Papillotes 2011

Driver : San Francisco

9- Driver : résurrection "Christine"

Tanner
Soudain, il aperçut la pervenche au bout de la rue.

Avec sa honteuse histoire de coma magique, on a cru voir Driver sortir de la route et s’écraser dans le ravin. Attendu par personne, considéré avant sa sortie comme le gros nanar de l’année, le jeu d’Ubisoft Reflections s’est bien foutu de notre gueule. Déjà parce qu’il assure sur tous les plans, délivrant au joueur circonspect un jeu de course scénarisé mais divertissant, avec une bande-son en or et un licensing de voitures étonnant (même une DeLorean, la voiture de Back to the Future).

De fait, la star du jeu n’est pas San Francisco — jolie ville à la fois américaine et européenne — mais la franchise en elle-même. Oscillant constamment entre course et aventure, entre Burnout et GTA, Driver était comme une voiture hors-catégorie, trop chère pour le père de famille et trop inélégante pour le collectionneur exigeant. Arrive alors Roger [1] qui en deux trois coups de manivelle transforme la citrouille en carrosse.

En jouant à fond la carte du what-the-fuck tout ubisoftien (cette année encore : Child of Eden !), ce Driver laisse sur place la concurrence qui s’échine à augmenter la puissance — comprendre, la cinématographie et les explosions — sans vouloir réellement changer les règles du jeu. Need for Speed : The Run, Split/Second ou Blur sont passés par la case tuning sans trouver le juste réglage. Driver, lui, propose une nouveauté, le Shift : le joueur peut à sa guise passer de voiture en voiture, pour accomplir des missions de plus en plus délirantes ou simplement pour le plaisir. Il y tant d’originalité dans la proposition que le gameplay laisse le joueur à la traîne ; il lui faudra une poignée d’heures pour comprendre qu’il peut faire comme il veut : amener son véhicule en première position comme balancer des camions-citernes sur le pare-brise de ses concurrents.

À partir de ce moment là, on s’amuse et c’est déjà pas mal. Le jeu est un peu court, un peu abrupt comme si Ubisoft avait préféré faire un test le réservoir vide. On espère retrouver d’une manière ou d’une autre, chez l’éditeur français ou ailleurs, ces idées presque avant-gardistes face à un genre bloqué depuis des années sur les mêmes routes et les mêmes virages, jusqu’au la panne d’essence finale.

La presse papier c’est fini...

Notes

[1] Les prénoms ont été modifiés.

Il y a 1 Message pour "9- Driver : résurrection "Christine""
  • Nocolkte Le 10 décembre 2011 à 13:18

    Blur ? Tunning ? Moui, vite fait quand même... On personnalise aucune voiture dans blur. Blur, c’est juste du mario kart à la sauce need for speed. C’est juste jouissif comme gameplay et bien plus fun que mario kart, plus mature... Je suis pas sur qu’on puisse le comparer à driver. Certes c’est un jeu de courses, mais y’a aucune scénarisation, c’est du multi pur.

    Et il me semblait aussi que dans need for speed The run, il n’y a pas non plus de tunning, ni dans split second d’ailleurs mais j’en suis moins sur... Peut être aurait-il fallu expliciter un peu mieux ce terme dans ton article, car pour moi, des voitures tunning, c’est du graphisme, et ça n’a pas vraiment sa place dans un paragraphe sur le gameplay... Sauf si vraiment le tunning apporte quelque chose comme dans Need for speed most wanted.

    Comparer NFS the run et driver (voir split second) est plus pertinent que le comparer à blur, qui n’a pas les mêmes prétentions. Driver et NFS the run ont tous les deux pris le partit de scénariser leur jeu, de deux façons différentes.

    Je suis pas trop d’accord avec cette phrase : "Driver laisse sur place la concurrence qui s’échine à augmenter la puissance — comprendre, la cinématographie et les explosions — sans vouloir réellement changer les règles du jeu.". Moi ça m’énerve les gens, comme les studios, qui cherchent à tous prix à vouloir jouer/créer (à) des jeux originaux... Blur ne le fait pas. C’est pas original, mais c’est fun, et c’est ce que je demande. Je préfère jouer à un jeu fun, sans bugs, qu’à un jeu "original" qui n’arrivera peut être pas à vraiment mettre en avant les éléments de gameplay originaux ou juste bien les faire. C’est difficile de faire un jeu original...

    Et puis bon, Driver n’assure pas non plus sur tous les plans... Quelques bugs de doublage, des missions un peu trop redondantes, des graphismes sympa sans plus... Bref, c’est un bon jeu, mais je pense qu’il aurait mérité seulement une version multi, car c’est dans ce domaine qu’il devient vraiment fun, et c’est dommage de ne pas en parler dans cet article... Blur par exemple (oui j’aime ce jeu), n’a pas la prétention de faire un solo. Il assume son côté jeu de courses en multi. Et on en demande pas plus. Peut être que si le studio créateur de driver se serait penché plus sur le multi, le shift aurait peut être pu être amélioré. C’est un super élément de gameplay, mais je sais pas, j’ai l’impression qu’il est pas assez poussé...

    Bref, un bon article quand même ;) comme d’hab.

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