On se demande tout de même encore comment la même équipe a pu pondre le très discutable Catherine, où de jeunes beaufs discutent sur les femmes avec pour seule alternative la maman ou la putain.

Consoeurs : le garçon manqué est un des archétypes du shonen, aussi les candidates sont nombreuses. Aika (Skies of Arcadia) est aussi hardie et enjouée que son alter-ego Vyse. la seule différence est qu’elle porte une jupe.

The Boss (MGS 3)

Hideo Kojima est un malin. Depuis Metal Gear Solid 2, où il l’avait remplacé par le beau Raiden, il n’a cessé de faire vivre toutes sortes d’avanies au badass Solid Snake. Dans Metal Gear Solid 3, Snake, dont le voyeurisme est manipulé par l’allumeuse EVA au décolleté interactif, se fait surtout voler la vedette par sa mère spirituelle, The Boss. Le guerrier ultime est une femme. Quand elle nous montre sa poitrine, c’est pour nous dévoiler ses blessures de guerre.

Tandis que Snake rampe dans la gadoue, The Boss prend une figure mythique, rédemptrice. Certes, il y a un peu chez elle de la mater dolorosa, mais c’est elle-même qui décide de monter sur la croix.

Le superbe combat final, aussi âpre que poétique, en fait une des plus mémorables ennemies du jeu vidéo.

Consoeurs : « There can be only one boss ».

Bayonetta (Bayonetta)

La sexuelle bombe à lunettes pourrait n’être qu’un pot-pourri de fantasmes, une incarnation du male gaze : sorcière en cosplay de secrétaire, ou l’inverse. Sauf qu’il y a des féministes [2] pour se reconnaître dans Bayonetta. Et pourquoi pas ? Un mot déplacé, et elle est du genre à vous envoyer au ciel à coups de talons-hauts-revolvers. Bayonetta, c’est l’histoire d’une fille indépendante, sexy, qui tatane les anges et le patriarcat à grands coups de latte, une sorcière pas du genre à se laisser brûler vive ou à cuisiner des bons petits plats pour son idiot de mari.

Consoeurs : girls can kick ass too, à l’instar de Rubi Malone, la chasseuse de prime de Wet.

Lightning (Final Fantasy XIII)

Avec son physique androgyne à la Bowie, Lightning est une meneuse aussi incontestable qu’incontestée. Fine, nerveuse, aérienne et sèche, elle est la danseuse étoile d’un jeu aux combats superbement chorégraphiés.

Voyez comment elle renvoie dans les cordes à longueur de jeu ce balourd de Snow, le stupide petit ami de sa sœur. Dans Final Fantasy XIII, la place des genres est assurément bousculée : Sazh est un papa poule, et la relation entre Fang et Vanille est aussi ambiguë que riche [3] : simples amies, ou couple lesbien avec une butch et sa compagne plus féminine ?

Consoeurs : On a beaucoup critiqué, à tort comme à raison, les derniers Final Fantasy, mais il faut avouer que la série phare de Square a désormais adopté une esthétique pop originale, et surtout revu la place des femmes. Doit-on réellement regretter la gentille magicienne Terra (Final Fantasy VI) ou la poitrine de Tifa Lockhart (Final Fantasy VII) ? De quoi sont vraiment nostalgiques les geeks qui critiquent le très girl power Final Fantasy X-II ? Il faut se rendre à l’évidence, outre Lightning, Yuna (Final Fantasy X) ou Ashe (Final Fantasy XII) sont sans conteste les stars des derniers épisodes.

Chell (Portal)

Chell est une femme : le jeu nous l’apprend rapidement en plaçant un miroir dans la première pièce, et puis voilà. Pour ce qu’on en sait, Chell est mère de famille, latina, sportive mais pas spécialement jolie [4], on la soupçonne d’être technicienne. C’est une femme et tout le monde s’en fiche, elle a le droit à l’indifférence. Ce n’est pas plus mal. Contrairement à Samus Aran (Metroid), elle n’a même pas besoin de se mettre en petite culotte à la fin du jeu pour faire plaisir au joueur. [5]

Consoeurs : Hydrophobia n’est sans doute pas le jeu du siècle, mais Kate Wilson est un personnage intéressant : une nana technicienne, courageuses, et que personne ne remet en cause. Dans le genre héroïne de FPS, Cate Archer (No One Live for Ever) mérite aussi d’être citée, d’autant que la jeune femme s’emploie avec flegme à réfuter les préjugés et le sexisme de ses collègues agents secrets.

Ulala (Space Channel 5)

Ulala a des couettes roses, une mini-jupe et des talons compensés ? Et alors ? Ulala est une journaliste, et elle danse aussi bien que Mickael Jackson. Pas besoin de se déguiser en homme pour assurer : on peut aussi bien affirmer son égalité à travers un déguisement ultra-femme, et merde au patriarcat. Bien entendu, en réalité, personne ne parviendrait à danser avec ces talons. Mais Ulala vit dans l’espace, en apesanteur dans un univers où les couleurs pétantes n’ont rien de stigmatisant. Et son groove sauve la galaxie. C’est pas David Pujadas qui pourrait la remplacer.

Consoeur : Même Beyoncé n’arrive pas à la cheville d’Ulala.

Vous

Je me souviens d’un moment qui m’avait particulièrement froissé dans Guild Wars 2. Je jouais une géante blonde qui traînait son épée à deux mains dans les coins les plus improbables, une tank en armure complète. Rien de bien original, mais une costaude, que j’aimais bien avec son air froid et sa mise simple de combattante. Et puis d’un coup, voilà que le jeu me récompense en m’offrant… une armure ajourée, avec une mini-jupe de mailles. Comment dire… J’aurais aimé refuser, j’aurais sans doute dû le faire (j’ai fini par trouver quelque chose de plus convenable pour le personnage), mais sur le coup j’ai laissé les chiffres me guider. Et encore, il y a pire, les élémentalistes femmes héritent d’une robe tellement ajourée qu’on oserait à peine la porter en soirée, alors dans un donjon je ne vous raconte pas.

Peut-être que c’est au joueur, dans les jeux en ligne notamment, d’incarner des femmes positives. Que les mecs laissent tranquilles les femmes, évidemment, qu’ils ne laissent pas tranquilles les lourds, mais aussi plus simplement, quand il s’agit d’enfiler une tenue de guerrière ou de magicienne, qu’ils montrent qu’ils peuvent se rêver dans la peau d’une nana sans jouer les allumeuses ou les emmerdeuses, mais avec naturel. C’est à vous, c’est à nous de créer les personnages féminins que nous voudrions voir : hors des clichés, que ce soit dans le physique ou l’attitude.

Notes

[1] Lire aussi sur Rockpapershotgun cet entretien avec David Gaider de Bioware, qui aborde le thème du sexisme et les relations entre Aveline et Isabela.

[2] Comme Marion Coville, qui analyse le personnage dans le n°4 des Cahiers du jeu vidéo, consacré au Girl Power !

[3] Surtout quand on sait, comme le rappelaient Anthony Jauneaud et Tony Fortin dans le n°4 des Cahiers du jeu vidéo, qu’au départ Fang devait être un homme

[4] Du moins dans le premier épisode, elle a été assez largement embellie à l’occasion du second volet

[5] Nous rassurons les fans : on aime bien Samus malgré tout.

Il y a 16 Messages de forum pour "Les bonnes femmes"
  • Striwx Le 28 mars 2013 à 16:06

    Le personnage de Faith dans Mirror’s edge est aussi pas mal intéressant. Elle a un physique de sportive tout à fait normal et elle est indépendante. C’est elle qui prends la plupart de toutes les décisions et elle est plus forte que les policiers/militaires dans les combats au corps à corps (et à distance aussi).

  • Martin Lefebvre Le 28 mars 2013 à 16:15

    C’est vrai, on m’avait suggéré Faith et j’ai oublié de la placer. Je n’ai pas un goût immodéré pour Mirror’s Edge, il faut dire.

    La liste est bien entendu subjective et incomplète. Je suis certain que j’ai oublié plein d’exemples. :)

  • Jukhurpa Le 28 mars 2013 à 16:32

    @Striwx : oui mais ils n’ont pas pu s’empêcher de lui coller un coordinateur masculin qui la guide par radio, au final il y a de nombreux passages où elle n’est qu’un pantin se contentant de suivre les indications de Mercury.

  • Ramya Le 28 mars 2013 à 17:46

    J’aime bien cette liste qui a le mérite de montrer un panel de personnages féminins très varié et qui ne se limite pas à énumérer des archétypes de femme forte/virilisée.
    Ça touche à tous les aspects de ce que peut être une femme, physiquement et psychologiquement, montrant ainsi que l’écriture d’un personnage fait beaucoup (merci d’avoir cité, à juste exemple, Chie de "Persona 4").

  • Le 29 mars 2013 à 03:41

    Je suis toujours très troublé par les problèmes de structure de raisonnement.

    Par exemple, il est difficile de commencer un texte en disant que les héroïnes sont souvent cruchasses pour ensuite parler de jeunes filles sages. La sagesse et la tranquillité ne sont pas l’apanage des cruches.

    Ce n’est pas pour chercher la petite bête mais il y a un monde (en termes d’écriture) entre un stéréotype et un archétype. Et un stéréotype n’est pas sexiste pour autant. Il faut identifier ce sur quoi il porte.

    Enfin, si "la liste est bien entendu subjective et incomplète", que tu "as oublié plein d’exemples", j’aimerais savoir ce qui te permet de dire que les héroïnes sont souvent des cruchasses ? C’est dommage qu’il n’y ait personne de sérieux pour se pencher sur le dossier du sexisme et relever les centaines d’héroïnes plutôt cools et ce dans tous les genres : de la plateforme au survival horror en passant par le beat them all ou le rpg. On a besoin de gens qui vont contre les idées reçues, pas de moutons. Il y en a suffisamment.

    Faut dire que ça ne cadrerait pas avec le stéréotype du moment : "le jeu vidéo est patriarcal". On trouverait peut-être qu’un univers socio-professionnel à dominante masculine n’aboutit pas obligatoirement à une chosification de la femme. Et le féminisme vidéoludique retomberait comme un soufflée, sur sa base victimaire. A ce moment là, on pourrait parler intelligemment de l’apport des femmes au jeu, des déséquilibres actuels et de leur montée en puissance depuis 15 ans.

    ps : puis-je souligner que la qualification "Belle blonde sportive, journaliste de surcroît" serait considérée, à tout le moins, comme patriarcale et condescendante ?

  • Zali L. Falcam Le 29 mars 2013 à 09:10

    J’ai lu "Veronica Santangelo" et une seconde plus tard, je devais lutter contre une envie terrifiante de réinstaller Fallout NVG et de me le refaire en entier pendant cent heures.

  • twYnn Le 29 mars 2013 à 10:00

    Je vous trouve un poil injuste envers Metroid, ça fait longtemps qu’elle n’a pas "montré sa culotte" et à en croire les deux protagonistes du dernier de la série, soit other m, à part le coup du "baby’s crying" qui se serait appliqué quel que soit le héros d’ailleurs, la série n’a pas grand chose en commun avec le sexisme ambiant... Si y’a bien une héroïne Nintendo qu’il ne fallait pas enfoncer c’était celle-ci...

  • Agidyne Le 29 mars 2013 à 14:26

    Je ne suis pas d’accord avec la remarque sur Catherine.

    Le jeu s’apparente à un piège pour le héro, il est tiraillé entre deux extrèmes, la maman et la putain comme vous l’écrivez. Ces deux femmes représentent le choix entre vie de famille rangée et célibat déluré. Vincent souhaitant être en couple sans pour autant fondé une famille toute de suite (la voie médiane), un personnage féminin moins extrème (je ne dirais pas plus réaliste car les deux C/Katherine ne sont pas foncièrement irréalistes), aurait été le choix évident pour le héro et donc pour beaucoup de joueurs influencés par les pensés du héro. De ce fait, le piège s’en serait trouvé complètement désamorcé.

    Les personnages féminins de Catherine ne sont pas des archétypes idiots présents pour aguicher le joueur ou par facilité. Ils sont cohérents avec le contenu du jeu, leur extremisme rendant le choix plus difficile et mettant la pression sur le joueur. Atlus a, dans ce jeu aussi, plutôt finement construit ses personnages féminins de mon point de vue.

  • Martin Lefebvre Le 29 mars 2013 à 19:19

    @anonyme : "Et le féminisme vidéoludique retomberait comme un soufflée, sur sa base victimaire" : GTFO.

    @Agidyne : j’avoue que je n’ai pas joué longtemps à Catherine parce que le gameplay n’est pas mon truc, mais j’ai vraiment été atterré par les dialogues et le scénar, alors que je suis assez fan d’Atlus.

    Je veux bien admettre que le jeu fasse la satire du héros qui ne sait pas comment se décider, mais je trouve ça très maladroitement mené, et la vision des femmes me paraît digne d’un T-shirt "dix raisons de préférer une bière à une femme". En bref, la satire n’a pas fonctionné du tout parce que tout est caricatural et mal raconté selon moi.

    Le papier d’Annabelle, qui est plus sympa que moi avec le jeu d’ailleurs, explique bien ce qui cloche dans la manière dont les femmes sont représentées : http://merlanfrit.net/Catherine-Vincent

  • BigDaddy Le 29 mars 2013 à 23:02

    Deux mots suffisent à illustrer cet article : The Boss.
    La seule femme virtuelle pour laquelle je me suis lié émotionnellement. Une expérience particulièrement étrange mais qui ne s’est jamais vraiment renouvelée depuis (hormis peut être avec certaines personnages de la série Mass Effect mais l’interaction n’avait pas la même portée psychologique).

  • Poppy Le 30 mars 2013 à 19:07

    Attention tout de même à ne pas finir par limiter les bons personnages féminins à ces personnages positifs qui seraient à la hauteur de leurs collègues masculins. Ce serait une erreur.
    Je pense très fort à Cheryl de Silent Hill Shattered Memories qui n’a pas eu besoin d’être traitée comme égale aux hommes pour être un des meilleurs personnages féminins du JV.

  • BlackLabel Le 30 mars 2013 à 21:47

    Parmi les personnages de cette liste des jeux auxquels j’ai joué, je ne vois aucune femme digne d’être citée, personnellement. Elena par exemple, ce serait un mec on ne verrait pas la différence, son écriture est totalement neutre et lisse. Elle pourrait être l’héroïne qui fait des blagues, et Drake le journaliste moralisateur, ça ne changerait rien.

  • Harold Jouannet Le 31 mars 2013 à 14:52

    Je vois mal Drake dire que porter une alliance, ça lui facilite la vie au Yemen, tout de même...

  • allegretto Le 2 avril 2013 à 14:10

    Très bel article !! Même si de temps à autres un décolletée ne fait pas de mal, ça reste réducteur de ce que peuvent-être les femmes dans les jeux vidéos.

  • Pierre Corbinais Le 7 avril 2013 à 22:25

    Difficile de lire un article pareil sans avoir envie de rajouter le personnage que l’on a au fond de sa tête. Alors je craque : Ravel, de Planescape Torment.

    Tu écris à propos de Metal Gear « There can be only one boss », mais Ravel en est une autre, percutante aussi dans son genre.
    "Ravel", c’est d’abord juste un nom. La première partie de Planescape Torment, si ce n’est les deux tiers, on la passera à la rechercher...à moins que ce soit elle qui nous recherche, on ne sait pas vraiment. En tout cas, elle est là, elle nous hante, et pourtant, on ne sait rien d’elle. Les échos qui nous proviennent d’elles sont tous différents. Une seule chose est sûre : elle est puissante, très puissante.

    Et puis on finit par la rencontrer.
    Ravel est une vieille sorcière, moche, grosse, au visage qu’on imagine difforme. Elle a une voix terrible, qui râcle, qui grince, elle a tout pour inspirer le dégoût.
    Et pourtant, on le sait, on le comprend : on l’a aimé. Ou elle nous a aimé et on s’est laissé faire. On découvre sa rancœur, sa jalousie, sa puissance hors du commun, mais aussi, en jouant bien : ses faiblesses. Et là, quelque chose se passe. On se prend tout d’un coup à éprouver une infinie tendresse envers Ravel, de l’amour presque. Parce qu’elle nous connaît mieux que n’importe lequel de nos compagnons, et que notre quête est justement celle de notre connaissance, elle nous apparait plus attachante que n’importe lequel d’entre eux.

    ...
    Et puis on doit la confronter.
    Planescape Torment a beau être mon jeu favori, il se serait terminé à ce moment précis je n’aurais pas trouvé ça plus mal.

    En tout cas voilà, Ravel quoi.

  • KotL Le 8 avril 2013 à 20:18

    Maintenant que j’y repense, j’ajouterai Kainé (Nier, ps3/360) à la liste.

    Très court vêtue (ça par contre je sais pas bien pourquoi, à part pour attirer l’oeil du jeune mâle blanc cis-hétéro), grande gueule, voire insultante envers les autres protagonistes, elle préfère dormir en dehors des villes qu’on visite, donc à l’écart du héros, mais réapprend à faire confiance au cours de l’aventure, voire à aimer.

    En gros pour résumer, elle s’est crée une carapace parce qu’elle a été rejetée toute son enfance, les villageois la traitant de monstre et la violentant à chaque occasion, probablement parce qu’elle cache un petit zizi dans sa culotte (l’histoire n’est pas totalement claire, cette explication vient d’un texte annexe au jeu si je ne m’abuse). Elle vivait avec sa grand-mère, vieille femme forte habitant à l’extérieur du village, avant que celle-ci ne meure attaquée par un monstre (véritable celui-ci).

    Je ne me rappelle plus les tenants ni les aboutissants de son histoire, mais l’évolution du personnage durant le jeu est vraiment bien amenée, petit à petit elle tombe amoureuse du héros (enfin c’est ce que j’ai cru comprendre) d’une façon qui m’a semblé assez naturelle, c’est à dire à force de le côtoyer, de partager des expériences avec le groupe, un peu comme un amour de bureau en gros. Une tendresse qui se crée par la présence, alors que Papa Nier veut juste sauver sa fille, il n’a pas le temps pour rouler des galoches, et ne se rend compte du rapprochement qu’à la fin du jeu.

    Le second personnage du groupe, Emil, est d’ailleurs probablement homosexuel et lui aussi attiré par Nier.

    Mince, j’ai les larmes aux yeux en repensant à ce jeu maintenant...

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