La criée

Hey Ladies !

Depuis quelques mois les incidents sexistes se multiplient dans l’industrie vidéoludique. Inquiétant ? Peut-être faut-il surtout considérer que ces incidents connaissent une publicité sans précédent, qui annonce une progressive prise de conscience, dont il y a lieu de se satisfaire. Même lorsqu’on est un mâle blanc hétérosexuel. Même lorsqu’on déteste le convenable et le politiquement correct. Il suffit d’être féministe, c’est-à-dire de considérer les femmes comme les égales des hommes. Ce n’est pas si difficile. Hé mesdames, restez jouer avec nous !

Lorsqu’ils se sont fait connaître, en 1986, les Beastie Boys se la jouaient insupportables petits cons, de véritables brats. Ils chantaient les girls, "to do the laundry", "to clean up my room", et se produisaient sur scène avec des pénis gonflables et des danseuses encagées. Tout cela n’était peut-être qu’une plaisanterie de mauvais goût, à prendre au nième degré, mais en tout cas une bonne partie de leur public de l’époque n’a pas dû saisir l’ironie. Après tout, le hip hop ne s’est malheureusement que trop rarement illustré par son féminisme. En 1994, le regretté MCA a en tout cas éprouvé le besoin de remettre les pendules à l’heure, en rappant dans "Sure Shot" :

I want to say a little something that’s long overdue

The disrespect to women has got to be through

To all the mothers and the sisters and the wives and friends

I offer my love and respect to the end

Il arrive que même les petites pestes grandissent. Sans pour autant nécessairement perdre leur facétie : Les Beastie Boys d’Ill Communication sont aussi joyeusement insolents et festifs qu’ils l’étaient à leurs débuts.

Un confortable entre-mecs ?

Il se pourrait bien que pour l’industrie vidéoludique, l’heure de l’aggiornamento soit venue. On pourrait être pessimiste en considérant le nombre d’incidents sexistes plus ou moins graves qui ont émaillé l’actualité récente : après la bande annonce du prochain Hitman et ses nonnes SM, les réactions au projet de la féministe Anita Sarkeesian d’étudier les clichés sexistes du jeu vidéo, l’affaire Joystick / Lara Croft, l’agression sexuelle lors d’une fête organisée par Notch en marge de la PAX, Kotaku rapporte les graves accusations de harcèlement sexuel portées à l’encontre de Brad Wardell, le patron de Stardock (Galactic Civilisations, Elemental…).

Joystick, la classe.

Mais pour tout dire, le fait que ces affaires sortent, et qu’elle suscitent une vive indignation, est sans doute le signe que les choses sont en train de changer. Il ne s’agit pas de tout mélanger ou de condamner en bloc les joueurs et les développeurs : le sexisme et les agressions sexuelles sont présentes dans tous les milieux, et il va de soi que certains actes isolés ne doivent pas jeter le discrédit sur l’industrie tout entière (ou alors Roman Polanski suffirait à condamner tous les cinéphiles). Mais il est salutaire que celle-ci prenne conscience des dérives, sans doute exacerbées par la surreprésentation masculine, qui incite, de manière plus ou moins inconsciente, à perpétuer un confortable entre-mecs.

Sans parler de rape culture, sans stigmatiser un geek imaginaire qui serait incapable de considérer une femme comme autre chose qu’un objet (il faut lire à ce sujet l’excellent papier que Brandon Sheffield consacre sur Gamasutra au "male gaze"), il faut bien reconnaître que la culture vidéoludique, telle qu’elle se construit dans les jeux, sur les blogs et les forums, sent parfois le renfermé, et que le milieu ne brille pas par son ouverture à la féminité. Cette ambiance met les joueuses et les développeuses dans des situations au mieux embarrassantes, quand elles ne sont pas franchement menaçantes. C’est un véritable cercle vicieux, qui revient à exclure les femmes — tout juste bonnes pour le jeu casual ou le girlfriend mode —, avant de se justifier en expliquant qu’elles ne s’intéressent pas au jeu vidéo.

Two Worlds II, l’élégance.

Cette situation dessert aussi une large majorité des joueurs masculins qui aimeraient profiter de leur passion sans avoir à rouler les yeux ou à les fermer pour ne pas voir les amazones en string de mail ou les poupées SM qui peuplent les mondes de polygone, toutes droits sortis de la pauvre imagination de développeurs mal dégrossis.

Nul besoin d’être un chevalier blanc pour embrasser la cause féministe. Très égoïstement, j’échangerais volontiers quelques uns de nos lourdauds contre des développeuses et des joueuses, ne serait-ce que parce j’aime les femmes et que j’apprécie leur compagnie : comme amies, comme amantes, comme collègues, comme créatrices, comme égales… Joueur depuis un quart de siècle, je me suis toujours, à part peut-être durant les premières années de l’adolescence, senti gêné par la surreprésentation masculine. Si j’aime le jeu de rôle et le jeu vidéo, ce n’est sûrement pas parce qu’ils constitueraient un club exclusivement masculin, qui exclurait les femmes.

D’ailleurs, celles-ci ont contribué et contribuent toujours à l’industrie, il suffit de penser à des développeuses comme Roberta Williams (cofondatrice de Sierra On-line), Jane Jensen (Gabriel Knight), Amy Hennig (Uncharted), Kim Swift (Portal), Mary DeMarle (Deus Ex : Human Revolution), Tasha Harris (Costume Quest), ou Christine Love (Analogue), sans compter les milliers de petites mains anonymes, pour constater qu’elles ont leur mot à dire. Et pas seulement en tant que femmes dans un milieu essentiellement masculin, mais en tant que personnes, comme l’expliquait l’an dernier sur Kotaku la journaliste Leigh Alexander.

Brad Wardell, l’Almaviva du Michigan

L’affaire Brad Wardell mérite que l’on s’y attarde, tant son caractère excessif offre à la situation un masque grimaçant, et souligne à quel point rien n’est gagné. Il ne s’agit pas de savoir ici si le patron de Stardock est coupable de harcèlement sexuel, le procès n’a pas encore commencé, et même si les pièces du dossier qui ont été rendues publiques paraissent accablantes, nous n’avons nulle intention de dresser un tribunal. Quoiqu’il en soit, les données accessibles ne peuvent empêcher de susciter le malaise.

Brad Wardell, un patron modèle

Brad Wardell est une figure controversée du jeu PC. Programmeur talentueux, il a fait fortune en créant des skins personnalisées pour Windows, et son studio de développement, Stardock, a connu le succès grâce aux 4x de la série Galactic Civilizations, successeurs austères mais appréciés de Master of Orion (Simtex, PC, 1993). En créant le portail de vente dématérialisé Impulse et en promouvant sa charte des droits des joueurs (la Gamer’s Bill of Rights), il a pu passer un moment pour un mini Gabe Newell, version grassroots. Mais Wardell offre aussi un autre visage, beaucoup moins sympathique.

Comme beaucoup de programmeurs qui ont rencontré un succès qu’ils se sont empressés de n’attribuer qu’à leur seul talent, le patron de Stardock est un libertarien convaincu, en témoigne le blog qu’il tient sous le pseudonyme de Draginol, sur lequel il fustige les gauchistes et ces fainéants d’assistés, et où il soutient la très progressive chaîne d’information Fox News.

Elemental (2010), un fiasco taille patron

Imperturbable grande gueule, il connaît aussi plusieurs fiascos, dont il peine parfois à assumer la responsabilité. En 2009, lors du lancement catastrophique de Demigod, il accuse le développeur Gas Powered Games des multiples problèmes qui rendront le jeu en réseau impraticable (un peu gênant pour un DOTA-like qui perd tout intérêt hors ligne), alors que c’est Stardock qui a décidé au dernier moment de gérer les serveurs. La récente vente d’Impulse à Gamestop, qui voulait mettre un pied dans le dématérialisé sur PC, a aussi fait grincer bien des dents tant le géant de la distribution vidéoludique semble éloigné de l’idéal du Gamer’s Bill Of Rights. Mais son plus bel échec à ce jour date de la sortie d’Elemental : War of Magic en 2010. Promis comme un digne successeur de Master of Magic (l’autre classique de Simtex, sorti en 1995), Elemental collectionne les bugs et les mauvaises critiques (53 % sur Metacritic tout de même). Wardell commencera par nier tout problème, mettra plusieurs jours à faire son mea culpa, et acceptera, bon gré mal gré de rembourser les joueurs mécontents comme il l’avait promis, ou à leur offrir la seconde version du jeu, Fallen Enchantress, toujours en développement deux ans plus tard [1].

Il faut dire que selon Brad Wardell, les derniers jours de gestation d’Elemental ont été particulièrement troublés : la faute à la défection au dernier moment d’Alexandra Miseta, responsable du marketing, qui aurait effacé en quittant l’entreprise des documents cruciaux pour la commercialisation du jeu, ce qui aurait obligé le patron et d’autres employés à se détourner des indispensables finitions pour rattraper le coup. C’est à ce titre que Wardell a porté plainte contre Miseta, afin d’obtenir des dommages et intérêts à hauteur d’un million de dollars. La nouvelle était sortie à la mi-août, sans susciter beaucoup d’intérêt. Mais Kate Cox, de Kotaku, a poursuivi un travail d’investigation (pour lequel les avocats de Miseta l’ont sans aucun doute aidé) pour sortir le gros morceau qui nous intéresse : le litige remonte en fait à une plainte déposée par Miseta, accusant Wardell de harcèlement sexuel. Et le tableau que peignent, dans le dossier intégralement disponible en ligne, les différentes dépositions n’est pas des plus reluisants.

Un extrait de la plainte déposée par Alexandra Miseta

Wardell semble s’être comporté comme un véritable petit tyran, multipliant les remarques à caractère sexuel au sujet de sa subordonnée, tantôt s’introduisant en pyjama dans sa chambre d’hôtel, tantôt lui forwardant un test de pureté bourré de questions intimes, blaguant sur son physique attractif, allant jusqu’à lui caresser les cheveux. Un gros lourd. Mais un gros lourd qui est aussi en position d’autorité. Et qui n’est pas prêt à se remettre en question. Tandis que Miseta lui envoie un mail demandant un peu de respect :

Brad, I wanted to talk to you about some of the events that happened on our media tour on 5/27/2010 to San Francisco, CA. This past week has been an emotional rollercoaster for me and I’ve struggled about some of the things you said and did at dinner on Wednesday, 5/29/2010. Dinner ended up being extremely awkward and I really feel that I need to address what happened. As a professional working for you, I would really appreciate it, if in the future you would please refrain from the following behaviors :

1. Please never touch my hair or any of my body parts ; not even jokingly.

2. Please do not talk about my private life or about my boyfriend/future husband in any terms especially negative terms.

3. Please be careful with your "jokes" which are at many times inappropriate, sexist, vulgar and very embarrassing not only to me, but everyone present.

4. Please keep your negative personal opinions of others (including family members and/or coworkers) not present at the time of your comments, to yourself. I feel, at times, it puts me in a very uncomfortable position.

With the above few behavioral changes, I’m hoping our previously friendly and professional relationship can be reestablished. My goal from day one (June 04, 2007) has been to work for this company 110% and to work together with my peers to build a high quality, successful company. I would like to continue to work with you in the future and keep striving towards that very goal.

Respectfully,

Alexandra Miseta

Ce à quoi notre fier entrepreneur s’empressa de répondre sous le coup de la colère. Nous soulignons :

Hi Alexandra,

Thank you for bringing these up to me as I certainly do not want you to feel uncomfortable at work.

I don’t recall item #1 but will certainly endeavor to be extra careful.

I understand #2. I will be more conscious of this in the future.

#3, however is not acceptable to me. I am an inappropriate, sexist, vulgar, and embarrassing person and I’m not inclined to change my behavior. If this is a problem, you will need to find another job.

#4, Again, I am not willing to adapt my behavior to suit others. IF you find my behavior problematic, I recommend finding another job.

I’m not some manager or coworker of yours. I own the company. It, and your job here, exist to suit my purposes, not vice versa. The company is not an end unto itself, it is a means to an end which is to further the objectives of its shareholders (in this case, me).

While I certainly agree that your rights as a person (certainly in terms of physical contact or interms of comments made towards you regarding your private live) take precedence over my rights as the owner of the business, that is as far as it goes.

I sincerely apologize for offending you while on our trip. I certainly would never intentionally try to upset you or make you uncomfortable and will endeavor to avoid doing so in the future. However, I won’t change my basic personality to suit anyone (i.e. being an inappropriate, sexist, vulgar and embarrassing person).

Kind regards,

Brad

Sans être favorable à une judiciarisation à outrance des rapports humains, dans le cadre d’une relation patron-employé, la désinvolture et l’égoïsme de Wardell ne manquent pas de surprendre. Si l’on peut — avec beaucoup de mansuétude — considérer que Wardell a agi avec plus de maladresse qu’autre chose, sa position d’employeur et son refus de modifier son comportement rendent son attitude bien difficile à défendre. Le libertarien se rêve en patron tout puissant, tout juste s’il accorde qu’on se dispense du droit de cuissage. Troussée par un Beaumarchais, la situation serait cocasse.

En réalité, elle fait d’autant plus froid dans le dos que notre Almaviva du Michigan ne laisse pas beaucoup de choix à son employée. Il ne changera pas, elle n’a qu’à partir. Et inutile qu’elle en réfère à la responsable des ressources humaines pour essayer de trouver un compromis : le poste est occupé par la belle-sœur du sympathique actionnaire unique. Je vous épargnerai les extraits pourtant croustillants des témoignages de la défense qui cherchent à peindre Miseta en "party girl", photos en mini-short et commérages à l’appui (elle aurait, un soir, bu plusieurs verres d’alcool, la salope) : il est visible que Wardell ne voit pas le problème.

Du désir et de son usage

Et c’est peut-être à cause de cet aveuglement que l’affaire n’est pas qu’un fait divers, et que Wardell n’est pas qu’un patron qui dérape, comme il y en a — malheureusement — tant. Qu’elles soient délictuelles ou non (encore une fois la justice tranchera), ses actions nous renvoient, en difforme, certaines tendances de la culture jeu vidéo dans ce qu’elle a de plus immature. Il suffit de le voir se défendre sur Quartertothree, où les forumistes ne le ménagent d’ailleurs pas :

She later emailed me telling me she was mad about the incident - to which I apologized for hurting her feeligs but also insisted that I watch what jokes I tell around the office. (To understand the context, we’re a relaxed software company, lots of Family guy jokes, Simpsons references, Robot Chicken references, etc.). To which I responded, admittedly, very very harshly to.

On retrouve la bonne vieille défense : c’est pour rigoler, on est des geeks, c’est du jeu vidéo, ce n’est pas sérieux… Véritable ligne Maginot, aussi usée qu’inefficace, mais qui ne cesse de ressortir dès qu’un(e) mauvais(e) plaisant(e) a le front de questionner d’un peu trop près le monde merveilleux des grands copains du jeu vidéo.

Saints Row : The Third, vulgaire, sexy, barré, mais pas sexiste

C’est en ce sens qu’il faut se réjouir de voir émerger des voix de plus en plus nombreuses, de lire de plus en plus d’enquêtes qui éclairent les problèmes de sexisme dans l’industrie vidéoludique. Il ne s’agit pas de réclamer l’inquisition, de chasser les fantasmes, ou d’instaurer une police des mœurs. Le sexisme ordinaire est d’une bêtise crasse, mais il se guérit : il convient d’expliquer, de militer plutôt que de jeter l’anathème, au risque de crisper les positions, et de ne toucher que les convaincus [2].

Qu’on se garde bien aussi d’aseptiser le jeu vidéo, qui tire de son incorrection certaines de ses plus jouissives déviances. Pour ne donner qu’un exemple, un jeu comme Saints Row : The Third est sans doute "inappropriate , vulgar, and embarrassing", mais il n’est pas sexiste, quand bien même il nous transforme en maquereau : les hommes en prennent bien plus pour leur grade que les "hoes" (les putains), et les personnages féminins n’ont rien à envier à leurs comparses masculins, quand bien même elles sont doublées par l’actrice X Sasha Grey.

Regardez les Pussy Riot. Elles n’hésitent pas à se montrer "inappropriate , vulgar, and embarrassing". Quoi, ces chattes indignées disent des gros mots, font du bruit avec leurs guitares, exhibent leur sexualité et font de leur mieux pour secouer par leurs provocations la chape de plomb poutinienne. Voilà qui est autrement plus courageux et subversif que les sempiternelles blagues sur les nichons de la voisine… Les femmes aussi savent rigoler, pour peu qu’on ne les prenne pas pour des connes. Le problème n’est pas la vulgarité, c’est le sexisme, sous toutes ses formes.

Il ne s’agit donc pas de condamner les jeux au politiquement correct, ni même de placer une chape de plomb sur les désirs. Regardez encore les films de Quentin Tarantino : on ne peut pas nier que le réalisateur aime filmer les belles femmes, et il ne cache pas son fétichisme pour les pieds de ses actrices. Il ne les transforme pas pour autant en potiches, et sa filmographie est remplie de femmes fortes comme la merveilleuse Jackie Brown.

Après tout, si les joueurs, ou les joueuses d’ailleurs, veulent se faire voyeurs, pourquoi pas. Les mécanismes et les images ludiques constituent de fantastiques machines à désir, on s’en voudrait de les laisser inexploitées. Mais le désir de l’autre, le vrai désir, ne se conçoit pas sans respect : comment désirer ce qu’on méprise, à moins d’en venir à se mépriser soi-même ?

Sur la question des genres et la place des femmes dans le jeu vidéo, je ne peux que vous recommander la lecture du quatrième numéro des Cahiers du jeu vidéo, Girl Power !, dirigé par notre camarade Sachka Duval.

Notes

[1] Fallen Enchantress semble au moins bien plus prometteur que son prédécesseur, d’autant que Stardock a mis au commande Kael, responsable du très populaire mod pour Civilization, Fall From Heaven.

[2] En ce sens, si l’on reconnaît à Mar_Lard le mérite d’avoir mis le projecteur sur l’affaire Joystick, on pourrait discuter du ton de son article sur le site Cafaitgenre.org. Si la colère est parfois saine, l’invective systématique peut être plus clivante qu’autre chose... et risque de ne pas dépasser l’exutoire. Avec un zeste d’humour, le message passe mieux, comme lorsque Mar_Lard contribue à l’écriture d’une chronique de 36-15 Usul consacrée à la virilité.

Il y a 25 Messages de forum pour "Hey Ladies !"
  • Marou Le 10 septembre 2012 à 11:45

    Très bon article, comme les autres de ce blog :-)

    Cependant, pour l’exemple de Brad Wardell, tout révélateur qu’il soit d’un mauvais état d’esprit typique du milieu (surtout avec son excuse "on est geek, c’est pour ça"), ne se limite pas à ce dernier.

    Au final, ce type fait du harcèlement, avec la mention "arrogant, macho et maladroit" qu’on connait du milieu geek. D’autres supérieurs hiérarchiques mal intentionnés font du harcèlement de manière beaucoup plus subtile et sournoise, et ont malheureusement moins de chances de se retrouver devant un tribunal.

    Bien sûr, on ne va pas "comparer" différents profils de harcèlements (ça reviendrait à comparer un meurtre à la pioche d’avec un meurtre à la pelle), le harcèlement, sous quelque forme que ce soit, se doit d’être puni.

  • BlackLabel Le 10 septembre 2012 à 14:01

    Je pense qu’il s’agit souvent d’un sexisme involontaire (même si je peux me tromper) d’un média coincé dans une adolescence ignare et ingrate. C’est la même chose pour la glorification de la violence.

    Le jeu vidéo est majoritairement incapable de réflexion intéressante sur les thèmes qu’il aborde ou sur lui-même, ses codes, et souffre aussi d’une grande superficialité qui lui fait adopter des personnages "classes" avant tout. On peut remarquer que les filles en string du jeu vidéo ne sont pas si éloignées des filles en collant des univers de comics ou manga, avec souvent une psychologie de surface et l’apologie du corps, musculeux pour les hommes, tout en courbes pour les femmes.

    D’après moi le souci vient du fait que les jeux vidéo ont vraiment des difficultés à raconter des histoires. Les comics ont au moins ça pour eux, plus la remise en question provoquée par le Watchmen d’Alan Moore. Dans le jeu vidéo le désir récent de maturité, de parler de viol ou autre sujet délicat me semble plus immature. Alan Moore et d’autres cherchaient à s’affranchir au niveau artistique, là où dans le jeu vidéo j’ai le sentiment d’une quête égotiste de reconnaissance, moins pour le jeu vidéo que pour l’estime de soi des créateurs. "Parlons de viol en QTE, c’est mature ! On devient des artistes à prendre au sérieux !".

    Comme tu le soulignes d’ailleurs il y a toujours une ligne floue car ce n’est pas un vrai combat pour eux, ou pour le média du moins. Ils se réclament de maturité, mais dès l’attaque ils peuvent se réfugier dans les "C’est pour rire, c’est juste du jeu vidéo"

    La prise de conscience est salutaire, mais elle vient de l’extérieur. Du grand public qui ne sait pas toujours de quoi il parle, d’une part des joueurs (et encore pas sûr que ce soit une grande part). Mais pour une industrie gavée à la sous-culture et poussée toujours plus loin dans la violence pour attirer le public (violence qu’on amalgame avec la maturité du propos tenu par le jeu), je pense que le chemin risque d’être vraiment très long. Plus qu’une prise de conscience, c’est un grand ménage que ça prendrait.

  • Martin Lefebvre Le 10 septembre 2012 à 14:34

    Le sexisme n’a pas besoin d’être volontaire pour être violent... mais c’est vrai qu’il semble parfois très inconscient... Du coup de ce point de vue le jeu vidéo peut grandir, pour peu qu’il y ait prise de conscience, ce n’est pas désespéré. C’est toujours assez amusant de constater que ce qu’on appelle aujourd’hui encore un jeu "mature", ne l’est que bien rarement. En général le "mature" ça veut dire fantasme ado, je n’ai rien contre si ce n’est pas totalement débile, mais bon, ça pose un peu le niveau.

    Je ne suis pas d’accord avec toi quand tu dis que les critiques proviennent de l’extérieur : des joueurs, des journalistes spé, des développeurs réagissent contre le sexisme... Toutes les affaires dont il est question ici ont été sorties par des joueurs que je sache, et les réactions d’une partie du public sont très positives.

    Après tu as aussi une frange de joueurs qui vont traiter la scénariste Jennifer Hepler (Bioware) de cancer et l’inondent d’insultes misogynes... Mais je pense que c’est à nous — les joueurs féministes — d’affirmer qu’on n’accepte pas ce genre d’attitudes, et d’essayer de faire évoluer les choses... Sans oublier évidemment qu’on a souvent plus à faire à des ptits minots un rien bêbêtes qu’à la bête immonde.

    Et puis il y a des jeux avec de beaux, d’épais personnages féminins. Ils ne sont pas fréquents, mais ils existent : les Blackwell, The Walking Dead, Deadly Premonition, hey même FF XIII ou Uncharted (je trouve que Drake est beaucoup plus sexualisé, beaucoup plus objet de fascination qu’Elena, plus cérébrale)... sans compter tous ceux où le sexe n’importe peu...

  • BlackLabel Le 10 septembre 2012 à 19:19

    Martin Lefebvre :"Le sexisme n’a pas besoin d’être volontaire pour être violent... "

    Je suis bien d’accord. Je pense d’ailleurs que s’il était volontaire, il y aurait plus de réactions négatives et il en sortirait du bon. Mais là le souci n’est pas moral, il est dans l’absence d’intelligence.

    L’affaire Joystick est d’ailleurs assez révélatrice du niveau de sottise dans lequel on baigne ; un article qui trouve ça cool le viol d’une "icône", parlant de "briser un tabou". Sauf que ça ne brise rien du tout, c’est juste révoltant tellement c’est idiot de proposer un viol à éviter par des QTE, d’autant plus pour un personnage bidon comme Lara Croft dans un scénario qui sera probablement sans ampleur.

    Quand je parle de critiques extérieures, je voulais dire extérieures à l’industrie, aux créateurs de jeux. Après oui les affaires sont sorties par des joueurs, mais le gros des joueurs y voient-ils un problème et même s’y intéressent-ils ?

  • Martin Lefebvre Le 10 septembre 2012 à 21:07

    Je ne pense pas que les créateurs de jeu soient insensibles aux critiques... Suffit de voir comment les gars d’IO Interactive et de Crystal Dynamics sont entrés en mode damage control dès que la polémique a enflé... Je pense pas qu’ils apprécient que des sites reconnus les critiquent, notamment parce que c’est mauvais pour le prestige. Ca la fout mal de se faire traiter de gamin par Brandon Sheffield sur Gamasutra quoi.

    Ou pour prendre le cas de la violence, tu as des personnalités comme Warren Spector qui se sont exprimées...

    Et je pense qu’un mec comme Wardell, outre les dommages et les amendes qu’il va se manger, n’a pas fini de sentir passer cette histoire... Il va sans doute perdre des clients, et pas qu’un peu.

    Après des beaufs il y en a partout dans la culture pop, suffit de lire les réactions sur Youtube ou sur les sites des quotidiens... Et il y aura forcément des gens tentés de servir la soupe aux beaufs. Après je pense quà assez brève échéance le JV peut au moins rattraper une partie de son déficit par rapport à d’autres formes où les deux sexes sont plus équitablement représentés.

  • Martin Lefebvre Le 10 septembre 2012 à 21:07

    Je ne pense pas que les créateurs de jeu soient insensibles aux critiques... Suffit de voir comment les gars d’IO Interactive et de Crystal Dynamics sont entrés en mode damage control dès que la polémique a enflé... Je pense pas qu’ils apprécient que des sites reconnus les critiquent, notamment parce que c’est mauvais pour le prestige. Ca la fout mal de se faire traiter de gamin par Brandon Sheffield sur Gamasutra quoi.

    Ou pour prendre le cas de la violence, tu as des personnalités comme Warren Spector qui se sont exprimées...

    Et je pense qu’un mec comme Wardell, outre les dommages et les amendes qu’il va se manger, n’a pas fini de sentir passer cette histoire... Il va sans doute perdre des clients, et pas qu’un peu.

    Après des beaufs il y en a partout dans la culture pop, suffit de lire les réactions sur Youtube ou sur les sites des quotidiens... Et il y aura forcément des gens tentés de servir la soupe aux beaufs. Après je pense quà assez brève échéance le JV peut au moins rattraper une partie de son déficit par rapport à d’autres formes où les deux sexes sont plus équitablement représentés.

  • Matto Le 10 septembre 2012 à 21:48

    Excellent article.
    Pour ma part, je pense que le sexisme à l’œuvre dans les jeux vidéos ou n’importe quel autre domaine culturel ne reflète que trop le sexisme ordinaire de nos sociétés.
    Ce n’est pas une fatalité, soyons féministes.

  • Jiemji Le 10 septembre 2012 à 22:34

    Article fort intéressant mais s’il n’est pas sexiste, il est elitiste : pourriez-vous traduire les passages en anglais ?

  • Martin Lefebvre Le 10 septembre 2012 à 22:43

    Disons qu’il est un peu flemmiste. :)

  • roger Le 11 septembre 2012 à 10:19

    Quand j’y pense, en plus de l’article dont on a largement parlé la couverture de Joystick confond carrément relation sexuelle et viol : "Lara a vu le loup"... Sans déconner, rien que cette expression, qui place sans même y réfléchir l’homme dans une situation de prédateur, est répugnante tant elle implique déjà une violence qui serait inhérente à toute relation sexuelle (notamment la première). La bêtise de l’article déborde largement sur la couverture, ce qui confirme qu’il ne s’agit pas d’un dérapage isolé mais d’une connerie partagée par plusieurs.
    De toute façon le sexisme c’est comme le racisme, on voit ici et là quelques symptômes qui déjà nous affolent (mais qui rassurent en même temps un peu tout le monde en désignant "le mal" de façon circonscrite) mais si on creuse un peu chez plein de gens il y a de quoi être découragé par l’ampleur de la tâche.

  • Martin Lefebvre Le 11 septembre 2012 à 11:30

    A noter que le rédac’ chef de Joystick a changé entre temps, et que je ne pense pas qu’il faille associer toute l’équipe à ce dérapage.

  • roger Le 11 septembre 2012 à 11:40

    Je n’ai jamais généralisé à toute la rédaction, je dis juste que c’est pas concevable que la couverture + l’article aient pu passer sans être vus par quelques autres personnes de l’équipe en plus du rédacteur du dossier.
    Allez, UNE autre (plusieurs ça commence à deux). Tu vois je suis très, très prudent :D.

  • Martin Le 11 septembre 2012 à 15:20

    Plus globalement je regrette qu’un "art jeune" comme le jeux vidéo ne soit pas à la pointe de la contestation social comme a pu l’être le cinéma.

    J’aimerais tellement qu’on ai notre "Un après-midi de chien" ou "Dans la chaleur de la nuit" ,enfin des jeux qui bousculeraient vraiment les choses et qui seraient largement diffusées...

    Racisme, féminisme, sexualité etc... autant de thème que le jeux vidéo mainstream ne traite pas et c’est bien dommage.

  • roger Le 11 septembre 2012 à 15:37

    GTA c’est très mainstream, et c’est un jeu dont l’idéologie est foncièrement progressiste. Il faut juste pouvoir / vouloir le voir au delà du decorum racaillesque.

  • BlackLabel Le 11 septembre 2012 à 15:47

    Martin :"Plus globalement je regrette qu’un "art jeune" comme le jeux vidéo ne soit pas à la pointe de la contestation social comme a pu l’être le cinéma."

    De mon avis il n’est plus si jeune que ça d’ailleurs. De plus jusqu’à la PS2 les hardwares étaient encore fortement limités, mais aujourd’hui tous les jeux sont globalement beaux et permettent aux personnages d’exprimer par le visage et le corps des émotions équivalentes au cinéma, ou du moins aux dessins animés.

    Il n’a pas non plus besoin de s’affranchir par rapport à la société, car les autres médias ont eu à mener ce combat avant lui. Il a selon moi surtout besoin de s’affranchir de lui-même, ou du moins de s’affranchir de sa beaufitude et sa logique de blockbuster, ce qui n’est pas gagné je pense, même si ici et là on peut voir des jeux plus intelligents dans l’idée, comme Walking Dead ou Sleeping Dogs dernièrement (ou même Mass Effect dans une certaine mesure).

    Enfin là je parle surtout du jeu vidéo de salon, vu que je n’y connais rien en jeux PC ou indépendants.

    Martin Lefebvre :"Je ne pense pas que les créateurs de jeu soient insensibles aux critiques... "

    Le souci c’est de savoir si cela peut avoir ou non un impact pour la suite. Généralement les développeurs ne sont pas insensibles aux critiques, ils sont même très susceptibles si on pense à David Cage ou encore l’auteur de Gears of War qui nous a fait une crise de nerfs car son épisode 3 n’avait pas obtenu une meilleure note que le 2.

    Mais dans l’idée la critique, ils s’en servent pour arrondir les angles afin de toucher toujours un plus grand public, comme Dead Space qui se transforme peu à peu en un Army of Two horrifique. Ils pourraient très bien prendre en compte les critiques sur le sexisme d’un point de vue commercial, et non éthique ou artistique. Ce ne serait déjà pas si mal, par contre.

  • Martin Le 11 septembre 2012 à 16:32

    @Roger effectivement certain jeux font exception, mais j’ai l’impression que l’on est encore très loin du cinéma en matière de rapport "jeux qui pensent"/ jeux sortie.

    @Blacklabel oui jeune quand on compare aux autre arts environs 45 ans c’est jeune et je ne crois pas non plus que cela dépende du nombre de polygone affichable. Pour ce qui est du fait que les autres média aient mené un combat avant lui, la littérature a mené des combats avant le cinéma ce qui n’a pas empêché le cinéma de porter les combats des année 60-70.

    Pour en revenir au sujet le fait que le jeux vidéo ai du mal à se positionner sur le champ des idées comme par exemple sur le féminisme est un mal que je regrette.

  • Tom Le 12 septembre 2012 à 02:06

    A vrai dire, en découvrant la couverture de Joystick dans cet article, j’ai cru à un truquage. Elle est digne d’un fanzine pondu par des pré-ados...

    Je suis absolument d’accord sur le fait que cette industrie doit s’ouvrir aux femmes, surtout aux joueuses, sans les cantonner au jeux casual comme on les cantonnerait à la cuisine.
    On pourra alors espérer que les studios révisent certaines conventions sexistes de leurs jeux, afin de répondre aux attentes d’un public véritablement mixte.

    Tout en faisant attention à ne pas tomber dans un féminisme caricatural à tendance émasculatrice...

    Petite précision hors-sujet : Vous faites référence au "droit de cuissage" dans l’article. Précisons tout de même que ce prétendu droit médiéval,supposé permettre au seigneur de détrousser la femme de son serf pendant la nuit des noces, n’est qu’un mythe.

    Dans cet article, vous luttez contre un certain type d’imaginaire sexiste, je me permets donc de dissiper un des nombreux clichés fantasmatiques sur le Moyen-Age qui sont encore tenaces aujourd’hui.

  • Martin Lefebvre Le 12 septembre 2012 à 06:18

    Je fais référence au droit de cuissage pour lancer la comparaison Bradwell / Almaviva (le personnage du Mariage de Figaro), comparaison d’ailleurs imparfaite puisque justement Bradwell est un self-made man qui ne s’est pas "contenté de naître" pour exercer sa tyrannie. :)

    J’espère que les seigneurs médiévaux me pardonneront ces petites imprécisions, et.qu’ils ne se sentiront pas discriminés.

  • Laurent J Le 12 septembre 2012 à 09:07

    Il faut quand même accorder à Kévin Bitterlin, l’auteur de l’article de la honte, une certaine élégance puisqu’il a reconnu depuis que son article n’avait pas été compris parce qu’il n’était pas bon (je paraphrase). Faute avouée tout ça...
    Ce qui est plus gênant, comme on l’a déjà dit, c’est qu’un tel truc ait pu être validé et même mis en valeur par un rédacteur en chef. Mais bon, on va dire que ça s’inscrit dans une certaine tradition française (pas besoin de citer les noms, les lecteurs compléteront d’eux-mêmes :o)

  • Westeetee Le 13 septembre 2012 à 22:56

    Le sexisme et l’ultra-violence dans le jeu vidéo provienne de la même chose : le jeu vidéo moyen s’adresse quand même au mâle de 14 ans plus crétin que la moyenne... alors pour arriver à la contestation sociale y’a un large chemin à faire qui ne sera vraisemblablement jamais fait, parce que si on regarde le cinéma hollywoodien on est passé de "Un après midi de chien" à "Sucker Punch" sans que ça choque personne apparemment...

    Rajoutons à ce tableau du jeu vidéo ses racines japonaises promettant une bonne dose de rapport au sexe et aux femmes gratiné, et on voit l’ampleur des dégâts.

    Je me rappelle la sortie de Bayonetta, ça ne choquait personne sur ce beau forum (peuplés d’abrutis) commençant par Game et finissant par kult j’étais le seul à trouver l’aspect visuel du jeu consternant...

    Ne parlons même pas de Soul Calibur ou des Dead Or Alive

  • Martin Lefebvre Le 14 septembre 2012 à 07:43

    Westeetee tu n’es sans doute pas sexiste mais tu me parais assez doué pour les amalgames.

    Je ne suis pas spécialement fan de Bayonetta, mais il me semble que beaucoup de joueuses ont trouvé le personnage intéressant... Par exemple Leigh Alexander, dans le papier qu’elle avait écrit à la sortie du jeu de Platinum : "I already know that women can do all the same things men can. This time, I get to see a woman do plenty of things men can’t. And I love it."

  • Westeetee Le 14 septembre 2012 à 13:37

    A "jeu vidéo moyen" je peux rajouter AAA si tu préfères... je précise que je suis fan de jeux vidéos aussi hein, pour évituer les ambiguités que pourrait apporter mon positionnement.... tout en étant quasi systématiquement consterné par la pauvreté artistique, émotionelle, et/ou intellectuelle des jeux vidéos, particulièrement ceux des grands studios, même si il y aurait aussi beaucoup à dire sur l’espèce d’archéologisme 8/16 bit dans lequel se complaise les jeux vidéos...
    Le fait est que le jeu vidéo n’a jamais atteint le niveau de maturité et de richesse thématique atteint par le cinéma et que l’avenir ne semble que peu brillant...

    Et je pense sincèrement que cette question de l’ultraviolence et celle du sexisme sont liées....

    Quant aux joueuses ayant apprécié Bayonetta, je doute que ça prouve quelque chose sur le sexisme du design du personnagé quand on voit le nombre de lectrices de Elle et de Cosmopolitan...

  • BlackLabel Le 14 septembre 2012 à 13:58

    Martin Lefebvre :"Je ne suis pas spécialement fan de Bayonetta, mais il me semble que beaucoup de joueuses ont trouvé le personnage intéressant..."

    Tu as l’air de sous-entendre que l’avis des joueuses a autorité en la matière, mais là, la citation tient plus d’un "girl power" primaire. Que des joueuses trouvent ça amusant de voir des filles sexualisées à outrance, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas un problème, on pourrait même en conclure que c’est un problème si banalisé que même les femmes n’y réagissent pas.

  • Martin Lefebvre Le 14 septembre 2012 à 19:51

    Quand je parle de joueuses, je pense à des joueuses féministes... Peut-être que Sachka interviendra, je pense qu’elle aime pas mal Bayo.

    Leigh Alexander est parfois énervante, mais ce n’est pas une potiche et elle a pas mal écrit sur les questions féministes... Comme elle le dit dans le papier linké, une fille n’a pas non plus besoin d’être habillée dans un pull informe pour être intéressante. Ce n’est pas parce que certains jeux ne se servent des femmes que comme faire-valoir sexuels qu’il faut interdire aux héroïnes vidéoludiques d’être sexy.

    On demande le respect, pas des bonnes soeurs (surtout pas celle du trailer de Hitman).

  • Sachka Le 17 septembre 2012 à 12:07

    Wep je fais partie des féministes qui aiment Bayonetta :)
    L’originalité de ce personnage c’est que sa sexualisation n’est pas passive puisque c’est précisément son arme de sorcière. Elle n’est pas sexy pour faire joli, hors de tout contexte, au contraire : elle se sert de sa puissance sexuelle pour combattre les hordes d’angelots du paradis.
    Les sorcières étaient autrefois condamnées par l’Eglise pour leur sexualité, parce qu’elles auraient couché avec le diable... Voir une sorcière libre de jouir de son corps combattre des figures chrétiennes de plâtre... je ne vois pas pourquoi ça déplairait aux féministes :)
    C’était d’ailleurs le sujet d’un article entier dans les Cahiers du Jeu Vidéo n°4.

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