La criée

Fez

IGF 2012 : la controverse

Phil Fish, le créateur de Fez, qui vient juste de remporter à San Francisco le Grand Prix du dernier Indie Game Festival (IGF), est assurément un personnage haut en couleurs. Non content de partager avec Jonathan Blow (Braid) et Edmund McMillen (Super Meat Boy) la tête d’affiche du documentaire Indie Game : the Movie, Fish a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines, d’abord en balançant un avis péremptoire à propos du jeu japonais contemporain ("your games suck") à la prestigieuse Game Developers Conference (GDC), puis en jouant au plus crétin sur Twitter face aux réactions d’indignation — certes un peu surjouées — d’une partie des internautes (voir le long débat sur Neogaf). Tout cela n’est pas bien grave, et après tout on ne demande pas aux créateurs d’être de parfaits gentlemen. Ce qui est plus gênant, et ce que la polémique autour du personnage vient opportunément voiler, c’est le processus qui a permis la victoire de Fez. Car sous les déclarations d’amour à la créativité, c’est la structure même de l’IGF qui pose problème.

Déjà présenté et primé pour son visuel en 2008, Fez, qui devrait sortir cette année sur le XBLA, a connu un développement long et tortueux. A n’en pas douter, en quatre ans, le jeu a évolué. Est-ce suffisant pour justifier sa réinscription à la prestigieuse compétition ? Comme le rapporte Brendan Caldwell dans un long article pour Rockpapershotgun, Phil Fish a lui-même avoué que la manœuvre manquait d’élégance ("I get that it’s a dick move but…"), mais il se rassure en expliquant que son jeu, pour lequel il s’est endetté, a besoin du maximum d’attention possible. D’ailleurs, le développeur a demandé l’avis de son grand ami Brandon Boyer, responsable de l’IGF, qui n’a pas fait la moindre objection [1]. On eût été surpris du contraire, mais la situation fleure bon le népotisme, d’autant que ce n’est pas la première fois que le processus d’attribution des prix suscite la suspicion.

« Un spectacle pour la presse »

En 2010 déjà, la game-designer Anna Anthropy (qui vient de sortir Dys4ia, dont le camarade Pierrec pense le plus grand bien), alors membre du jury, s’inquiétait sur son blog de l’organisation de l’IGF, accusant la compétition de se contenter d’être "un spectacle pour la presse". Elle reprochait notamment l’attribution aux jurés de jeux tirés au hasard, l’impossibilité de noter les jeux sans voir les avis de ses congénères, ce qui tend à homogénéiser les votes (en faveur du jeu de plateforme arty du moment), et surtout la catégorisation des prix, qui privilégie la forme sur la substance. Gardienne autoproclamée d’une certaine vision punk du jeu indépendant, si elle reconnaissait de la part des organisateurs quelques efforts, elle concluait que l’IGF cherchait surtout à promouvoir les jeux indépendants les plus accessibles, dans l’espoir d’obtenir l’attention de la presse et de rendre le jeu indépendant dans son ensemble plus populaire. Pourtant, objectait Anthropy, les jeux récompensés, quelles que soient leurs qualités propres, n’ont généralement pas besoin de la publicité qui leur est faite : les journalistes n’auront retenu de l’IGF 2010 que Super Meat Boy ou Limbo, qui n’avaient rien de découvertes… C’est bien ce qui se passe en France, où les publications aussi bien spécialisées que généralistes s’étonnent certes du retour de Fez au palmarès, sans pour autant remettre en cause la célébration du jeu indépendant.

Certes, les organisateurs semblent avoir pris en compte une partie des critiques, et disent chercher en permanence à améliorer la formule. Mais la victoire de Fez — sans présumer des qualités du jeu — n’est guère encourageante. Phil Fish est déjà une star, sans avoir pour le moment sorti le moindre jeu, et il a même récemment signé un contrat d’exclusivité avec Microsoft. Cela est d’autant plus dur à avaler pour certains développeurs indépendants, que les frais d’entrée, de l’ordre de 90 $, n’assurent pas un traitement impartial. Ainsi, le développeur The Rotting Cartridge a-t-il pu constater – et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres — que seulement la moitié des juges impartis ont essayé Kale in Dinoland (un jeu iOS aux graphismes en noir & blanc façon Gameboy), et encore se sont-ils contentés à une exception près d’y jouer quelques minutes. Sur Indierpgs.com, Craig Stern s’inquiète quant à lui du peu de reconnaissance des jeux de rôle, alors que le genre se porte plutôt bien chez les indés. En 2010 déjà, Troy Goodfellow se plaignait déjà de la quasi absence au palmarès des jeux de stratégie. A force, les développeurs finissent par ne plus présenter des titres pourtant méritants, estimant qu’ils n’ont aucune chance de se faire remarquer s’ils ne répondent pas aux canons esthétiques dominants.

Blueberry Garden, Grand Prix 2009, beau, et après ?

Autre sujet de controverse, la présence au palmarès de titres en cours de développement (comme Fez en 2008 ou Monaco qui a reçu le Grand Prix il y a deux ans et n’est toujours pas disponible à ce jour). Forrest Smith résume sur son blog le débat : certes, les jeux indépendants ont besoin de financement et de visibilité, mais à récompenser des titres en gestation, ne risque-t-on pas d’avoir de mauvaises surprises ? Grand Prix en 2009, Blueberry Garden est sorti quelques mois plus tard, mais a été généralement considéré comme une déception, son style flatteur ne suffisant pas à combler son manque d’intérêt ludique. A l’instar de Phil Fish, certains développeurs deviennent des stars du milieu avant d’avoir sorti le moindre jeu indépendant, tels Chris Hecker (un ancien de Maxis), dont le SpyParty ne semble pas près de voir le jour, ce qui ne l’empêche pas d’être de toutes les GDC ou d’apparaître régulièrement dans les colonnes de Gamasutra en tant que porte-parole du jeu vidéo indie. Le tout est d’avoir les bonnes connexions.

Chris Hecker, développeur indé en beta, roi des bons clients

Art & Business

Face à ces reproches, l’IGF se trouve des excuses, sans toujours convaincre. D’abord, les juges sont bénévoles, et il faut bien reconnaître que le succès du festival pose un problème de logistique. Les 150 juges en première ligne avaient à pré-sélectionner les candidats aux prix parmi plus de 500 jeux. Il paraît donc logique que les titres les plus immédiatement accrocheurs soient repérés. Tant pis pour les jeux de stratégie ou de rôle qui auront du mal à attirer l’attention en cinq minutes, tant mieux pour les jeux de plateforme aux graphismes léchés. Mais cela ne tend-il pas à renforcer un effet boule de neige qui favorise les jeux qui ont déjà fait parler d’eux, et à survaloriser les développeurs intégrés au sérail ? Quant à l’argument qui consiste à balayer les accusations de népotisme d’un revers de la main parce que le jeu vidéo indé serait une grande famille où tout le monde se connaît, il ne faudrait pas non plus nous prendre pour des prunes.

D’autant qu’on peut décidément objecter à Brandon Boyer que l’IGF est loin d’être une œuvre de charité. Le festival est la propriété du groupe anglais UBM plc, spécialisé dans les médias et la communication, et qui possède aussi la Game Designer Conference, Gamasutra, le Game Developer Magazine, ainsi que le site de promotions Indie Royal… Autant d’événements et de publications qui font de l’entreprise un incontournable du milieu. Côté en bourse, UBM plc est une entreprise qui affichait en 2010 un chiffre d’affaire de presque 900 millions de £, pour un bénéfice net de 100 millions de £… On a du mal à avaler dans ces circonstances les justifications sur le mode "nous sommes des bénévoles qui agissons de notre mieux pour le bien du jeu vidéo indépendant", d’autant que l’IGF est largement sponsorisé, ne serait-ce que par Microsoft via son XBLA Award.

Certes, on peut considérer qu’UBM plc constitue un acteur indispensable, une précieuse courroie de transmission : Gamasutra et le GD Mag sont des publications de qualité, la GDC est sans aucun doute un événement majeur, permettant aux créateurs de se rencontrer et de s’exprimer. Mais on ne peut s’empêcher d’avoir une certaine réticence à considérer qu’une entreprise aussi fortunée puisse représenter, par le biais de l’IGF, l’éthique indépendante. La position incontournable du groupe a du moins le mérite de calmer les ardeurs critiques. Beaucoup de développeurs préfèrent taire leurs reproches et tout simplement éviter la compétition. Comme l’explique sur Quarter to Three Cliff Harris (Gratuitous Space Battle), candidat malheureux, "aucun développeur indé ne va critiquer ouvertement [l’IGF], parce que vous pouvez être CERTAIN d’être bombardé de mails injurieux d’internautes qui vous accuseraient de jalousie, ou d’être mauvais perdant. […] La plupart des développeurs indés avec qui j’en ai parlé estiment en privé que la compétition est devenue une véritable mascarade depuis plusieurs années"

Limbo, le jeu de plateforme arty par excellence

Le jeu indépendant constitue aujourd’hui un réel marché, aux enjeux financiers loin d’être négligeables. Evidemment, tout le monde pense au succès colossal de Minecraft, qui n’a d’ailleurs pas attendu d’être logiquement primé à l’IGF 2011 pour se vendre par millions. On voit aussi des vétérans de l’industrie comme Tim Schafer se tourner vers le site Kickstarter, initialement pensé pour le financement de projets à petit budget, et récolter sur cette plateforme plus d’un million de dollars en 24 heures, et trois millions en un mois. Des jeux comme Braid, Limbo ou Super Meat Boy se sont très bien vendus tant sur le XBLA que sur Steam, et les successifs Humble Bundle ont récolté des millions. Pour le meilleur ou pour le pire, le temps de l’innocence est passé [2]. L’exposition médiatique que procure l’IGF n’est peut-être pas une condition sine qua non du succès, mais elle assure malgré tout une belle opportunité de se rendre visible. En témoigne le parcours de Gemini Rue, projet étudiant repéré à l’IGF 2010, qui a servi de tête de pont à l’éditeur indépendant Wadjet Eye pour se vendre sur Steam. Les boutiques en ligne n’hésitent d’ailleurs pas à mettre en valeur les titres récompensés à San Francisco. Tant que personne ne gratte sous les apparences, le label IGF se porte bien.

La revanche du DIY

L’IGF est-il en voie d’oscarisation à marche forcée ? Peut-être, mais il n’y a pas à désespérer, car l’esprit du jeu indépendant n’est pas mort. L’IGF Pirate Kart, lancée par Mike Meyer (voir notre entretien, et le dossier consacré à la compilation) a connu un beau succès. Cette compilation regroupant une centaine de développeurs amateurs et plus de 300 micro-jeux a pu s’inscrire à l’IGF 2012, sans être primée, évidemment. Meyer et Anthropy ne sont pas forcément d’accord sur la dimension contestatrice de la cartouche ; le premier joue le jeu de l’IGF avec une dose de subversion, tandis que la seconde semble prête à tout faire péter. Mais l’essentiel n’est pas là. Avec la présentation d’une nouvelle Pirate Kart encore plus riche pour la GDC, c’est l’esprit Do It Yourself (DIY) qui s’invite à la fête. Difficile de savoir s’il faut reconnaître aux organisateurs de la GDC leur ouverture d’esprit en donnant une tribune à Meyer et ses amis, ou si dans la logique très libérale de la récupération perpétuelle de tous les mouvements subversifs, il s’agissait avant tout d’adoucir la contestation en lui offrant un strapontin. Il n’en demeure pas moins que la Pirate Kart propose des expériences loin du jeu de plateforme nostalgique et branché, formaliste et un rien compassé qui passe pour audacieux dans les cercles inclus. On aurait évidemment souhaité, qu’un peu comme à Cannes en 1999, lorsque le jury présidé par David Cronenberg avait primé avec Rosetta un cinéma de marge [3], la Pirate Kart soit distinguée. Vœu pieux tant le résultat était connu d’avance. Malgré tout, grâce à la compilation, un rien de fauve et de sauvage a plané sur le festival.

Braid, prix de l’innovation à l’IGF 2006

L’esprit DIY ne réside pas uniquement chez les amateurs. Bien conscients de la frontière de plus en plus difficile à franchir entre le monde amateur et la viabilité commerciale, plusieurs développeurs essayent de créer des sortes de coopératives afin de favoriser la promotion du jeu indépendant. Ainsi, Cliff Haris a fondé Show Me The Games, tentant de diriger les acheteurs vers les sites des développeurs plutôt que sur des portails qui réclament évidemment un pourcentage. Plus ambitieux, Jonathan Blow et d’autres indépendants ont lancé l’Indie Fund. Si Blow fait incontestablement partie du sérail [4], et si ses principes esthétiques sont parfois discutables, il s’est progressivement distancé de Microsoft qui avait soutenu Braid, mais non sans imposer quelques conditions, comme une exclusivité temporaire sur le XBLA. Figure médiatique du jeu indé, saura-t-il en être un des garants ?

De toutes manières, tant que l’internet sera ouvert, le jeu vidéo indépendant est parti pour durer, avec ou sans l’IGF, avec ou sans la presse. En témoignent des artisans comme Jeff Vogel, qui vit de sa petite entreprise depuis plus de quinze ans ou des illuminés comme Tarn "Toady" Adams qui a tout plaqué pour Dwarf Fortress. On présume qu’ils ne s’inquiètent guère de toute cette agitation et de la starisation de quelques développeurs branchés. Il s’agit surtout de se souvenir que par définition, les marges restent toujours à explorer, et que c’est la curiosité qui doit nous guider, pas le tampon accolé d’autorité au produit de l’année.

Notes

[1] Comme le fait remarquer Gib en commentaires, il semblerait que face à la controverse, les organisateurs aient prévu au moins de décourager le retour en compétition de jeux déjà primés.

[2] S’il a jamais existé... on se souvient qu’Activision avait été lancé à l’origine comme un refuge pour les créateurs qui voulaient se libérer de l’emprise d’Atari... le jeu "indépendant" et ses dérives ne datent pas d’hier

[3] Qu’on n’apprécie pas le dolorisme un peu forcé de l’œuvre des frères Dardenne ne change rien au fait que leur cinéma sorte des attendus du festival.

[4] Dear Esther, un des premiers jeux financés par l’Indie Fund, a d’ailleurs été récompensé pour son visuel lors de l’IGF 2012.

Il y a 11 Messages de forum pour "IGF 2012 : la controverse"
  • Gib Le 14 mars 2012 à 10:33

    Point important oublié dans l’article, les conditions d’entrée à l’IGF changeront à partir de l’année prochaine, et il ne sera plus possible de présenter deux fois la même oeuvre ( mais je retrouve plus la source >_< ).

  • Martin Lefebvre Le 14 mars 2012 à 10:47

    Oui, c’est vrai que les règles changent d’une année sur l’autre.

    Dans l’article de RPS Boyer dit :

    « One of my strongest beliefs is that none of us here at the IGF should act as gate-keepers, rejecting developers as they file in to enter their games, for any reason,” Brandon says. “That said, we would like to see the games coming into the festival being prepared for the festival, just as it operates in other creative fields… we’re making an official stance that finalists of IGF 2012 will be discouraged from re-entering their game in 2013. »

    Est-on passé de "discouraged" à "prevented" devant les protestations ? Le cynique en moi imagine que ça doit être parce qu’aucun des potes de Boyer & co n’a de jeu à re-présenter ? L’an prochain ça va être tout pour Blow (Grand Prix) et Hecker (innovation) ? Journey pour les graphismes s’il n’a jamais concouru, avec l’apparition du prix PSN ? Je pourrais être juge, tiens. ;)

    En tout cas je pense que l’affaire Fez a eu le mérite, au delà du jeu en particulier et de la récompense qu’il a reçue, de rendre visible des problèmes plus généraux.

  • JaunMakenro Le 14 mars 2012 à 12:20

    Tres bon papier !

    Je remarque vous ne pouvez pas vous empêcher de citer Jeff Vogell dans la moitié de vos articles. (ce n’est pas une critique, au contraire)

    Il est clair qu’il y tous un monde entre Fez et DoomRl. Le jeux indé n’est pas unique et indivisible, et heureusement, sinon on se ferais bien chier.

  • Martin Lefebvre Le 14 mars 2012 à 12:45

    Vogel, que j’ai découvert il n’y a pas si longtemps à ma grande honte est tout de même une sorte de figure tutélaire du jeu indé... Il fait son truc dans son coin depuis des années, se considère comme un artisan qui doit gagner sa croûte, ce que je trouve assez sain en fait. Ce n’est évidemment pas le seul, mais il a une bonne bouille, fait de très bons jeux, et ses avis sont souvent intéressants (même s’il s’est planté au moment de l’explosion des jeux indés en ne baissant pas ses prix assez vite imho). D’ailleurs il publie assez souvent des tribunes dans Gamasutra.

    Après je ne suis pas un spécialiste du jeu indé, je joue un peu à tout, donc je n’ai pas une connaissance aussi fine du milieu qu’un Pierrec.

    Concernant DoomRL, il y a tout de même Derek Yu qui vient de faire les tiles graphiques... Yu n’est pas tout à fait du "sérail", TIGsource prend parfois des positions assez critiques, mais c’est tout de même un développeur reconnu, et d’ailleurs Spelunky a été récompensé cette année (alors qu’il est sorti il y a quoi, 4 ans ?).

    Tout n’est évidemment pas noir et blanc, mais l’idée c’est surtout qu’il faut se méfier de l’impression qu’on peut avoir un peu superficiellement et qui consiste à penser que tout le monde est plein de bonne volonté et d’énergie dans le jeu indé.

    Après la question n’est pas de décerner des badges "indier than thou", mais on peut tout de même se demander si toutes choses égales par ailleurs un jeu financé par MS a vraiment sa place dans un festival indé, et si la rupture dont parle Blow (sur lequel j’ai tout de même des doutes...) ne risque pas de se creuser, à quelques exceptions près. Disons qu’il faut surveiller les "porte-étendards" du jeu indé, pour éviter qu’ils confisquent l’étiquette pour eux et leurs petits copains.

  • Lafrite Le 14 mars 2012 à 12:50

    Bel article, en grand naïf je croyais que l’IGF n’était qu’une structure temporaire qui se remettait sur pied chaque année, pas un évènement ’marketé’ par une grosse société.

  • Gib Le 14 mars 2012 à 14:45

    L’IGF est certes financé par une grosse société, mais au final les gens derrière sont bien issus du milieu indé ( Boyer, Schatz.. ). On est loin d’un IGN avec ses pseudos shows sensés viser les indépendants.

    Le plus moche dans l’histoire, c’est le coup de Kale in Dinoland et Testflight, qui a permis de voir précisément le temps passé sur le jeu par chaque juge. Et en effet, c’est moche, à partir du moment où on s’engage dans ce genre d’entreprise, c’est normal de devoir ensuite rendre des comptes, et sauf cas exceptionnel, faire le travail demandé. Ne serait-ce que par respect pour l’IGF lui même, pour ne pas fausser les notations.

    Sur l’affaire Fez, je suis plutôt d’accord avec Fish. Les règles l’autorisaient, c’était il y a quatre ans... C’est comme il le dit un "dick move", mais faut faire avec.

    Certains points sus-cités sont pas très clairs par contre :

    - Fez n’a pas été financé par MS. Il y a quelques mois, Polytron ( parce que Fez ça n’est pas que Fish ) a signé une exclu avec MS pour le sortir sur XBLA ( sans doute exclu d’un an comme Limbo ). Il a du toucher un petit paquet d’argent pour ça, mais c’est arrivé alors que le dvp du jeu était déjà en phase plus que terminale. C’est un financement qui est arrivé tard, et qui a trait à la distribution du jeu, et non la conception, à la différence d’un contrat d’éditeur normal.

    - TIGsource n’est pas le studio/groupe derrière Spelunky. c’est une communauté indé formée certes par Derek Yu, mais à l’écart des productions de Mossmouth ( Yu + Hull qui font Spelunky donc ). Dans la communauté TIGsource, les avis étaient plus que tranchés sur le cas IGF et Phil Fish, et les discussions sacrement houleuses.

    - Le Spelunky en question qui a gagné un award est le remake HD de l’ancien Spelunky qui était gratuit. Qui se raproche plus d’une suite d’ailleurs, tant les rajouts semblent être nombreux.

    Dsle pour les précisions un peu négatives, mais elles me paraissaient nécessaires. L’article sinon est clair, bien complet et donne une vraie vision d’ensemble objective de la situation, congrats.C’est la meilleure chose que j’ai lu en français sur "l’affaire" IGF.

  • Martin Lefebvre Le 14 mars 2012 à 15:05

    Oh je n’ai jamais dit que Spelunky = TIGsource, mais les liens de famille sont évidents. :).

    Quand on y réfléchit, on se retrouve tout de même avec deux remakes primés (si l’on ajoute Dear Esther), qui ont été de près ou de loin produits par des gens tout de même relativement proches de l’élite du JV indé... Ca fait un peu fête de famille consanguine ce palmarès. Quoiqu’il en soit ces prix ne sont pas réellement audacieux, ce qui me paraît en contradiction avec une partie du discours des orgas.

    Au moins dans les remises de prix AAA on ne récompense pas les remakes en général, ou sinon Ocarina aurait tout raflé plusieurs fois. ;)

    Merci pour la précision à propos du financement de Fez par MS. Je n’avais pas d’infos sur la chronologie. D’ailleurs il faut bien reconnaître que MS a pas mal fait pour le jeu indé, encore une fois tout n’est pas en noir et blanc.

    Sur l’opportunité de représenter Fez, je ne suis pas de ton avis. C’est bon quoi le mec est déjà dans un film alors qu’il a pas sorti son jeu, il veut pas non plus une médaille ?

    D’autant que si je n’ai évidemment pas joué au jeu, ce que j’ai pu m’en voir m’a semblé assez inintéressant. Une esthétique vue mille fois, qui pouvait peut-être séduire en 2008 mais qui aujourd’hui me paraît assez ringarde, une célébration convenue des classiques de la plateforme, et j’ai vraiment du mal à imaginer ce qu’apporte la rotation du décor... Purée si le jeu indé c’est juste pour que des enfants gâtés mal grandis fassent comme Nintendo dans les années 80 en ajoutant un effet par-ci par-là, je préfère encore Final Fantasy XIII. Et puis le discours sur "ce jeu c’est moi", rahlala.

    Après je vais peut-être manger mon chapeau quand le jeu sera sorti.

  • Pierrec Le 14 mars 2012 à 17:37

    et j’ai vraiment du mal à imaginer ce qu’apporte la rotation du décor...

    Pour se faire une idée, il y a ça : http://armorgames.com/play/10899/sk... sorti l’an dernier dont le gameplay ressemble à s’y méprendre à celui annoncé de Fez. On peut évidemment espérer que Fez soit plus long, plus riche, mieux réalisé, mais s’il s’en tient au principe de rotation du décor, je crois que tout est là.
    Moi ce que j’en pense c’est que c’est un super gameplay qui peut être bien bien fun mais ça ne me semble en effet pas être la révolution dans le milieu de l’indé. Pour moi de toute façon, le seul prix qui compte à l’IGF est le Nuovo Award et là, je n’ai jamais été déçu ni par les nominés, ni par les gagnants. Et en l’occurence, j’attends Storyteller avec une grande impatience

  • Martin Lefebvre Le 14 mars 2012 à 18:41

    Storyteller a l’air bonnard, oui.

  • FatMat Le 16 mars 2012 à 12:08

    Un excellent article (comme d’hab !). La pique sur Blueberry Garden me paraît totalement gratuite, une proposition de jeu formidable pour l’émergence, la non-linéarité, l’atmosphère.

  • Martin Lefebvre Le 16 mars 2012 à 14:07

    D’autant plus gratuite que je n’y ai pas joué, mais l’avis général est très mitigé. Disons que j’aurais pu me passer du commentaire un peu méchant sous l’image. :)

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